CELA
Vers l'année 1900, alors que bien des œuvres magnifiques, très en vedette sur les affiches d'aujourd'hui, seront oubliées, peut-être se rencontrera-t-il un esprit en avant qui cherchera dans le tas des œuvres laissées de côté par les Bottom du xixe siècle.
Qui sait (moi-môme je me laisse volontiers entraîner par une douce utopie) si un initiateur ne se rappellera pas la Com:die de V Apôtre! Les peintures qui en forment le fond sont éternelles; elles vont des Gracques à Babeuf, se continuent de
nos jours et subsisteront tant que le monde sera monde.
Le non-style, un vêtement que Remploie de préférence pour habiller mes personnages, n'offre pas le défaut des broderies et des panaches à la mode du jour si faciles à se faner.
Je ne me suis pas toutefois privé des agréments et des jeux de scène que réclame le théâtre; aussi j'espère que, lors des représentations futures de cet ouvrage, le public me tiendra compte du soin avec lequel ont été réglés le divertissement du troisième acte et surtout le ballet des Origines de l'homme; les véritables connaisseurs reconnaîtront indubitablement le respect des maîtres qui plane au-dessus de la partie chorégraphique de cette œuvre et j'avoue, malgré mon peu de respect pour .la tradition, qu'en cette matière je me suis souvenu des classiques enseignements du regretté monsieur Petipas.
En 1900, la Comédie de V Apôtre, qui ne se rattache à aucun système, à aucune école, paraîtra peut-être plus moderne qu'en 1886, date de sa publication.
C'est pour ces raisons, et non par taquinerie,
qu'on a introduit dans l'épilogue le tableau des personnages, qui n'avait que faire à la suite de Ceci n'est pas du théâtre.