MOUVEMENT DE LA POPULATION ET ANCIENNES CONCESSIONS SEIGNEURIALES
D’après la statistique municipale de 189Y, la valeur de la propriété foncière de ce comté est estimée à $3,643,000.
Les principaux centres de population dans ce comté sont
les suivants :
Paroisses Population.
Bic, Ste-Cécile . 1,962
N.-D. du Sacré-Cœur . 555
St-Anaclet de Lessard . 1,099
Ste-Angèle de Mérici . 1,340
Ste-Anue de la Pointe au Père . 300
Ste-Blandine . 775
St-Donat . . 760
St-Fabien de ]a Baie Ha ! Ha ! . 1,850
St-Grabriel . 735
St-Grennaiu de Eimouski . 1,164
St-Joseph de Lepage . 3>^1
Ste-Luee de Lessard . 1,218
St-Matbieu de Eioux . 915
St-Simon de la Baie Ha! Ha! . 805
St-Valérif>n . ^45
St-Grerraaiu de Rimonski, ville . 1,460
Bon nombre de ces paroisses forment partie d’anciennes seigneuries dont les concessions remontent à la domination française dans ce pays.
Ainsi la seigneurie du Bic — dans laquelle nous trouvons la paroisse de Ste-Cécile — fut concédée en 1675, par le comte d Fl ontenac, à Charles Denis Vitré. Elle passa en 1822 aux mains de M. Azariah Prit(ihard qui la 'rans! orta à M. Archibald Campbell. Depuis 1852 elle e t la propriété de M. "VV. D. Campbell, notaire, de Québec.
La seigneurie de Eimouski — qui renferme dans ses limites la jolie ville de St-Grermaiu de Eimouski — fut octroyée le 24 avril 1688 par le marquis de Denonville au sieur de la Cardonuière, avec l’île de St-Bamabé, battures, îles, îlets, etc. Elle passa plus tard aux dames Drapeau et en dernier lieu à la famille Tessier, dont M Auguste Tessier, député actuel du comté de Eimouski, est l’un des représentants
La ville de Eimouski, sise sur le bord du lleuve, est un grand centre d’activité commerciale et industrielle. Un syndicat américain y fait fonctionner de grandes scieries qui donnent de l’emploi à plusieurs centaines de personnes.
Elle est en outre le siège d’un évêché, d’un grand collège classique qui a fourni plusieurs hommes éminents à notre pays, d’un couvent, etc.
C’est aussi le centre judiciaire du district <le Eimouski, et possédé palais de justice et bureau d’enregistrement
L’agence des terres de la Couronne, tenue par M. Auguste Lavoie, est installée dans l’un des bureaux du palais de justice
SAINT-GERMAIN DE RIMOUSKL— (Rue des Avocats.)
Ou y compte encore trôis grands hôtels, bien tenus et fort achalandés pendant la belle saison.
La seigneurie Lessard ou Lamolaie est une autre concession faite sous la domination fiançaise. C’est en 1696 qu’elle fut octroyée aux nommés Pierre Lessard et Barbe Fortin.
M. Andrew Stuart l’acheta plus tard pour la revendre aux dames Drapeau. Elle est maintenant la propriété de la succession Tessier, pour les quatre-cinquièmes, l’autre cinquième appartenant à madame veuve Edouard Lemoine, de Québec.
La paroisse de St-Anaclet est enclavée dans cette seigneurie.
Les paroisses de Ste-Luce, St-Dominique, Ste-Angèle, St-Joseph, Ste-Elavie, relèvent de la seigneurie Lepage et Thi vierge, qui fut concédée en 1696 à Louis Lepage et à G-. Thivierge. Elle passa plus tard aux dames Drapeau et à la succession de Thon. J. U. Tessier.
La paroisse de Ste-Angèle de Mérici date de 1860. Elle fut fondée par des colons venus de Ste-Flavie. Le vmcable de Ste» Angèle lui vient des dames Drapeau, seigneuresses de Rimouski, qui firent des dons considérables à la nouvelle églisegC^insi qu’à celles de Ste-Luce et de Ste-Flavie.
Le premier curé de Ste-Angèle fut monsieur l’abbé M.-D. Morissette qui avait eu en outre les missions de la Vallée de la Matapédia.
La seigneurie Pachot fut concédée en 1685 au sieur Pachot. Cette seigneurie se trouve placée entre Métis et Lepage et est bornée eu front par le fleuve St-Laurent. Elle mesure une lieue en longueur et en largeur. La famille Tessier qui en était propriétaire l’a vendue à Lord Mount Stephens avec la rivière Métis.
Il y a enfin la seigneurie de Nicolas Rioux qui est actuellement la propriété des héritiers Lemoine, d’Estimauville, Clément. La famille Tessier en possède un cinquième.
Trois grandes paroisses, St-Simon, St-Mathieu et St- Fabien, se sont formées dans cette seigneurie.
Cette seigneurie fut concédée dans le principe, en 1766 par le marquis de la Jonquière au sieur Nicolas Rioux.
La paroisse St-Fabien fut érigée civilement en 1H35 et possède une église depuis 1851. Son premier curé fut M. l’abbé Augustin Ladrière. Cette paroisse a fait des progrès marquants en ces dernières années. Elle comptait en 1898, 1850 âmes, et possédait une fromagerie, une beurrerie, huit magasins, trois moulins à scie et à bardeaux, une grande fabrique de meubles, portes et fenêtres, etc.
Tous les villages compris dans les seigneuries accusent, comme on a pu le voir, une population assez considérable. Celle-ci se compose, en grande partie, de cultivateurs qui ont acquis une certaine aisauce, sur leurs terres productives. Mais les familles sont nombreuses, et comme toutes les terres sont à peu près prises dans les seigneuries les fils de cultivateurs vont tenter fortune depuis quelques années dans les cantons environnants. D’autres sont allés fonder des établissements dans la vallée de la Matapédia et dans le comté de Bonaventure-
L’HERBE A BARNECHE
Il n’est peut-être pas hors de propos de parler ici d’une nouvelle industrie qui a surgi en ces derniers temps et sur laquelle l’on a éveillé la curiosité de l’opinion publique.
Cette nouvelle industrie consiste dans l’exploitation d’une herbe marine, vulgairement appelée “ herbe à barnèche ” et que la mer apporte sur le rivage.
Cette herbe est désignée dans le monde scientifique sous le nom de “Zostère.” C’est une plante marine rubaniforme, très abondante à proximité de certains rivages de notre pays. Elle est utilisée pour différents objets. Séchée et lav^ée à l’eau douce, elle sert à l’emballage ou au bourrage des meubles, des harnais, à la confection des digues, des abboiteaux, etc.
Cette herbe se rencontre en grande quantité sur les rivages de Rimouski. On la recueille aussi à l’Ile Verte, aux Trois-Pistoles et à Cacouua.
Ce n’est, toutefois, qu’en ces derniers temps que les habitants de Eimouski et de Trois-Pistoles ont compris l’importance de cette exploitation, et qu’ils ont apprécié la valeur de ce produit qui est, par lît-il, en grande demande sur le marché américain
Plusieurs personnes sont d’opinion que l’exploitation de ce produit de la mer, bien menée, pourrait procurer une nouvelle source de béiiéhces à la population des campagnes qui se trouve dans le voisinage du fleuve St-Laurent.
Ce qui est certain, c’est que l’on se propose d’en faire l’essai avant peu.