II. — ORGANISATION ADMINISTRATIVE 1. PERSONNEL, FONCTIONNEMENT GÉNÉRAL
L'administration des îles Marshall est extrêmement simplifiée, et le personnel qui en est chargé se réduit à trois personnes : un Landes hauptmann, qui est le chef du gouvernement, un secrétaire et un médecin.
Les actes émanant de l'autorité sont peu nombreux : il n'y a que quelques arrêtés, concernant entre autres l'obligation pour les habitants de prévenir l'administration de leurs déplacements; le droit pour l'administration de contraindre les gens de couleur non indigènes et sans ressources à travailler dans les iles au taux des salaires locaux; l'interdiction d introduire et de conserver des armes à feu ; les obligations des navires relâchant dans les ports de la colonie (quarantaine, production des papiers du bord, règlement pour le port de Jaluit) .
En matière de justice, les dispositions pénales à l'égard des indigènes en vigueur à la Nouvelle-Guinée le sont également aux îles Marshall. L'un des deux fonctionnaires adjoints ou Landeshauptmann remplit les fonctions de juge.
Au point de vue financier, la colonie présente cette particularité que son budget est fixé chaque année par entente entre le gouvernement impérial et la Compagnie de Jaluit. Cette dernière paie tous les frais de l'administration, et a reçu en échange un certain nombre de droits; c'est ainsi, notamment, que ni le gouvernement impérial, ni le Landeshauptmann ne peuvent rendre de décision administrative sans consulter la Compagnie.
Grâce à ce système, la colonie n'a pas, à proprement parler, de budget, celui-ci étant fondu dans celui de la Compagnie de Jaluit. Les frais d'administration s'élèvent à 25.000 marks, payables par trimestre ; en outre, la Compagnie loge et transporte gratuitement les fonctionnaires. Lorsque les dépenses excèdent les recettes du budget établi par entente entre le Landeshauptmann et le représentant de la Compagnie, cette dernière doit combler le déficit; lorsque le contraire se produit, c'est la Compagnie qui bénéficie de l'excédent de recettes. 11 existe un impôt sur les indigènes payable en nature, et qui consiste dans la livraison annuelle de 360.000 livres de coprah (à 4 fr. la livre). En outre, tout individu [non indigène établi dans la colonie et âgé de plus de 16 ans doit payer une taxe annuelle uniforme de 20 marks. D'autre part, il existe un impôt sur les industries, établi sur les bases suivantes : les maisons faisant annuellement plus de 500.000 marks d'affaires payent 0.000 marks; les autres qui font un chiffre élevé d'affaires, mais moindre de 500.000 marks, paient 6.000 marks. Les débits de boissons et auberges versent 800 marks. Les navires opérant des chargements ou débarquant des marchandises pour le compte de maisons non établies dans la colonie versent un droit de 1.000 marks par voyage. C'est la Compagnie de Jaluit qui perçoit ces différentes recettes.
L'instruction publique est entre les mains des deux missions qui ont des stations dans l'archipel. L'une, dite Mission du Sacré-Cœur de Jésus, appartient au culte catholique; son personnel comprend 4 pères, 3 frères et 5 sœurs; elle dirige cinq écoles fréquentées en 1 903 par 230 élèves environ. L'autre mission, appartenant au culte protestant et dite Mission évangélique, a son siège principal à Nauru. Elle possède trois écoles fréquentées par plus de 300 élèves et une école où l'enseignement est donné exclusivement en allemand et qui compte 26 élèves (1903). Le nombre des fidèles relevant de la Mission évangélique ne serait que de 98.