‹ La comédie de l'apôtreChapitre 29 sur 71 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

(Il fait petit jonr.)

LÉTOCART, puis DIGONEAUX

Létocart, armé d'un mauvais fusil, fait sentinelle au fond du théâtre. Peu à peu sa marche se ralentit ; il pose son fusil contre un arbre, s'assied et finit par sommeiller.

DIGONEAUX

Voyons si le pays a été bien gardé cette nuit... Nous n'avons peut-être pas choisi l'endroit le

plus riant pour établir notre ville; mais nos sociétaires paraissaient si pressés de s'installer en pleine nature que j'ai cru devoir me rendre à leurs désirs en campant près d'une forêt vierge... Quand il était si facile de fonder la colonie auprès de celle des Américains!... Petit à petit, je ferai comprendre à nos sociétaires qu'il est de leur intérêt de se rapprocher d'une ville. Aujourd'hui, ce qui est plus important, s'ouvre le scrutin; acclamé de nouveau père de la colonie... à une forte majorité, je l'espère, et armé de nouveaux pouvoirs, je forcerai mes frères à subir mes idées... Pour être heureux l'homme doit être gouverné... Mais je ne vois pas de sentinelle ce matin, (ii cherche.) Nous étions bien gardés ! — La sentinelle dort. . . (ii va à Léto-

cart et le secoue.) CLl !

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