LES CANTONS DE LA GASPESIE
La Gaspésie compte actuellement vingt-sept cantons arpentés et divisés en lots ferme, plus les nombreuses îles des rivières York, St-Jean et Darmouth. Les cantons sont : Romieu Chlorydorme
Cap Chat De Beaujeu
Tourelle Douglass
Christie Douglastown
Duchesnay Fox
Taschereau Gralt
Dénoue Baie de G-aspé, nord
Blanchet Baie de Gaspé, stid
Cap-Rosier Laforce
Fo tin Larocque
Malbaie Sydenham
Percé York
Rameau Newport
Seigneurie de Pabos.
L'étendue de terres disponibles de ces divers cantons est de 490,000 acres.
Six de ces cantons n'offrent aucune ressource àlacolonisatilon. Ce sont les cantons G-alt, Laforce, Larocque, Blauchet de Beaujeu et Fortin. Ils n'ont pour la plupart do valeur que comme région minière.
Le sol du canton Rameau est lui-même, pour une bonne partie, de qualité inférieure et ne pourrait guère offrir d'arenir aux colons.
Les agences des terres y sont au nombre de trois. L'une installée à Cap Chat comprend toute la partie du comté de Graspé incluse entre la limite ouest du comté et la ligne de division entre la seigneurie de la G-rande Vallée des Monts et le canton Chlorydorme, M. Delphis Roy en est le titulaire.
Le siège de l'agence de G-aspé-Centre, est au bassin de G-aspé, où l'on peut se rendre par bateau à vapeur, en partant de Québec ou encore par le chemin de fer Intercolonial jusqu'à Dalhousie et de là par le steamer jusqu'à la résidence de l'agent. M. John Carter est l'agent de cette division.
Il y a enfin une troisième agence à Percé qui comprend tout le territoire situé entre les cantons de Malbaie et de Fortin, avec le canton de Newport. C'est M. J. A. Lespélauce qui exerce ici les fonctions d'agent.
Pour communiquer avec cette agence, on prend le bateau à vapeur à Québec qui nous mène en droite ligue à Percé. On peut aussi s'y rendre par le chemin Intercolonial qui se rend jusqu'à Dalhousie et là prendre le bateau qui fait escale à Percé.
Il ne nous reste plus maintenant qu'à faire défiler la série des villages qui bordent les côtes nord et sud de la Gaspésie, qu'à étudier la condition actuelle de chacun de ces centres de population, le mouvement progressif des cantons, la qualité de leur sol et leurs perspectives d'avenir pour les colons qui viendront peupler un jour ou l'autre les espaces immenses qui restent encore à coloniser.
Pour éviter toute confusion, nous suivrons autant que possible, le même itinéraire que celui des steamers qui,
partant de Québec, longent d'abord la côte nord de la Gaspésie, entrent ensuite dans la baie de G-aspé, et poursuivent leur route dans la baie des Chaleurs jusqu'à Newport.
Notre première halte sera à Cap-Chat.
Saint-Norbert — {Canton de Cap Chat). — A trois lieues seulement de Sainte-Anne des Monts, et à trente lieues de Matane. On s'y rend facilement en voiture sur une belle route carrossable.
La colonisation a débuté daas cette paroisse, il y a environ cinquante ans.
Les braves g.ms de Cap Chat, comme tous ceux qui sont échelonnés le long du golfe, ont un faible pour la pêche. Du bateau qui longe ce village sans y abonder, l'on aperçoit toute une petite flottille mouillée dans les anses, et qui appartient aux pêcheurs de la morue et du homard.
Depuis quelques années cependant, la pêche n'ayant pas donné tout ce qu'elle promettait, on s'est livré plus qu'autrefois à l'agriculture. C'est une amélioration dont nous sommes bien aise.
La population de Saint-Norbert est actuellement de 1,200 âmes.
Quant à la propriété foncière, on l'estimait en 1897 à $120,000.
Le 1er rang du canton de Ccp-Chat, ainsi que le deuxième et le troisième ran^s sont en grande partie établis.
