Chaudières, rives nord, Hull
8. Chaudières, rive sud, Ottawa Petites chaudières...... Rte de
Rapides des Chênes Station des Chats Tête des Cha
Portage du Fort.......... dérives rs Lamontagne................ 4 En vi 12. Calumet...........,........... deu 18. Rapides de Joachim 249 ‘‘
Il y a aussi des glissoires et des estacades sur quelques affluents de l’Ottawa :—
Rivière Gatineau
Coulonge
Noire
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On a souvent déploré la destruction de nos forêts. Le feu cause des dégâts considérables, et ça se comprend, puisque la plupart. des localités où l’on fait de la terre neuve ne
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sont desservies par aucune voie facile pour transporter le bois de chauffage ou tout autre bois qui ne flotte pas. Alors on se sert du feu pour débarrasser la terre de cet obstacle à la culture, Et puis le défricheur, il faut le dire, semble regarder le bois, qui lui a donné beaucoup de misère, comme un ennemi dont il faut se débarrasser. Il n’est pas rare de voir dans les grandes côtes des champs entiers n'ayant pas même assez d'arbres pour protéger les animaux contre les ardeurs du soleil, L’on a tellement dépouillé le pays d'un ornement, qui est en même temps très sain et très avantageux pour l’agriculture, qu'on est arrivé à changer le caractère des saisons, Des hommes intelligents s’en sont ef” ayés, ont jeté le cri d'alarme, et des lois ont été passées pour protéger nos forêts,
Ces lois ont des dispositions énergiques pour protéger les forêts contre la destruction par le feu,
Elles pourvoient à mettre à part, sur des terres publiques, des lots spécialement boisés,
La Législature de Québec a, en 1882, passé un acte pour encourager la culture des arbres forestiers. Elle accorde même une prime à celui qui aura planté d'arbres au moins un acre de terre dont il sera le propriétaire ou l’usufruitier,
Et pour engager les citoyens à reboiser leurs champs, une féte a été instituée pour permettre, le jour de la fête des arbres, aux hommes de bonne volonté, de rendre aux champs une partie des dépouilles qu'on leur a enlevées sans ménagement,
Les commerçants de bois, pour leur part, ont taillé sans merci dans nos forêts, et ont fait un gaspillage déplorable, Nous avons traversé des régions sur la Rouge où gisent encore ces cadavres géants qui ont été dédaignés dans le temps parce qu’ils avaient quelques défauts qu'on leur pardonnerait bien aujourd’hui,
Jusqu'à présent on n’a guère exploité que des bois de
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construction, mais que d’espèces pourraient être utilisées dans différentes industries! Nos forêts sont peuplées de variétés qui, travaillées, remplaceraient avec avantage les bois qui nous viennent de l'étranger sous tant de formes différentes.
Le lecteur trouvera la nomenclature des espèces qui ont été exposées en 1862, à l'exposition universelle de Londres, et classifiées dans le rapport de M. J. C. Taché. Toutes ces espèces se trouvent =" les cantons du Nord.
Qu'on me permette de parler de l'utilité de quelquesuns de ces bois, car beaucoup d'entre eux peuvent ne pas être appréciés à leur juste valeur, à l'étranger surtout, A tout seigneur tout honneur: commençons par notre arbre national, celui dont la feuille est sur nos drapeaux canadiens-français, et sur nos poitrines, le jour de la Saint-Jean- Baptiste. L'ÉRABLE est l'arbre de haute futaie qui nous offre le plus d'utilité quotidienne. C’est le meilleur de tous les bois francs. Il est sec, sonore et brillant. Il n’est pas même sujet à se tourmenter ni à se fendre. Avec ces qualités il est aisé de voir qu'on peut très bien l'employer dans l’ébénisterie. Aussi fait-il de très beaux meubles; , l'érable piqué surtout fait de superbes placages, J'ai vu chez M. Bélanger, ébéniste, à Montréal, une garniture de salon très riche faite en érable piqué. L'église du Gésu, à Montréal, possède plusieurs autels plaqués de ce bois qui sont d’un très bel effet. Aussi ce bois est-il recherché des luthiers, des ébénistes, des menuisiers, des tourneurs et autres, Comme bois de chauffage l’érable est incomparable, surtout celui qui croît sur des terrains rocheux, pourvu qu'il soit bûché hors la saison de la sève, Son prix est parfois très élevé et on l'a vu, à Montréal, monter jusqu'à quinze piastres la corde, La cendre en est très riche en potasse. Aussi était-elle, dans le temps où la potasse se
vendait bien, une grande ressource pour le colon qui
