SCENE XV
Les Mêmes, ROSE ROSE. = Me voilà.
A Mlle Fel,
LA TOUR. = Comment la trouves-tu, ta rivale?
MADEMOISELLE FEL, sans voir. = AfTreUSe.
LA TOUR. = C'est égal, jette-toi dans ses bras. MADEMOISELLE FEL. = Jamais !... Rose!
Elle embrasse sa sœur.
PÉRON.NEAU. — Elle ici!... Je ne m'étais point trompé. MADEMOISELLE FEL. = Rose, ma bonne petite sœur! Comme elle est jolie! Est-ce que je rêve?
LA TOUR. = Oui, c'est un rêve; car nous ne vivons pas, BOUS rêvons.
ROSE. = Ah! ma sœur, comme vous êtes belle! Mais qu'ai-je vu? M. Péronneau!
LA TOUR.= Vous vous counaissez donc?
ROSE. = Si nous nous connaissons !
PÉRONNEAU. = Oui, j'ai eu l'honneur de rencontrer mademoiselle à Saint-Quentin, dans un atelier de dentelles.
ROSE. = J'ai eu V honneur ! Qu'est-ce que c'est que cette manière de parler? Voulez-vous me dire, monsieur, pourquoi vous m'avez dit: Je reviendrai demain^ et pourquoi vous n'êtes pas revenu?
PÉRONNEAU. = J'ai voyagé.
ROSE. = Et moi aussi. Je savais bien que je vous rencontrerais. N'ayez pas peur, je ne vous saisirai pas au collet pour vous dire : Voilà ma main, ma main pleine de vos promesses.
PÉRONNEAU. = Eh bien! moi, je me saisis au collet et je me condamne à mourir de chagrin ou à vous épouser.
MADEMOISELLE FEL. = Comme ils y vont!
M. DE LA POPELiNiÊRE. = Je m'invite à la noce et je payerai les rubans.
LA TOUR. = Prenez garde! Vous allez vous ruiner. Ce sont les enfants qui donnent les bons exemples. (AMiieFei.) Si nous finissions comme ils vont commencer?
MADEMOISELLE FEL. = Pas si bêtes !
LA TOUR. = Ils feront de leur vie une histoire, et nous, nous ne ferons de la nôtre qu'un conte...
MADEMOISELLE FEL. = Un contc de Fel,
FIN