Le terrain qui borde le fleuve à Cap Chat est d'un caractère montagneux. Les collines courent en succession régulière vers l'intérieur.
Sur le Cap il y a une colline conique de 366 pieds de hauteur, et à environ trois milles plus bas, la rivière entre dans le Saint-Laurent, par le fond d'une baie de peu de profondeur.
Un explorateur estime que toute l'aire dont la rivière de Chatte reçoit les eaux n'excède pas trois cent milles carrés.
eu
Près de la moitié de cet espace se trouve au sud de quelques montagnes ou entre elles.
Le sol est léger sur les bords de la rivière du Chat, audessus de son embouchure, se composant de sable et de gravier. Les parties basses, telles que les plaines le long des ruisseaux, peuvent fournir cependant d'assez bon foin.
Les principaux bois du canton Cap-Chat sont l'épinette qui atteint une bonne hauteur, le sapin, le cèdre et le bouleau blanc.
La rivière Sainte- Anne, qui sillonne une bonne partie de ce canton, offre un bon havre.
La partie du rang ouest de la rivière Sainte- Anne est d'un terrain raboteux, très accidenté, parfois même montagneux. Là cependant où ne se présentent pas trop d'aspérités, le sol est de bien bonne qualité. Ces lots sont richement boisés en cèdre, épinette, merisier et bouleau blanc.
Les mêmes remarques s'appliquent au rang Y.
Le 10e rang est moins accidenté. Le sol y est de qualité supérieure et très propre à la culture. On y rencontre du beau bois mêlé dont les espèces dominantes sont le bouleau blanc, l'épinette, le cèdre et le merisier.
Les rangs lie et 12e sor-t plus accidentés. Le sol y est cependant de bonne qualité sur le sommet et dans le fond des ravins. On y rencontre le cèdre, l'épinette, le merisier et le bouleau. Ces bois sont de larges dimensions.
Le bras sud de la petite rivière Cap-Chat, forme dans le rang 12, une vallée d'une largeur de dix à quinze arpents bien boisée en gros cèdre, épinette et peuplier.
La partie du rang ouest rivière Sainte- Anne, traversée par la rivière Côté, est abrupte et tout à fait impropre à la culture. Il y a une quarantaine d'années, la maison Price a fait une exploitation considérable de bois sur cette rivière.
Dans toute l'étendue des rangs A et B, le terrain est généralement plan, de très bonne qualité et boisé en merisier, bouleau et érable, sapin, épinette et cèdre. Il y a une
route qui part du fleuve dans le fief Sainte-Anne et qui se rend jusqu'au rang A.
Le terrain des rangs C, D, E et F, est ondulé mais en général d'excellente qualité et propre à la culture.
Dans le rang G-, il y a un bon pouvoir d'eau capable de faire fonctionner en tout temps de l'année, un moulin à farine et un moulin à scier le bois.
Sainte-Anne des Monts. — {Canton Tourelle.) — Cette paroisse est située sur la rive sud du Saint-Laurent, à environ 210 milics de-Québec.
C'est le premier poste du comté de Graspé, en descendant vers le golfe.
L'un des beaux bateaux de la compagnie des steamers de Québec, le " Campana ", fait une halte à ce poste pour y prendre les produits que l'on expédie sur les marchés de Québec et de Montréal et qui consistent surtout en poissons de toute espèce.
L'église, surmontée de deux jolis clochers, est coquettement assise près de la mer.
Cette paroisse est florissante. Si elle compte encore beaucoup de gens qui ne connaissent d'autre industrie que celle de la pêche, elle eu compte aussi un grand nombre d'autres qui vivent dans l'aisance sur les fermes qu'ils cultivent avec intelligence.
Un homme bien connu dans notre monde commercial, M. Théodore Lamontagne, a fait autrefois, et jusque dans ces dernières années, un grand commerce de bois dans cette paroisse. On peut même affirmer qu'il a contribué dans une large mesure à l'épanouissement de ce village.
