‹ La comédie à VeniseChapitre 30 sur 100 · SCÈNE IV LES MEMES, TRAPPOLA, garçon de café · texte numérisé non relu

SCÈNE IV LES MEMES, TRAPPOLA, garçon de café

Trappola, de l'intérieur. — Me voici.

Don Marzio. — Viens ici. Va chez le joaillier ici près, fais-lui voir ces pendants d'oreilles, qui sont à la femme du seigneur Eugenio. et demande-lui, de ma part, si je suis à couvert des dix sequins que je lui ai prêtés.

Trappola. — De suite. Donc ces pendants d'oreilles sont à la femme du seigneur Eugenio ?

Don Marzio. — Oui, il est absolument sans le sou; il est mort de faim.

Ridolfo, à part. — Pauvre homme! En quelles mains il est tombé !

Trappola. — Et cela ne fait rien au seigneur Eugenio de mettre tout le monde au courant de ses affaires?

Don Marzio. — Je suis un homme à qui l'on peut confier un secret.

Trappola. — Et moi, je suis un homme à qui l'on ne peut rien confier.

Don Marzio. — Pourquoi ?

Trappola. — Parce que j'ai le défaut de tout répéter.

Don Marzio. — Grave, grave défaut. Si tu agis de la

sorte, tu perdras ton crédit, et personne ne se fiera à toi.

Trappolo. — Mais je puis faire comme vous, et répéter à un autre ce que vous m'avez dit.

Don Marzio. — Va voir si le barbier peut me faire la barbe.

Trappola. — J'y vais. (A part.) Pour dix liards il veut boire son café et avoir un domestique à ses ordres l (Il entre chez le barbier.)

Don Marzio. — Dites-moi, Ridolfo, que fait cette danseuse qui habite à deux pas?

Ridolfo. — En vérité, je n'en sais rien.

Don Marzio. — On m'a dit que le comte Léandrel'a sous sa protection.

Ridolfo. — Permettez, seigneur, le café va bouillir. (A part.) Je vais vaquer à mes affaires. (77 entre dans sa boutique.)

Don Marzio, resté seul avec Trappola, en profite pour l'interroger au sujet de la danseuse qui habite en face du café. Deux mots de Trappola lui suffisent pour imaginer tout un roman qu'il s'empresse de débiter à Ridolfo.

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