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ramassait la cendre de son bcis consumé et l’expédliait, réduite en alcali, à la ville, Dans ce temps, — je parle de trente-cinq ans, — on voyait presque toujours le colon monter sur ses lots, avec une chaudière à potasse, Et tout le long de la route, depuis les paroisses les plus éloignées du Nord jusqu’à la ville, on rencontrait des habitants qui descendaient avec un quart, quelquefois deux. Ils ne se rendaient pas tous à Montréal, qui était leur marché naturel pour ce produit, car ils le vendaient quelquefois aux marchands des villages intermédiaires qui en faisaient le trafic. Quelquefois même on le laissait pour une dette contractée à l'avance pour des vivres, L’érable renferme plus de 25 pour cent de potasse,
Le sucre que l’on fait avec la sève de l’érable est d’une finesse exquise. Dans les cantons du Nord on exploite peu cette industrie et les sucreries y sont généralement sur un très mauvais pied, On agit différemment dans les cantons de l'Est où chaque cultivateur a sa sucrerie avec des appareils puiscants d'évaporation, L'ami Thibault, le célèbre Thibault, possède sur sa ferme de Sutton une sucrerie où il fait du sirop à s’en lécher le pouce et l'index. J'ai sous la main une petite brochure publiée par A. J. Cook, intitulée : “ Maple Sugar and The Sugar Bush”, où l'auteur assure qu'un gros érable peut produire annuellement pour 650 cts de sirop. Et dire que chaque cultivateur a des milliers d’érables sur sa propriété,
Le CHÊNE est grand. Il est d’une haute utilité en Europe et en Amérique, Pour les savants, disons qu'il était en grande vénération chez les anciens Grecs qui prétendaient que cet arbre rendait des oracles. Nos ancêtres, les Gaulois, n’avaient pas moins de respect pour lui. Les Druides allaient, une fois par an, avec les plus grandes cérémonies, couper avec une serpe d'or le gui du chêne. Chez les modernes, ses feuilles tressées forment la couronne
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civique donnée au citoyen vertueux, comme symbole de la liberté et comme expression de la reconnaissance publique.
Le bois du chêne blanc, que l'abbé Provancher appelle Quercus alba, et qui porte le gland doux, est dur, élastique, très pesant, très résistant, L'arbre a une hauteur de 60 à 80 pds sur un diamètre de 3 à 4 pds, On l’emploie dans les bâtisses pour faire les charpentes, les portes, les fenêtres, les boiseries, etc. Il sert pour la construction des navires et la menuiserie, (On en fait des douves et des cercles de tonneaux. Les menuisiers en fabriquent des meubles, les charrons des jantes, des raies pour les roues de voiture. Les sculpteurs l’'emploient pour la décoration des monuments.
Le chêne rouge, que l'abbé Provancher appelle Quercus rubra, est un arbre de 60 à 70 pds avec un diamètre de 3 à 4 pds à écorce crevassée et il produit des glands amers. Son bois est d’un grain grossier, poreux, roussâtre, inférieur à celui du chêne blanc, mais fournissant un excellent combustible,
Le gland rôti sert à faire un café bon aux personnes rachitiques et faibles. Légèrement torréfié, le gland est bon contre la dyssenterie et la coqueluche, Le gland râpé est bon contre la colique venteuse, Les glands engraissent rapidement les porcs dont la chair acquiert, avec cet engrais, un fumet de sanglier.
L’écorce des chênes fait du tan utile dans la fabrication des cuirs. Lorsque cette écorce a servi, on la fait sécher et on l’emploie comme combustible. Les jardiniers emploient dans la préparation de leurs couches l'écorce qui a servi aux tanneurs.
Le HèTRE dont le fruit à trois angles, d’un brun luisant, s'appelle faîne, est un arbre de 50 à 60 p., à écorce grisâtre presque sans crevasses ni gerçures.
Le bois du hêtre est sujet à se fendre et à se tourmenter éprouvant par la dessication un retrait considérable, cepen
dant d’un grain serré qui le fait rechercher pour les montures des outils de menuisiers. Il convient au chauffage, même vert, moins cependant que l’érable et le bouleau, Le charbon qu'on en tire est estimé, Quoique propre à la charpente et à la menuiserie, il est sujet aux vers, sujet à se rompre. On s’en sert dans la marine pour les pièces de bois qui doivent être continuellement submergées, car il se conserve bien dans l’eau. On en fait, en outre, des bordures de tamis et des cribles, des caisses de tambours, des jougs de bœufs, des pelles, des battoirs, des rouleaux, des jantes de roues, des socs de charrue, des bois de ï1asils communs, des sabots, des manches de couteaux,
Son écorce peut être employée pour le tannage des peaux. La volaille et les animaux frugivores en général aiment beaucoup les fatnes ; les cochons surtout en sont friands, et ils engraissent rapidement sous l'influence de cet aliment; mais la chair et le lard de ces animaux sont alors moins bons que lorsqu'ils se sont nourris de glands ou de grains. J'amande de la faîne est agréable à manger, mais devient un poison prise avec trop d’abondance, On en retire une huile excellente qu’on peut employer dans les cuisines pour la préparation de certains mets; elle est aussi très bonne à brûler. On peut utiliser les feuilles des hêtres en les donnant aux moutons qui les mangent avec plaisir, même lorsqu'elles sont sèches.