Sainte- Anne des Monts renferme aujourd'hui une population de 1,600 âmes et sa propriété foncière est près de $175,000.
Cette paroisse fait partie du canton Tourelle, qui compte onze rangs et dans lequel il y a plus de 12,000 acres de terres à vendre.
Il y a déjà près de cent lots vendus dans les 2ème, Sème et 4ème rangs.
On rencontre même depuis plusi urs années un grand nombre d'établissements dans les rangs 5 et 6.
,Ce qui reste du canton, savoir les rangs 8, 9, 10, 11, est assez avantageux pour la culture.
Christie. — Trois rangs et 10,000 acres de terres disponibles
D'une manière générale, ce canton est bon, notamment dans les deux bassins formés par les branches de la rivière à Martre et de la rivière Marsouis.
Entre le ruisseau Vallée et la rivière à Martre, le terrainest également propice à la culture.
Les bassins des riviè es à Martre, Marsouis et Claude offrent un excellent abri aux goélettes. Aussi ces endroits sont-ils généralement fréquentés par des pêcheurs venant de Saint-Anne des Monts et d'ailleurs, qui se rendent icf tous le^ ans pour faire quelques mois de pêche.
Les terres du second rang sont aussi bonnes que celles du premier.
Les bois dominants sont le sapin, le bouleau, l'épiuette, le meris.er et l'érable.
DucHESNAY. — Ne comprend que trois rangs arpentés.
Il y a 35 lots vendus dans les jiremiers rangs, et il reste 14,000 acres de terres à disposer.
■ Le littoral de la mer est ici bordé de hautes falaises.
Les terres ks plus dignes d'attention sont celles qui se trouvent dans los alluvions des rivières Marsouis et Claude.
Le cours de ces rivières offre des terrains d'une culture avantageuse, sur une profondeur de quatre à cinq milles.
La rivière Marsouis, à une distance d'environ trois quarts de mille du fleuve, se divise en deux branches qui toutes deux'offrent un terrain propre au défrichem mi. 0 Sur chacune de ces rivières se trouvent des érablières considérables.
Depuis le ruisseau à Rebours jusqu'à la seigneurie du Mont-Louis, la côte du golfe est douce et les terrains avantageux.
Les terrains situés le long de la rivière Claude sont en grande partie occupés.
St-^axime (Mont-Louis). — A 36 railles au-dessous de Sainte-Anne des Monts.
Plusieurs petites rivières, telles que les rivières Mont- Louis, Claude et Saint-Pi erre arrosent la vallée du Mont- Louis, qui se trouve encaissée dans d'énormes montagnes. Au bas de ces monts,, il y a çà et là de grandes lisières de bonnes terres.
La pêche est cependant la grande préoccupation des habitants du village. En 1861, la population de ce village n'était que de 200 habitants. On la porte aujourd'hui à 102V habitants.
La propriété foncière est estimée en valeur à $115.000.
La branche ouest de la rivière Mont-Louis est très rapide. Elle est encaissée dans des bancs de près de cinquante pieds de hauteur, puis un peu plus loin les bancs s'éloignent pour se rapprocher un peu avant d'arriver au grand Lac. Autour du grand lac, le terrain est généralement pauvre. On n'y voit que des cédrières ou des savanes d'épinette noire.
Le long de la branche Est, les terres sont riches en bois de toutes sortes, et le terrain très propre à la culture.
Tascherkau. — Il y a 9,000 acres des terres à vendre dans ce canton.
On ne trouve cependant de sol propre à la culture que dans les anses et les vallées formées par les rivières de l'Anse-Pleureuse, du Gros Mâle et de Manche d'Epée, et aussi sur le bord de la mer.
Le terrain compris entre ces différentes rivières est fort boisé et formé de montagnes élevées. A l'intérieur, le pin est assez abondant.
Dénoue — Ne compte que deux rangs arpentés. Le" terrain y est montagneux et le sol sec et aride.
La partie ouest du deuxième Tang est la seule qui contienne quelques bons lopins de terre.
