‹ La colonisation et les colonies allemandes;Chapitre 34 sur 184 · PRODUCTIONS · texte numérisé non relu

PRODUCTIONS

a) Minéraux.

Le sol de la colonie renferme de l'or en quelques points, notamment au nord de la possession, dans le district de Muanza, à Masagga, et, plus au sud, dans le district de Kilimatindé, à Kiwoya. D'assez nombreux gisements de inoindre importance se rencontrent surtout dans le nord-ouest de la colonie. La veine aurifère de Masagga, qui semble la plus considérable et qui a été prospectée en 1902-1903, a de 15 à 20 kilomètres de longueur et de 7 à 10 kilomètres de largeur Elle semble riche en quantités appréciables de métal précieux, mais elle est difficile à exploiter à cause du manque d'eau et de bois propre à la construction et à la combustion. Le prospecteur estime que si une société veut exploiter le gisement, elle devra d'abord procéder à des travaux d'adduction d'eau et à la plantation d'arbres susceptibles de donner le bois à construire et le bois à brûler nécessaires.

La veine de Kiwoya est à peu près de même étendue que la veine de Masagga; elle est située sur le territoire de la con-, cession dlrangi, spécialement fondée et accordée pour l'exploitation des richesses minérales d'une zone de territoire considérable, dans la partie centrale de la colonie.

Les autres gisements aurifères jusqu'à présent reconnus sont beaucoup moins étendus que ceux de Masagga et de Kiwoya.

L'Afrique orientale renferme en outre des gisements de

minerais de fer, de cuivre, de plomb, dont quelques-uns sont déjà exploités, notamment dans la concession d'Irangi. On, y trouve également du charbon, surtout dans la vallée du Rouhouhou, affluent du lac Nyam, et dans les collines du , Nyaka et du Sumnessi, qui se jettent eux-mêmes dans le Rouhouhou ; jusqu'à présent, ce charbon n'a pas fait l'objet j d'une extraction méthodique. On a enfin constaté récemment i la présence de graphite, dont on compte tirer parti.

Les produits minéraux qui jusqu'à présent ont été soumis > à une exploitation et à un commerce réguliers sont le mica et , les grenats.

En 1902-1903 (du 1er juillet au 30 juin), on a exporté 7. 460 livres de mica brut, contre 14.103 livres l'année précédente. Cette diminution eut pour cause les décès des fondateurs de l'exploitation, laquelle était située dans les mon- ! tagnes d'Oulongourou ; à cette cause il faut joindre aussi les difficultés du transport du lieu d'extraction à la côte.

Quant aux grenats, il n'en a été exporté en 1902-1903 que 356 livres contre 18.780 livres l'année précédente. Différentes raisons ont amené ce recul, notamment l'avilissement i des prix par suite de l'encombrement du marché et la diffi- . culté des transports. !

La concession de Vohsen [Vohsenskonzession) , située dans le district de Lindi au sud-est de la colonie, a pour objet la recherche et le commerce des pierres précieuses [Edelsteine) ou semi-précieuses (Halbedelsieine, grenats, agates, etc.)

Il existe des salines dans différentes régions ; en 1902-1903, la compagnie des lacs du Centre africain (Zentralafrikanische Seengesellschafi) en installait une à l'embouchure du Routschougni dans le Malagarasi (district d'Oudjiji) .

Les sources thermales sont enfin assez nombreuses.

b) Végétaux.

On peut classer les végétaux de la colonie, du moins ceux qui sont cultivés en vue du rapport à en tirer, en deux catégories : ceux qui appartiennent à la flore indigène du pays

ayant déjà existé avant la colonisation, et ceux qui ont été importés par les Allemands.

Parmi les premiers, se rangent tout d'abord les arbres à caoutchouc, très abondants dans presque toute la colonie; on peut espérer en trouver encore un assez grand nombre à l'état sauvage dans certaines contrées, notamment dans le territoire de Niam-Niam, dans les districts de Kilwa [Dondelana), d'Ussambara, etc. En seconde ligne, vient le cocotier, dont les indigènes pratiquent la culture à cause des ressources multiples qu'ils tirent de la noix de coco. Ces fruits à l'état naturel leur sont un aliment; par la préparation ils en obtiennent le coprah, qui fait l'objet d'une active exportation; ils en tirent aussi de 1 huile, et enfin avec les filaments qui sont à l'extérieur de la noix ils tressent des liens ou des cordelettes. Gomme arbres à fruits, les plus importants, au point de vue du rapport, sont le manguier et le bananier. Les céréales indigènes les plus abondantes sont le sorgho (ou mtama), le maïs, le riz. Les plantes à racine de cette catégorie sont le manioc et les patates douces. La canne à sucre se rencontre dans les montagnes de Poré, dans l'Ussambara, dans les terrains d'alluvion du Pangani, etc. Dans toutes les parties de la colonie on rencontre et on cultive l'arachide, et aussi une autre plante oléagineuse, le sésame. Le ricin, qui pousse partout à l'état sauvage, n'est cultivé, en vue d'en recueillir l'huile, que dans quelques contrées. Le tabac indigène est cultivé dans toute la colonie, mais sa qualité ne le rend propre (ju'à la consommation locale.

Toutes ces plantes croissent naturellement dans le pays et presque toutes y étaient cultivées de tout temps par les indigènes.

Dans une seconde catégorie rentrent les arbres et plantes importés parles Européens, ou dont ceux-ci ont du moins entrepris la culture méthodique.

D'abord le café, qui est l'objet exclusif de la culture dans plusieurs grandes plantations. Puis le coton, qui poussait à l'état sauvage dans quelques localités, et dont la Culture,

méthodiquement entreprise, se répand de plus en plus et se voit encouragée par l'administration impériale et par les comités ou groupements coloniaux de la métropole. Les aganes, soit de Maurice, soit de Sisal, tiennent une place importante dans la production de nombreuses plantations, et leur culture prend une extension toujours plus considérable. Les céréales européennes, le blé, le seigle, introduits depuis vingt ans dans la colonie, y sont cultivées assez activement, et même, autour de certains villages, par les indigènes euxmêmes. Il y a une plantation importante de vanille à Kitopeni près de Bagamoyo; quelques plants sont cultivés dans d'autres propriétés. La culture du poivre rouge est entreprise dans plusieurs localités. La pomme de terre, qui ne fut d'abord plantée sur les hauts plateaux que par les Européens et pour leur consommation, est maintenant adoptée par les indigènes de ces régions. Des hauts plateaux, la pomme de terre est exportée vers la côte de la colonie, et même hors de la colonie, au Cap.

Les tableaux pages 270 et 27 1 donnent le détail des cultures entreprises par les diverses plantations de la colonie, et permettent d'obtenir des chiffres d'ensemble sur l'importance et le rapport des productions végétales de la colonie.

c) Animaux.

La faune de l'Afrique orientale, considérée au point de vue de l'utilisation des animaux et du rapport à en obtenir, comporte dans ce sens deux grandes catégories d'espèces : la première renferme les espèces dont l'homme s'approprie les dépouilles par la chasse et la pêche; la seconde, les espèces dont il fait un élevage méthodique.

Dans la première catégorie, il faut ranger l'éléphant, l'hippopotame et le rhinocéros, dont on obtient l'ivoire (défenses, dents, corne). On utilise également la peau de l'hippopotame et du rhinocéros. Il faut classer dans cette même catégorie l'autruche, dont on tente cependant l'élevage méthodique, comme dans la colonie du Gap. De même on espère, avec le

Tableau des plantations situées dans l'Afrique orientale

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