‹ La comédie au coin du feuChapitre 124 sur 200 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

CONTRAN et LUCIE, revenant sur la scène.

LUCIE. = Je le dis que je ne veux pas te quitter sans te désabuser sur le compte de cette demoiselle !

GONTRAN. = Je te défie de me prouver la moindre de tes calomnies. Quelque fat aura parlé d'elle devant toi.,.

LUCIE. == Quelque fat! Oh! si je voulais... si j'avais le

temps... (Elle se promène sur la scène.) Sais-tU OÙ elle est Ce

soir?

GONTRAN. = Au bal de l'ambassade d'Autriche I

LUCIE. = Avec toi?

GONTRAN. = Pourquoi ces questions?

LUCIE. = C'est que je t'estime trop pour te laisser descendre à épouser une femme qui...

GONTRAN. = Qui?... parle!... Que sais-tu?

LUCIE. = Ohl rien, (a part.) J'ai trouvé! 11 faut que je découvre une femme rousse. Il y aura dès demain deux demoiselles Marcelli dans le monde parisien; on les confondra au bois et au théâtre. Contran y sera pris.

GONTRAN. = Je veux que tu t'expliques.

LUCIE. c= ^*on.

GONTRAN. = Je le veux!

LUCIE. = Écoute. Nous ne sommes plus que des amis. Soupe avec moi au café Anglais; je te dirai tout ce que je sais de ton Italienne.

G o N T R A N . =3 Ah ! c'est de la démence !

LDCiE. = Eh bien, bonsoir I

GONTRAN.= Eh bien, je souperai avec toi. Je vais me décommander au grand 16.

Il s*éIoigne»

LUCIE. = Je le savais bien... Je t'en ferai voir de drôles. Oq n*est pas une comédienne comme moi sans faire la comédie, tant pis I Tout à l'heure je lui montrerai sa fiancée en conversation criminelle dans un cabinet particulier du café Anglais. Mais il me faut une fille qui lui ressemble.

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