Ce qui donne quelque valeur à ce canton, c'est son bois de pin qui est assez abondant à l'intérieur.
St-François-XaviER {Grande Vallée des Monts). — A 12 milles de Chlorydorme et à 42 milles de St-Martin.
Les familles qui composent cette paroisse viennent en grande partie de la paroisâe de Saint-Thomas, dans le comté de Montmagny. Elles se livrent à la pêche, et quelque peu à l'agriculture.
En 1860, la population se limitait à 14 familles ; elle s'élève actuellement à près de 600 personnes.
Chlorydorme. — A trente milles de St-Martin, en remontant le fleuve St-Laurent.
Ce canton ne comprend qu'un rang qui est très montagneux.
Le sol le plus propice à la culture se trouve sur le bord de la mer, et plus particulièrement à 1% Petite Yallée, à la Pointe à la Frégate, à la Petite Anse, au Petit et au Grand Chlorydorme et à la Pointe Sèche.
Ce canton est doté d'une église avec un curé résident,
La population qui est adonnée en grande partie à la pêche, comprend environ 650 personnes, et la propriété foncière estimée à $40,000.
Anse de l'étang. —Un poste de pêche situé à quelques milles seulement de Chlorydorme.
A l'est du Grrand Etang, l'on rencontre le canton de Sydenham qui renferme 17,000 acres de terres disponibles.
Les plus belles terres de ce canton se trouvent sur la rivière Darmouth où une vingtaine de lots ont été pris.
Ce canton est quelque peu montagneux à rintériiur.
Saint-Martin, {Rivière aux Rennrds)-~CQiie paroisse possède un prêtre résident depuis 1855. Sa population n'était à cette époque que de 80 âmes.
C'est un excellent poste de pêche et il faut bien admettre que l'industrie de la pêche constitue pour le plus grand nombre d'habitants de ce village la principale occupation.
Saint-Martin forme partie du canton Fox où le terrain, dans certaines parties, est supérieur de beaucoup aux terres situées près de la côte.
La population de ce canton, en y comptant celle de Sydenham, est de 1,422 âmes. La g-rande majorité est canadienne-française. Ay^""-^-*-^ fùo''''4r*'^ I
Saint-Joseph {Ame auGriffqpl). — A six milles seulement de la rivière aux Renards.
Les terres y sont bonnes, mais comme sur le reste de la côte, la population s'adonne surtout à la pêche.
C'est au reste un excellent poste pour la pêche à la morue.
Un chemin met en communication cette paroisse avec la baie de Gaspé.
La population de l'Anse au Grriflfon est de 1,030 âm"S.
Le 1er rang sud ainsi que les rangs est et de l'Anse au Griffon sont colonisés.
En ce dernier endroit, les premiers lots ont été pris en 1854 par M. John LeBouthillier.
St-Alban {Canton Cap- Rosier). —h& chiffre de la population est de 870 âmes et la valeur de la propriété foncière de $50,000.
Cette paroisse ae trouve à dix milles de Saint-Martin.
Il y a aussi du côté de la baie de Gaspé la mission de St- Jean-Baptiste ou Cap-aux-Os. C'est un poste de pêche.
Quoique la pêche constitue le principal revenu des habitants, on se livre cependant un peu plus que dans le passé à la culture.
Le canton du Cap Hosier est quelque peu montagneux; le premier rang est toutefois propre à la culture.
Il reste, encore 6,000 acres à disposer dans ce canton.
GrASPÉ {Cantons de Gaspé B de Nord et Sud). — G-aspé est peut-être le plus intéressant rillage de la Graspésie.
Il est admirablement situé au fond d'une belle et grande baie que l'on appelle la baie de Graspé et qui constitue l'un des plus beaux ports que l'on puisse voir.
La baie, qui est large de huit milles sur dix-huit milles de longueur, est bordée de chaque côté par une lisière de terrain élevé, propre à la culture, surtout du côté sud.
