‹ La comédie de MolièreChapitre 10 sur 94 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

MASOARILLE, deux porteurs,

MASCARILLE

Holà t porteurs, holà I Là, là, là, là, là, là. Je penso que ces marauds-là ont dessein de me briser à force de heurter contre les murailles et les pavés. H LES PRÉCIKU6ES RIDICULES.

PREMIER PORTEUR

Damol c'est que U porte est étroite. Vous avez voulu aussi que nous soyons entrés jusqu'ici.

MASCARILLB.

Je le crois bien. Youdriez-vous, faquins, que j'exposasse l'em-bonpoint de mes plumes aux inclémences do la saison pluvieuse, et que j'allasse imprimer mes souliers en boue? Allez, ôtez votre chaise d'ici.

DEUXIÈME PORTEUR

Payez-nous donc, s'il vous plaît, monsieur.

MASCARILLB, Hein?

DEUXIÈME PORTEUR

Je dis, monsieur, que vous nous donniez de l'argent, s'il vous plaît.

MASCARiLLB, fut donnant un soufflet.

Comment, coquin ! demander de l'argent à une personne de ma qualité!

DEUXIÈME PORTEUR

Est-ce ainsi qu'on paie les pauvres gens? et votre qualité nous donne-t-elle à dîner?

MASCARILLB.

AhI ah I ahI je vous apprendrai à vous connaître t Ces canailles-là s'osent jouer à moi t

PREMIER PORTEUR, prenant undes bâtons de sa thaise.

Çà, payez-nous vilement.

MASCARILLB.

Quoi? J

PREMIER PORTEUR

Je dis que je veux avoir do l'argent tout à l'heure.

MASCARILLB.

Il est raisonnable celui-là.

PREMIER PORTEUR

Vite donc?

MASCARILLB.

Out-dàt tu parjes comme il faut, toi; mais l'autre est un'coquin qui ne sait ce qu'il dit. Tiens, es-tu content?

' PREMIER PORTEUR

Non, je ne suis pas content ; vous avez donné un soufflet à mon camarade, et... (Utant son bâton.)

MASCARILLB.

Doucement ; tiens, voilà pour lo soufflet. On obtient tout de moi quand on s'y prend de la bonne façon. Allez, venez me reprendre tantôt pour aller au Louvre, au petit coucher.

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