Le TILLEUL ou bois blanc est un bel arbre qui orne bien les parcs. A l’aide de la taille on peut lui faire former des allées voûtées, des amphithéâtres, des galeries, ets. Il se prête facilement à tous les caprices que les ciseaux du jardinier lui imposent, Il parvient à une grosseur prodigieuse, On a vu des tilleuls de 30 pieds de tour. Le bois du tilleul est blanc, plein et léger, mais liant et facile à travailler, Il est excellent pour la sculpture et pour le tour. On en fait des touches de pianos, des vases, des sabots, des pelles, des fonds et des panneaux de voitures.
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Son écorce interne est très forte ; on en fabrique des cordes, des lignes qui pourrissent difficilement,
On dit que le miel que les abeilles butinent sur les fleurs du tilleul est toujours d’une qualité supérieure.
Comr:e combustible il est peu estimé. Son charbon peut servir à la fabrication de la poudre à canon.
Les feuilles peuvent être utilisées comme fourrage, même quand elles sont sèches,
La sève du tilleul contient du sucre. On fait avec ses fruits et quelques-unes de ses feuilles broyés ensemble, une espèce de bon chocolat, mais qui se détériore vite.
Les fleurs employées en médecine agissent principalement sur le Système nerveux. On les administre en infusion comme sudorifique,
L'ORME est un des plus grands arbres de nos forêts. Son bois est plein, ferme, souvent rustique, difficile à cravailler et sujet à se tourmenter. C’est pourquoi on s’en sert peu pour la charpente. Les loupes fournissent aux ébénistes des lames de placage, sillonnées de veines nombreuses. On fabrique encore avec l’orme des charrues, des herses, des jarrets de roues, des essieux. (Comme son bois se conserve bien dans la terre et sous l’eau, on en fait des tuyaux et des corps de pompe.
Les feuilles de cet arbre servent à nourrir les bestiaux et conviennent même aux cochons lorsqu'on les fait bouillir, Son écorce est astringente et peut être employée au tannage des cuirs, Avec les couches intérieures de son écorce on fabrique des liens et, des cordes grossières,
L’écorce et les feuilles de l’orme rouge macérées dans l’eau produisent un mucilage qu’on emploie encore contre le rhume et la toux, ou comme émollient maturatif à la place de la guimauve. La poudre d’orme fait d'excellents cataplasmes pour combattre les inflammations.
Les Américains ont choisi l’orme pour l’arbre symbolique de leur liberté, Il forme un majestueux ornement,
Les fleurs de l’orme sont antispasmodiques, diaphorétiques.
L’amande du fruit pulvérisée et prise comme du tabac, arrête le saignement de nez.
L’'AULNE a la propriété de se conserver dans l’eau : on en fait des tuyaux pour conduire les eaux. Comme il a la texture fine et serrée, il se travaille bien. Il est d’une ni. belle couleur, et peut être employé pour des meubles, des ouvrages de menuiserie et de tour.
L'écorce est astringente et fébrifuge et sert à la teinture des cuirs, etc. La racine de l’arbre est employée en médecine contre l'asthme et contre les rhumes anciens, Elle facilite la digestion des estomacs paresseux. On trouve dans les pharmacies un vin d’aunée qui convient aux personnes faibles. Les vétérinaires administrent l’aun£s aux animaux domestiques pour leur donner de l'appétit et de la force, Les feuilles appliquées fratches sont un excellent tonique pour les tumeurs.
Le FRÈNE est un grand arbre dont le tronc est fort droit. Son bois est ferme et liant. Il est d’abord tendre, flexible et facile à travailler ; mais avec le temps, il devient raide et fort dur. On l’emploie rarement pour les ouvrages de charpente: il convient au charronnage; on en fait des échelles légères, des bâtons tournés, des manches d'outil des chaises, des cercles et autres ouvrages qui demandent de la légèreté et de la fermeté, L’écorce est tonique et astringente. On emploie ses loupes pour le placage des meubles de prix. Ses feuilles conviennent aux moutons, aux chèvres et aux bœufs, Son écorce sert à teindre les laines en bleu. C'est surtout sur cet arbre, qui a le privilège d'attirer les insectes, que l’on récolte les cantharides.
Le CRARME vient rarement d’une bonne grosseur, Son tronc est court, mal proportionné. Son bois, qui est blanc, est très dur et compact, Comme il est liant, il est fort bon