Cette baie est accessible aux plus gros navires et off e un refuge des plus sûrs contre la violence des vents. Aussi est-ce un port très fréquenté par les bâtiments de pêche.
De chaque côté de la baie, l'œil aperçoit des rangées de maisons, coquettement assises sur le flanc de collines verdoyantes et dominant le port.
Les maisons Robin et LeBouthillier ont ici de grands établissements de pêche, et le village compte à part cela de vastes magasins contrôlés par des jersiais et des canadiensfrançais.
G-aspé est en outre une place d'eau qui ne le cède k aucune autre. Son site pittoresque, sa belle nappe d'eau, toujours calme et toujours limpide, la salubrité du climat, sont autant d'attraits propres à séduira les amateurs de villégiature. Ce village est pourvu de deux bons hôtels, capables d'accommoder des centaines de touristes.
Le bassin de G^aspé est bordé de quais où les navires viiunent en tout temps prendre des cargaisons de bois, de poissons pris sur les côtes du nord et du sud, et apportés ici tout préparés pour l'exportation.
Les steamers "Campaua" et " City of London," venant de Montréal et de Québac, font escale à ce port, de même que le steamer venant de Dalhousie.
Deux grandes rivières, renommé js pour leur saumon et leur truite, les rivières York et Darmouth, se jettent dans cette baie.
Sur le côté sud de la baie, il y a une petite paroisse catholique, Saint-Albert, avec un curé résidant.
La population du village de G-aspé proprement dit est de 315 âmes et celle du b ssin de G-aspé de 839 habitants.
La population du bassin est en grande majorité catholique, tandis que dans le village il y a 150 protestants pour 100 catholiques.
Les cantons de G-aspé Baie Nord et de Gaspé Baie Sud, qui renferment d'excellentes terres, comptent une population de 1,200 âmes, dont 300 canadiens-français.
Il y a encore près dd 15,000 acres déterres à prendre dans ces deux cantons qui bordent la baie de Gaspé.
Le premier rang de G-aspé Baie Sud, qui comprend 49 lots est établi depuis de longues années. Sur le rang de la rivière Darmouth, qui renferme 67 lots, il y en a une trentaine de pris. Dans le deuxième rang et dans le rang central, il n'y a que 28 lots de vendus.
Dans G-aspé Bj,ie Nord, les premiers lots furent concédés vers 1860 et 1864. Le premier rang, qui se compose de 27 lots, est entièrement occupé. Il en est de même du rang A qui comprend un3 dizaine de lots. Ce sont en grande partie des familles jersiaises et irlandaises qui ont pris possession de ces lots.
Saint-Augustin {Grande Grave). — Cette petite paroisse comprend tout le côté nord-est de la baie de G-aspé, en face de Douglastown
C'est un bon poste de pêche. La population y est mixte.
Les premières familles canadiennes établies à Grande Orave venaient en bonne partie du Cap Saint-Ignace, comté de Montmagny.
York. — Ce canton est à l'ouest de celui de Doublas.
Il est traversé par la rivière Saint-Jean, comprend quatre rangs et 11,000 acres de terres disponibles.
Certaines parties sont montagneuses, mais il ne manque pas d'endroits où l'on peut créer de bons établissements.
La populalioD de ce canton est d'environ 350 personnes.
Il n'y avait que 587 acres de terres sous culture en 1S91.
DouGLASTOWN", {Canton de Dou2:fas).—V\xn des caiitons les plus remarquables du comté de Graspé et l'un de ceux qui ont le plus progressé.
C'est ici que les loyalistes américains, demeurés fidèles au pavillon britannique, descendirent en 1784 et dans les années qui suivirent, et fondèrent des établissements qui sont^encore en la possession de leurs descendants.
Ils fondèrent le village de Douglastown, qui occupe une magnifique position sur la baie de Gaspé et qui comprend, avec les différentes colonies éparpillées dans le canton, une popu'ation de plus de 1.500 perso7ines. Sur ce total, il n'y a que cent canadiens-français. C'est l'élément irlandais qui domine
Les pi emières concessions du canton Douglas 'Turent faites aux familles Daniel McPherson, Alex. McCrae, Ths. Holland, Wm. Walsh, Thos. Kennedy, James Larke, John MuUoney, etc.
