‹ La comédie de Dante (volume 2)Chapitre 6 sur 55 · Exilée, commeGuelfc exaltée, \ani, en 12G · texte numérisé non relu

Exilée, commeGuelfc exaltée, \ani, en 12G

Pour un peu fie beau temps et de ciel azuré.

J'implorai le Seigueur ver^ la fin de ma vie, Pour mourir dans sa paix ^'. A la dette pourtant N'eût pas certe suffi mon retour péoitent, Si, de douce pitié pour moi Tâme remplie, Kerre Pettignano n'eût, en bon souvenir, De saintes oraisons daigné me subvenir ^\ Mais toi, qui donc es-tu, qui de nos destinées Vas ainsi t'enquérant, l'œil librement ouvert, Ce me semble, en parlant toi qui respires l'air " ?

Et moi : — Seront de même à la nuit condamnées Mes paupières ici ; mais non pas pour longtemps , Car d'envieux regard^ fBn-poursuivant les gens, Je n'ai guère péçbé'^ : me trouble davantage La crainte des tourments que l'on souffre plus bas; Je sens déjà le faix apesantir mfis pas ''. —

Et qui donc, reprit-elle, a pu dans ce parage

S9. Elle serait alors re,venue aux opinions gibelines, qui dominaient dans sa famille.

30. C'était un Florentin du tiersordre de Saint-François, qui vivait en ermite dans la montagne de Chianti, ft sept milles de Sienne, et qui, très-probablement^ s'étant exilé du milieu des siens podp adorer Dieu à sa manière, avait ramené Sapia aux croyances des Gibelins.

(Foy. Tommassi St, di Sienna, II, 238, et Gigli, Diano Sanese.) Le parler subtil, arguto, recommandé par Virgile, et mis en œuvre par Dante, consiste à avoir fait de Sapia une chrétienne peu charitable souhaitant des revers à ses compatriotes, lorsqu'il voulait la représenter, en réalité, comme coupable d'avoir * abandonné la cause des siens et pris parti contre eux , par aveuglement catholique. FA c'est en la montrant

pleine de repentir et de résignation qu'il a pris soin d'appuyer du celé opposé à celui où il aurait pu choir, onde coder si puote,

31. Toi dont les yeux sont dessillés au milieu de tant d'aveugles, occhi sciolti, et qui te permets de raisonner comme un vivant parmi les morts, pour quf brille en vain le soleil -raison ; spirando ragionù

32. Je n'ai à me reprocher d'avoir voulu du mal aux Gibelins, mes frères, que pendant les premières années de ma carrière politique, où les précédents de ma famille me firent suivre la bannière des Guelfes.

33. Mon plus grand tort a été de subir trop longtemps le joug de l'autorité pontificale, cette lourde pierre, qu'il faut porter les genoux ployés ; et d'avoir un peu péché par orgueil de famillp.

LB PURGATOIRE

ramener parmi nous, si tu penses un jour Au bord inférieur te trouver de retour»*?

Celui qui, près de moi, se tait, dis-je. A cette h eure Tu sauras que je vis; ainsi requiers de moi, Espritqu*attend bientôt la céleste demeure, Ce qu^au séjour mortel je puis faire .pour toi. '

Oh I c'est signe évident que Dieu t'aime, dit-elle, Tant c'est chose inouïe et de tout point nouvelle. En priant veuille donc parfois me secourir.

Je te conjure encor, par ton plus cher désir, Si tu foules jamais la terre de Toscane , Chez les miens d'effacer ce qui peut me ternir ^\ Ils sont parmi ces gens d'humeur vaine et profane *' Qui sur Talamoné fait les plans les plus beaux Et, non moins qu'à chercher le cours de la Diane, Qui s'abuse, mais plus encor ses amiraux ^\

34. Elle comprend difficilement comment celui qui a une fois secoué Tobéissance envers TÉgUse, peut se résoudre à se courber de nouveau sous son joug.

35. De leur dire combien j'ai de repentir de mes déportements guelfes.

36. Parmi ces Siennois si mobiles qui, changeant à tout vent, passent

si facilement des Gibelins aux Guelfes.

37. Les Siennois avaient dépensé de fortes sommes pour leur petit port de Talamoné, dans Tespoir de le voir rivaliser avec celui de Plâe, et pour faire revenir à ia surface du sol une rivière qu'on supposait avoir coulé anciennement sur leur territoire. Voy. Crontc Sanese^Muran tori, XV.

Quel est sur notre mont celui qui , d'un pas ferme , Se promène avant d'être affranchi par la mort , Et dont s'ouvre à son gré la paupière et se ferme * ? *

J'ignore quel il est. J'ai reconnu d'abord Qu'il n'est pas seul ici. Fais-lui, toi, ta prière , Étant plus près , et sois courtois en ta manière * , Afin qu'à nous ré])ondre il puisse être amend.

De moi parlaient ainsi , l'un vers l'autre incliné , Deux Esprits, à ma droite , et bientôt, en arrière Tous les deux renversant leur front , l'un d'eux me dit ; . Ame, qui n'ea pas libre encor de la matière * Et qui t'en vas au Ciel, à nos yeux interdit. Par charité , consens à nous faire connaître D'où tu viens , qui t'amène, enfin qui tu peux être. Tant dé grâce envers toi nous laisse stupéfaits , Comme un fait inouï qui ne s'offrit jamais.

A quoi je répondis : — Falterona voit naître Un fleuve, faible encor, qui promène ses eaux A travers la Toscane et ses riants coteaux ,

1 . Quel est celui qui , vassal de cette mort, dont la piété est ennemie, morte villana dipietà nemica, lise h son gré de sa raison pour voir les choses sous Jeur véritable asjipct? Voy. p. 372 àesRMl.

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