MOIN
par rapport aux prévisions.
240 000 385 ooo 440 000
A ces recettes tirées des revenus propres de la colonie, il faut ajouter chaque année la subvention fournie par l'Empire, sans laquelle l'équilibre du budget serait impossible, puisque, pour cette même année 1902, les dépenses ont été de 5.957.000 marks. Cette subvention, qui fut cette année-là de 2.691.000 marks, et qui porta le total des recettes à 4.493.000 marks, n'empêcha d'ailleurs pas le déficit de se produire. La cause principale de ce déficit fut, en 1901 et en 1902, la dépense occasionnée dans ces deux années par la pacification du pays et par l'établissement de nouveaux postes dans l'intérieur.
La situation semble s'être améliorée, si l'on en juge par le tableau ci-dessous, qui donne l'état des recettes et des dépenses pour les années 1901, 1902, 1903 et 1904.
RECETTES
Marks
Marks
Marks
Autres recettes propres de
Subvention de l'Empire . . .
Total des recettes. . .
DÉPENSES
Dépenses extraordinaires. . .
Total des dépenses ....
L'augmentation des recettes propres de la colonie en 1903 et en 1904 est due très probablement à l'introduction du nouvel impôt de capitation sur les indigènes (le revenu des impôts directs passe, de 54.000 marks en 1902, à 71.000 en 1903 et à 164.000 en 1904) et aussi à une augmentation des droits de douane établie en 1904 le revenu des douanes passe de 1.800.000 marks en 1903 à 2.300.000 marks en 1904). Peut-être aussi cette augmentation ne s'est-elle encore produite que sur le papier, dans les évaluations budgétaires.
SITUATION ÉCONOMIQUE 1 . COMPAGNIES DE COLONISATION ET MAISONS DE COMMERCE
Le Cameroun a été pendant assez longtemps celle des colonies allemandes qui était le moins connue; l'exploration et la pacification n'en furent faites qu'assez récemment, et c'est seulement en 1899 qu'apparut la première grande compagnie concessionnaire ayant reçu une charte du gouvernement allemand. Mais cette compagnie, de même qu'une autre qui se fonda peu après, n'eut jamais qu'un but d'exploitation économique et il ne fut jamais question de concéder à aucune des deux l'exercice des droits de souveraineté et la charge d'administrer une partie du pays.
La première de ces compagnies est la Gesellschafi Sud Kamerun (Compagnie du Sud Cameroun) qui fut fondée en décembre 1898, à Bruxelles, par un groupe germano-belge, mais dont le siège social fut bientôt transporté à Hambourg; elle obtint, le 16 janvier 1899, une concession de 9.000.000 d'hectares dans le bassin supérieur de la Sangha. La Compagnie du Sud Cameroun reçut des droits considérables pour la prise de possession des territoires concédés,
LA COLONISATION ALLKMANhL
dans lesquelles elle se trouva maîtresse d'exproprier à peu près à son gré les indigènes, du moins jusqu'en 1902; c'est, en effet, à cette époque seulement qu'entrèrent en fonctions les commissions territoriales chargées de délimiter les terres du domaine et d'examiner les droits fonciers des indigènes. Quant aux obligations imposées à la compagnie vis-à-vis du Trésor de la colonie, elles sont minimes par rapport aux avantages concédés. Le Trésor perçoit une part sur les recettes de la compagnie, mais seulement après que celle-ci a prélevé 5 pour 100 pour la constitution de son fonds de réserve, jusqu'à concurrence de 25 pour 100 du capital de fondation, et après qu'elle a payé 5 pour 100 de dividende sur le capital social versé; le Trésor reçoit alors 10 pour 100 du surplus des bénéfices nets. Dans de telles conditions, il est peu probable que le gouvernement de la colonie puisse, avant plusieurs années, faire état des recettes lui venant de la Compagnie du Sud Cameroun. Il est vrai que la charte de concession stipule que dans le cas où la compagnie fonderait de nouvelles sociétés ou interviendrait dans la constitution de sociétés et obtiendrait, en échange de la concession de terres ou de l'octroi de privilèges, des actions ou des parts de jouissance des sociétés nouvellement fondées, le Trésor de la colonie a le droit, au lieu de rester simplement intéressé au produit de ces actions et parts de jouissance, de réclamer la remise du dixième de ces valeurs. Au cas où le Trésor ferait usage de ce droit, le produit des actions ou parts de jouissance restant à la compagnie sera exclu du décompte de la quote-part que le fisc peut exiger.