Les champs en culture commencent près du bord du cap jusqu'au chemin allant à la Pointe Saint-Pierre.
Les terres du premier rang du Bois Brûlé sont complètement établies ainsi que celles du rang Sandy Beach et du rang Haldimand.
Il ne reste plus actuellement que onze cents acres de terres disponibles dans ce canton.
L'église catholique d. Douglastown, désignée [sous ïe vocable de Saint-Patrice, occupe le centre du village, sur un site élevé et très pittoresque.
Les habitants de Douglastown vivent principalement de pêche. 11 y avait cepenuant en 1891, 2, 1 43 acres de terres en culture dans ce canton.
Ce ter itoire est arrosé par la rivière Anse à Briand et les tributaires de l'anse au Loup Marin, du Bois Brûlé'et dé la rivière Malbaie qui fournissent de bons pouvoirs d'eau.
Malbâie, {Canton deMnlbaie). — C'est un beau canton qui compte deux paroisses; la paroisse Saint-Pierre et celle de Saint-G-eorge, avec une population de 1,900 âmes, dont 8 à 900 canadiens-français.
L'église do Saint-Pierre est construite sur un coteau qui domine le village et d'où la vue s'étend au loin sur la mer.
Il y a près de quarante ans, une colonie de 400 norvégiens hommes, femmes et enfants, vint se fixer dans ce canton. Tous ne réussirent pas cependant à fonder de» établissements.
Sur certains lots, raconte M. l'arpenteur Bourget qui visitait ce canton en 1896, on voit encore les ruines des bâtisses érigées autrefois par les colons norvégiens qui étaient venus s'établir sur les bords de la Malbaie. Ce» pauvres gens, privés de moyens de communication avec les centres isolés dans la forêt, n'ont pu ré^sister plus longtemps aux privatioub de toutes sortes qu'ils durent souffrir et pris de découragement, ils ont abandonné leurs lots.
Depuis cette date la situation du canton s'est modifiée, et les communications rendues plus faciles ont permi aux colons qui ont succédé aux norvégiens de fonder de bons établissements.
Ce canton qui renferme d'excellentes terres, surtout le long de la rivière Malbaie, et d'excellents bois comme l'épinette, le bouleau, le merisier et une autre espèce particulière de bois que l'on appelle le baumier, n'est pas toutefois colonisé comme il devrait l'être. Il reste encore 22,000 acres de terre offerts en vente.
Dans tous les rangs, ou à peu près, le terrain est uni et dépourvu de roch'-s. Sur le parcours de la rivière Malbaie l'on ne trouve pas un lot qui soit inculte.
Les premières concessions de terrains paraissent dater de IS-IS. Parmi les premiers concessionnaires de l'époque, nous relevons, dans nos archives les noms de M. John Colas, John Dumas, B. Carbonneau, Léon Yermette, John Hotton, James Dumas, J. Alexander.
La valeur de la propriété foncière dans ce canton est estimée à $130,0000, et l'étendue de terres en culture n'était encore que de 2,350 acres en 1891.
La grève de la Malbaie, surtout à l'endroit appelé la Belle Anse, est réputée excellente pour la pèche.
Percé. — St-Michel de Percé est un village^remarquablej à plus d'un titre. (1)
Nul voyageur ne descend ici sans être frappé de ses beautés pittoresques, de la salubrité du climat, de l'originalité de son fameux rocher, immense bloc de pierre de 800 pieds de hauteur, qui b'avance à plusieurs arpents dans la mer, et sans admirer ses belles plages. Bien des touristes américains raffolent de ses paysages aussi charmants que variés et viennent s'y installer durant la belle saison.
Percé a été longtemps renommé comme poste de pêche. La maison Robin y possède encore de grands comptoirs. Il est juste de dire cependant que la pêche depuis quelques années, ne constitue pas toute l'occupation des habitants.
