LES PRODUCTIONS DE LA MATAPEDIA
Le climat de la Matapédia—il est peut-être bon de le répéter à ceux qui entretiennent des préjugés à cet égard —n'est pas un obstacle à la culture dans cette partie du pays. On a constaté qu'il était de dix à douze degrés plus doux que celui de Québec. Les semailles ont lieu au mois de mai et les œelées sont moins à redouter que dans toute autre partie de la province. Les récoltes se font en septembre et en octobre.
Le rendement de la récolte varie naturellement, suivant les localités, mais presque partout il se imaintient à un chiffre remarquable, sionle compare avec certaines autres régions agricoles.
Ainsi, le rendement moyen du blé, par arpent, est de 20 à 25 minots; celui de l’avoine et d: l'orge, 4) à 45 minots; celui du seigle, 25 à 30 minots. Les pois donnent de 30/à 3 minots par arpent, et Les autres léœumes rapportent dans la même proportion.
Toute cette contrée est couverte des plus beaux bois que fournit le Cañïada: érable, merisier, cèdre, épinette.
Ces bois—nous l'avons fait remarquer dans une autre occasion—sont exploités surtout par deux grades maisons de commerce: la maison King et la maison Price, qui emploient des centaines de bras chacune, sans compter des exploitations particulières, moins importantes, mais tout de même fort avantageuses pour les colons qui y trouvent de l'emploi constamment, s'ils le veulent, en dehors de l’époque des semailles et de la récolte.
Les scieries installées dans divers cantons procurent aux cultivateurs tout le bois, planches et bardeaux dont ils ont besoin pour leurs bâtiments en même temps que l’entretie 1 de l’Intercolonial donne de l’empl'i à beaucoup d’entre eux, et permet à d’autres de vendre au chemin de fer le bois de cèdre dont ils sont propriétaires.
se FU LES RIVIERES A SAUMON ET A TRUITE
Cette monographie serait bien incomplète si nous ne parlions ici des magnifiques rivières qui sillonnent et fécon dent ce vaste territoire, l’un des plus merveilleusement doués de toute la province.
La plus renommée d’entre elles est la ‘ Matapédia ”, qui sort du lac du même nom et va se jeter dans la rivière Ristigouche après un parcours d'environ soixante-dix milles, Elle reçoit les eaux d’un grand nombre de lacs et de rivières, notamment les rivières Assemetquagan, Causapscal et Humqui.
Comme on le sait déjà, c'est une des plus belles rivières à saumon du pays. Elle est affermée depuis quelques années au ‘ Ristigouche Salmon Club”—un club de richards américains—qui a érigé sur les bords mêmes de la rivière, pour l'usage de ses membres, un spacieux et magnifique hôtel.
Ajoutons que la ligne du chemin de fer Intercolonial suit les courbes de la rivière depuis son embouchure jusqu’au lac Matapédia.
La ‘ Matapédia ” n’est pas uniquement une rivière propre à faire les délices des ‘“sportsmen”. Elle est aussi d’un grand appoint pour l’industrie, en fournissant à celle-ci de puissants pouvoirs moteurs. Un explorateur a déjà signalé un pouvoir d’eau important formé par cette rivière dans le troisième rang du canton Humqui, mais il en est un bon nombre d’autres fournis par elle, notamment dans le canton Lepage. Quelques-uns d’entre eux sont déjà utilisés.
La rivière ‘“ Causapscal” est le principal affluent de la Matapédia dans laquelle elle débouche à 85 milles du confluent de cette dernière avec la Ristigouche. Son cours est d'environ 70 milles.
Cette rivière abonde en truite et en saumon, mais c’est à ‘peu près sa seule richesse; elle est très pauvre en bois.
Les lacs Causapscal sont aussi fort poissonneux. Tous les hivers, les sauvages de Sainte-Anne de Ristigouche s’y
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rendent en grand nombre pour y pêcher la truite qu'ils vendent à Campbeltown, N.-B., à des commerçants qui l'exportent.
Autour des lacs, on ne voit généralement que de l'épinette noire et du cèdre de peu de valeur ; à l’intérieur des terres, le bois est plus varié.
La rivière ‘“ Humqui ” qui débouche dans la Matapédia du coté sud-ouest, et qui est flottable sur un assez long Parcours, est aussi fréquentée par le saumon et renferme plusieurs magnifiques endroits de pêche. C'est aussi le “ Ristigouche Salmon Club ” qui eu est l'heureux fermier.
On trouve aussi sur cette rivière, dont le volume d’eau est considérable, de bons pouvoirs d'eau.
Mentionnous encore un grand nombre de petits lacs éparpillés dans le canton Humqui, fort poissonneux, et qui sont la source de nombreux ruisseaux qui arrosent et sillonnent ce canton en tous sens.