Le capital de la Compagnie du Sud Cameroun est de 2.000.000 de marks.
La Compagnie du Nord-Ouest Cameroun {Gesellschaft Nord West Kamerun) fut fondée à Berlin le 31 juillet 1899. Son capital est de 4.000.000 de marks.
Cette compagnie fut loin d'être aussi favorisée que celle du Sud Cameroun. L'opinion publique allemande avait trouvé exagérés les avantages accordés à la Compagnie du Sud 'Came-
roun; la charte stipulant la concession faite à la Compagnie du Nord-Ouest et réglant les rapports de. celle-ci avec le gouvernement et le fisc de la colonie, place la compagnie dans une dépendance des pouvoirs publics beaucoup plus étroite que cela n'avait eu lieu pour la société du Sud Cameroun;.
La Compagnie du Nord-Ouest Cameroun obtint, en toute propriété, pour une période de cinquante années (pouvant être portées à soixante si la compagnie construit avant douze ans un chemin de fer reliant l'hinterland à la côte), une concession de territoires de plus de 80.000 kilomètres; elle obtint également un droit de préemption sur les terrains appartenant aux indigènes, le gouverneur ne pouvant pendant les vingt premières années refuser de consacrer l'acquisition de ces terrains.
La compagnie, de son côté, s'engage à respecter les droits, des tiers, à garantir l'entière liberté du commerce; à fournit; une subvention de 100.000 marks à la mission d'exploration du Tchad; à construire des routes, des canaux et des chemins de fer, à organiser un système régulier de bateaux à vapeur,; le tout dans la mesure indispensable (mais non au delà) pour la mise en valeur de la concession; à terminer l'exploration de son territoire, à créer des plantations et des factoreries; à laisser intact le quart des forêts. D'autre part, elle doit çon^ sacrer tous les ans au moins 100.000 marks à l'amélioration du pays> et, au total, une somme d'au moins 3.000 000 de marks pendant les dix premières années. Elle est redevable au Trésor de la colonie, sur les bénéfices commerciaux, d'abord de 5 pour 100 du produit net comme contribution à la sécurité de la colonie, puis de 10 pour 100 de ce même produit net après que 5 pour 100 ont été prélevés pour la formation du fonds de réserve, jusqu'à ce que celui-ci ait atteint 25 pour 100 du capital, et après qu'il aura été fait un versement de 4 pour 100 comme dividende au profit du capital social déjà, versé. Si les bénéfices sont supérieurs aux sommes déjà indiquées, le dividende peut être porté à 10 pour 100, puis à 12 pour 100, le Trésor ayant alors le droit de prendre en plus
iOjpour J00. Si, dans ces conditions, le montant des profits n'est pas épuisé, le Trésor s'empare de nouveau d'un tiers et permet que le dividende soit porté à 20 pour 100; si les gains sont encore supérieurs et fournissent un dernier reste, celui-ci sera partagé entre le Trésor et les actionnaires.
Le chancelier de l'Empire a un pouvoir de surveillance sur la compagnie, pouvoir dont il délègue l'exercice à un commissaire ayant le droit d'assister à toutes les séances du comité des directeurs du conseil d'administration et à toutes les assemblées générales et ayant également le droit d'exiger la présentation des livres de la compagnie.
Quant à l'œuvre accomplie jusqu'à présent par les deux grandes compagnies concessionnaires du Cameroun, il est assez difficile de l'apprécier actuellement, car elle a été trop récemment entreprise. Les territoires concédés sont riches en caoutchouc, mais la main-d'œuvre manque. La Compagnie du Sud Cameroun a racheté toutes les factoreries de l'ancienne société anonyme belge pour le commerce du haut Congo et de la .Nieuwe-Afrikaansclie-Handels-Veniiotschap; la Compagnie du Nord-Ouest possède de son côté les anciens comptoirs des maisons Woermann. Jantzen et Thormahlen, Westphal et de Stavenow, ce qui porte à plus de trente le nombre de ses factoreries dans l'hinterland. Les compagnies ont pratiqué des routes et mis des projets de chemin de fer à l'étude; elles ont formé des missions d'exploration et ont pris des mesures pour amener des travailleurs de la république de Libéria et pour stimuler la main-d'œuvre indigène.
