SCENE PREMIERE iLAUZUN, JEANNE
Au lever du rideau, Lauzun, en habits de voyage, traverse la scène.
LAUzuN. = Ah I c'est vous, Jeanne?...
JEANNE, arrivant par le parc. == Monsieur de Lauzun ! LAUZUN. =1 Où est donc la marquise?
JEANNE. = Pouvez-vous le demander?... Elle est à la messe.
LAUZUN. = Elle a donc bâti une chapelle ici?
JEANNE. = Madame la marquise en a bâti deux!
131 LA G0M£D1B AU COIN DU tKlS
LAFONTAINE. = Ouî, tCnds-moi la perche! (Elle lui donne
la main, il sort du fossé.) J'ai trouvé ma fable l
Un astrologue un jour se laissa choir Au fonds d'un puils. On lui dit : pauvre bête, Tandis qu'à peine à tes pieds tu peux voir, Penses-tu lire au-dessus de ta tête?
Entendant les rires de Jeanne.
Eh bien ! qu'a donc cette petite folle ?...
JEANNE, montrant à Lafontaine son habit couvert d*herbes et devenu
vert. = Vous ne voyez donc pas que votre habit marron est devenu vert.
LAFONTAINE. = Oui ! m'est avis que je ne ferai pas mal d'aller m'arranger un peu.
Il va pour entrer dans le pavillon.
JEANNE. = Adieu, monsieur Lafontaine. Dites donc, puisque je vais me marier, vous allez me faire une fable pour ma noce?...
LAFONTAINE. = Nou, mais un conte : La Jarretière de la Mariée.
Il entre dans le pavillon et s^approche du feu où il jette des sarments. Jeanne sort. Madame de Thianges entre dans le pavillon, venant du château.