On se livre en effet plus que jamais à l'agriculture, et les bonnes récoltes des dernières années démontrent assez éloquemment que la terre y est bonne.
Percé est en outre le chef-lieu du district judiciaire de Graspé, et il s'y transige chaque année des affaires considérables. L'importance de ce village doublera encore lorsqu'il aura été relié — ce qui n.^ devra point tarder— avec le chemin de fer de la Baie des Chaleurs.
Percé compte actuellement une population de 1900 âmes^ dont plus de 1200 canadiens-français.
En face de Percé, se trouve l'ile de Bonaventure, qui mesure environ deux milles et demi de longueur sur un mille de largeur. Cette île est habitée par vingt-cinq familles. Les maisons Leboutillier, G-. et "W. Baker y ont de grands entrepôts.
(1) Les premiers établissements de Percé, comme ceux de Gaspé, de Malbaie, datent, selon toute probabilité, du milieu du dix-huitième siècle. Déjà, en 1777, d'après un état fourni par Nicholas Cox, lieutenant-gouverneur de Gaspé, au général Haldiraand, il y avait à Percé 36 hommes, 19 femmes, 48 enfants et 432 serviteurs, ces derniers se composant des pêcheurs employé» dans les 104 bateaux appartenant aux chefs de familles. A Mal Baie, l'on comptait 3 hommes, 1 femme, 5 enfants. 8 bateaux, 33 serviteurs.
Sur l'île Bonaventure, 4 chefs de famille, 9 bateaux et 40 serviteurs.
St- Joseph de r Anse du Cap eni un autre village florissant du cantoQ Percé. L'exploitation des pêcheries s'y fait aussi sur une grande échelle. Le principal établissement est celui de M. James Baker La population de ce village est tout près de 2,000 âmes.
Le gouvernement de Québec dispose encore d'une ving-taine de mille acres de terre dans le canton Percé. Les terres y sont généralement bonnes. C'est un sol léger, sableux et exempt de roches. Entre le premier et deuxième rang, le terrain est plat, entrecoupé do petits ruisseaux ou ravins, et un peu accidenté sur les bords de la rivière de l'Anse à Boaufils.
Il y a encore beaucoup de sapin et d'épinette dans ce canton
Le Campana et V Admirai font escale à Percé.
Gr lXDE-Rivière. — Cette Seigneurie est devenue propriété privée. Elle appartient présentement à M. Cabot, un richard de la ville de Boston, et comprend six rangs dont deux. seulement sont complètement établis.
Les ierres sont généralement bonnes et il 'y a encore beaucoup de bois à exploiter.
Notre-Dame de la Grande- Pùoière — c'est le nom canonique de la paroisse— est' un des plus riches et des plus importants villages delà G-aSi)ésie. Il comprend une population de 2,500 âmes, dont la grande majorité est canadienne-française.
La Grrande-Rivière a toujours constitué „un poste de pêche des plus achalandés. A l'heure actuelle l'on y compte encore de grands établissements qui se livrent à cette exploitation; — MM. Robin & Colas, John Sealy, Léonard & Frères, John Baker, John Carbery, Fauvel, etc.
La Seigneurie de Pabos. — D'après un plan que l'on garde aux archives du ministère de la Colonisation et des Mines, les premiers établissements dans^ la Seigneurie de Pabos remonteraient aux premières années qui ont suivi la ■cession du pays.
Ce plan indique la situation précise des différentes constructions érigées, à cette lointaine époque, sur les bords de la baie de Pabos. A un endroit, à quelques arpents du rivage, vous voyez se dresser la maison seigneuriale de Pabos, puis le magasin du Seigneur. La légende du même plan nous avertit que les premières habitations — cinq ou six — furent établies par Caleb Stilson, et que le même Stilson érigea sur la rivière Pabos le premier moulin à scie.