Quant aux résultats financiers, les dépenses excèdent jusqu'à présent les recettes ; il a cependant été question de porter de 2 à 6 millions le capital social de la Compagnie du Sud Cameroun, et de 4 à 10 millions celui de la Compagnie du Nord-Ouest Cameroun.
En dehors de ces deux grandes compagnies concessionnaires, les plus importantes sociétés de commerce et de plantations ua Cameroun sont les suivantes :
A. — Sociétés allemandes, avec leur capital et leur siège social.
Société de l'Hinterland du Cameroun. — 800.000 marks. — Charlottenbourq . Société Ouest Africaine de plantations « Bibundi ». — 2.100.000 marks. — Hambourg.
Société de plantations du Sud Cameroun. — 160.000 marks. — Hambourg. Société Ouest Africaine de plantations « Victoria » . — 2.500.000 marks. — Berlin .
Société de domaines et de plantations au Cameroun. — Hambourg . Société de plantations de Moliwé. — 1.100.000 marks. — Hambourg . Plantations de Bolifamba. — 300.000 marks. — Berlin. Plantations d'Ekona. — 500.000 marks. — Berlin. Plantations de Koké. — 500.000 marks. — Berlin. Plantations de Lisoka. — 600.000 marks. — Berlin. Plantations de Méanja. — 500.000 marks. — Berlin. Plantations de Molyko. — 300.000 marks. — Berlin. Plantations de Soppo. — 600.000 marks. — Berlin.
Plantations de ramic et de cacao « Cameroun » . — 1.000.000 marks. — Berlin.
Société allemande pour le commerce du Cameroun. — Berlin.
Société de commerce et de plantations du Sud-Ouest Cameroun . — 1 .000.000 marks .
— Charlottenbourq .
Société allemande du commerce pour l'Afrique occidentale. — Hambourg. Société Brémoise pour l'Afrique occidentale. — Brème. Société allemande du Cameroun. — Hambourg . Société Afrika. — Hambourq.
IL — Sociétés étrangères.
Ambas Bay Développement Association Limited. — Liverpool, The Ambas Bay Trading Company Limited. — Manchester .
a) Maisons de commerce allemandes.
Plantation Wœrmann et Cie. - — Hambourq . — Comptoirs : 14 à Duala ; 6 à
Victoria; 15 à Kribi ; 5 à Edea.
Plantation Idenau-Sanjé, appartenant à M. de Soden, ministre d'État à Stuttgart.
— Sanjé (Cameroun) .
Plantation Occhelhausen, près Isongo. — Dessau.
Plantation Linnell et C°. Debundscha (Cameroun) et Berlin.
Karl Maas et C°. — Hambourg . — 10 comptoirs.
Félix Krause. — Juandé-Levandun (Cameroun). — 2 plantations.
A. et L. Lubeke. — Hambourq . — 18 comptoirs. ;
Piandad et Stein. — Hambourq. — 16 comptoirs.
A. Kiiderling. — Hambourg . — 2 comptoirs.
b) Maisons de commerce appartenant à des missions.
Mission bàloise. — Mission baptiste. —
Baie. — 4 comptoirs.
Berlin (agence). — 3 comptoirs.
ne
Maisons étrangères.
Kider Sonet Andrew. — Bristol (Angleterre), — 20 établissements,
John Holt et G0. — Liverpool. — 4-9 établissements.
A. Herschel et C°. — Liverpool . — 12 établissements.
K et W. King. — Bristol. — 24 établissements.
Daird Jones et G". — Liverpool. — 11 établissement
Woodin et G0. — LJverpool. — 11 établissements.
Ilotton et Gookson. — Liverpool — 7 établissements.
Au point de vue de la répartition des maisons de commerce et des comptoirs dans la colonie, c'est le district de Duala qui vient en tête et c'est le chef-lieu du district de Duala qui compte le plus grand nombre de comptoirs. Le personnel blanc des maisons de commerce de ce district est de 64 employés ; le personnel indigène, de 896.
Le district de Victoria est surtout important au point de vue des plantations; le personnel y est, par suite, nécessairement plus nombreux que dans le district de Duala; il est de 109 employés blancs et de 4.118 indigènes. Dans ce total, la société Ouest Africaine de plantations « Victoria » entre à elle seule pour 44 employés blancs et 1 .000 à 1 .200 indigènes.
Dans le district de Kribi, les employés blancs sont au nombre de 242.
Dans celui d'Edea, il y a 7 employés blancs et 25 indigènes.