‹ La comédie au coin du feuChapitre 52 sur 200 · LA VALLIÈRE · texte numérisé non relu

LA VALLIÈRE

MADAME DE MONTESPAN, atterrée. = Qui douc m'a trahie? Madame Scarron?... Je ne lui ai fait que du bien, Lauzun?... Si c'est lui, il a bien joué la surprise!... Non. ce n'est pas cela!... Qui donc alors?... Mademoiselle de la

Vallière ? (L*apercovant, elle s*en approche d'un air égaré.) Ah! c'cst

▼eus! c'est vous!

MADEMOISELLE DE LA VALLIÈRE, la regardant avec compassion. = Moi ? Pauvre femme I

MADAME DE MONTESPAN = Eh quoi ! VOUS mo plaignez?... Ce n'est donc pas vous?... Mais non, puisque vous restez là quand les autres m'abandonnent ! Et vous avez de

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la pitié pour moi qui, tout à Theure encore, tous raillais si cruellement! C'est vous qui Tenez à moi quand je souffre? C'est TOUS qui me tendez la main? Ah! mon cœur éclate,

Louise!... chère Louise !... (EUe tombe .en plenn dans les bras de midomoiselle de la Yallière et r^arde le portrait.) J'ai peUT de Ce portrait, c'est mon châtiment qui Tient de s'annoncer.

u A DEMOISELLE DE LA TALLiÈRE. = Madame! c'est TOUS qui pleurez !

MADAME DE MONTESPAN, tombant à ses pieds. = Oh! madame, pardonnez-moi!

MADEMOISELLE DE LA TALLIÈRE. = ReleTeZ-TOUS !

MADAME DE MONTESPAN. = Nou, je ne me relèverai

pas sans TOtre pardon ! (Répondant à an geste de mademoiselle de la

Yallière.) J'ai été cruelle... mais si tous saTiez ce que je souffre, moi aussi!

MADEMOISELLE DE LA T A LLI ÈRE, la relevant. = VoUS SOuffrez, TOUS?

MADAME DE MONTESPAN. = Toutes Ics tortures de la jalousie.

MADEMOISELLE DE LA TALLIÈRE. = VoUs!.,.

MADAME DE MONTESP AN. = Eh ! commeut uo serais-je pas jalouse en tous Toyant si touchante et si belle, car je ne crois pas aux Carmélites, moi. Le roi tous arrachera encore. Comment Toulez-Tous que je ne pense pas que tôt ou tard tous reprendrez le cœur de Louis?

MADEMOISELLE DE LA TALLIÈRE. = C'est MCU fînî^

madame.

MADAME DE MONTESPAN. = Ah! c'est mou fatal amour pour le roi qui m'a rendue si méchante pour tous. Vous souTcnez-TOus ? Autrefois nous nous aimions bien, quand nous aTÎons le cœur libre et content ? Ah ! l'amour, c'est l'enfer.

EUe s^éloigne à droite.

MADEMOISELLE DE I A TALLIÈRE. = Quand ce u'cst paS

le ciel, puisque le malheur tous a donnée au roi, ne tou-

chez aux choses de ce monde que pour faire un peu de bien, que toute votre ambition soit dans votre cœur, ne faites ni la faveur ni la disgrâce, et ne dites jamais comme le roi : l'État, c'est moi,

MADAME DE MONTESPAN. = Mon ambition ! Mais je n'ai que celle d'être aimée du roi. Et encore si monsieur de Montespan. (Elle baisse la tête.) Il ne me pardonnera pas... ni mes enfants non plus... Vous, madame, pardonnez-moi, parce que l'amour a été mon excuse, parce que vous êtes une sainte et que moi, hélas ! je ne suis qu'une femme I

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