La pêche devait constituer la principale occupation de ces premiers habitants de Pabos, car, l'on voit indiqués çà et là sur les vieux plans de la seigneurie, des " échafauds à trancher la morne," des " vigneaux pour Yétandage de la morue," des " cabanes pour les étrangers qui viennent faire la pêche en été et qui se retirent en hiv^er."
La seigneurie tomba plus tard entre les mains d'une compagnie appelée la compagnie deG-aspé, qui fit assez peu de travaux de défrichement. En 1872, le gouvernement de Québec, se la fit concéder.
En prenant possession de catte seigneurie, le gouverneme it en ordonna aussitôt l'arpentage pour faciliter l'établissement des colons qui avaient manifesté le désir de se fixer en cet endroit.
Les terres de la seigneurie de Pabos qui comprend actuellement six rangs arpentés sont, de l'avis de tous les explorateurs, d'une grande richesse au point de vue de la qualité du sol.
Notons plus particulièrement la partie comprise entre la seigneurie de la G-rande Rivière et le ruisseau Têtu, où le terrain est plat et très avantageux à la colonisation.
Quant à la troisième concession, à l'ouast de la rivière du Petit Pabos, elle est entrecoupée par un bras de cette rivière et un grand nombre de ruisseaux qui s'y déchargent.
On a exploité assez largement le pin dans cette seigneurie, mais il reste encore beaucoup de bois de commjrce. Les principales essences forestières sont l'épinette, le
sapin, le merisier, le cèdre et le frêne. Les explorateurs ont même remarqué que le merisier atteignait de fortes dimensions.
Ce sont les messieurs King qui exploitent ici la forêt; ils possèdent des moulins au Petit Pabos.
La partie colonisée de la seigneurie de Pabos se limite aux ranîis ouest de la rivière, au rang St-Hubert, au rang nord-est de l'Anse aux Canards, et au rang Est de la rivière de Pabos.
Dans le 1er rang, il y a 60 lots vendus sur les 104 qui le composent, et dans le second 49 lots. Il y a aussi une trentaine de lots vendus dans le troisième rang et 12 dans le quatrième rang.
Les lots du Grrand Banc de Pabos, au nombre de dix, sont à peu près tous vendus.
Les rivières Grand et Petit Pabos contiennent une vingtaine de petites îles dont la plupait sont encore disponibles.
. Ste-Adélaîde de Pabos, située sur les bords de la mer, pr. squ'à l'entré de la Baie des Chaleurs, forme une belle paroisse, avec une population de 1600 âmes, dont plus de la moitié d'origine française.
Newport. — Le nom canonique de la paroisse est Saint- Dominique de New port.
Situé à l'entrée de la Baie des Chaleurs, à trente milles de Paspébiac, cet intéressant village est en quelque sorte la clef du comté de G-aspé en venant par Bon aventure.
Newport est remarquable comme port de pêche et ne compte pas moins de quatre cents bateaux pêcheurs. La rivière des Ilots et la Pointe à Genièvre sont deux endroits sûrs pour les pêcheurs pendant la tempête.
A part la pêche à la morue, il y a encore ici la pêche au homard qui se fait sur une large échelle.
On compte à Newport deux maisons puissantes qui se livrent à l'exploitation des pêcheries : la maison Kobin et
la maison LeMarquand qui a un établissement aux Ilcts et un autre à l'endroit appelé l'anse à Blonde). 1 La diminution dans le poisson ne s'est pas encore fait sentir d'une manière appréciable à Newport, mais la baisse qui est survenue dans les prix, surtout dans les dernières années, a induit les gens de l'endroit à tourner leur attention vers la culture des terres.
D'une manière générale, la terre est bonne.
Dans le canton de Newport, le premier rang seul est habité, et il reste plus de 40,000 arpents à vendre.
En 1845, un grand nombre de lots situés dans les 8ième 9ième, lOième et llième rangs furent vendus à €reorge M. Douglas, mais en 1872, tous ces lots ont été rachetés par la Couronne.
La population de Newport est de 1,500 âmes et la valeur de la propriété foncière est estimée à un peu plus de 11-00,000.
Le steamer Admirai fait escale à Newport.