LE8 MARQUISES
La population indigène de la seule ile de Nouka-Hiva a pass*^ en quelques années de 6 000 à 1 000.
Les Marquisans sont d'ailleurs moins avancés en civilisation que les Taïtiens. La propriété individuelle n'existe pas chez eux ; chacun n*a que la jouissance momentanée des biens que concède le caprice du chef. Les enfants, qui sont très aimés, gâtés même dans tout le pays, n'appartiennent pas au père et à la mère mais à la personne qui les a adoptés : aussitôt qu'une femme est enceinte, il se trouve toujours une famille pour retenir son enfant et la mère adoptive a le plus souvent elle-même abandonné son enfant à une autre. On voit que l'état civil aura quelque peine à fonctionner régulièrement.
Les Polynésiens appartiennent à la sous-race Maori, qui occupe toute l'Océanie, depuis la Nouvelle-Zélande jusqu'à l'île de Pâques. C'est une race magnifique, dit un voj-agenr contemporain, digne de donner des modèles à la statuaire; les femmes sont surtout remarquables parles épaules, les bras et les mains; mais leur visage est tout au plus supportable, tandis que les hommes seraient souvent jolis sans les tatouages en teinte plate qui les défigurent. Le tatouage le plus compliqué est en efiet fort répandu dans le pays. Cette coutume se perd cependant, à mesure que s'avance la civilisation. C'est le même phénomène que nous constatons encore chez nousmêmes, dans nos vieux pays civilisés, où les tatouages se sont conservés, on peut le dire, en raison inverse de l'instruction. Au moral ce sont de grands enfants sans les grâces de l'enfance. Ce qui frappe le plus, c'est l'absence de tout sentiment autre que celui de la vengeance.
IV. Exploitation et administration. — La culture aux Marquises pourrait être très développée. On y trouve l'arbre iifti\n{A7*tocarpus i9icisa)j Tigname, le taro, la canne âsucre, la mangue, la pommecythère, la goyave. Dans la petite Ile Vaitahou, l'ancienne Santa-Cristina des navigateurs espagnols, il existe d'immenses forêts de santal, qu'on a malbea-
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reuflemmit détruites en partie. Le coton importé a bien réussi.
n 7 a peu de temps que nous avons eu à venger chez eux le massacre d*un Européen.
Depuis lors on a décidé que le résident aurait désormais sous ses ordres une compagnie d*infanterie de marine et un bâtiment, dont il sera même probablement commandant. On lui donne une position analogue à celle qu'avait autrefois le commandant de Grand-Bassam.