‹ La comédie de MolièreChapitre 4 sur 94 · LA GRANGE, DU CROISY · texte numérisé non relu

LA GRANGE, DU CROISY

DO CROISY

Seigneur La Grange. /

LA ORANGE

Quoit

DU CROISY

Regardez-moi un peu sans rire.

LA GRANGE

lié bien?

DU CROISY

Que dites-vous de notre visite? En ôtes-vous fort satisfait?

LA GRANGE

A votre avis, avons-nois sujet de l'être tous deux? 10 LES PRECIEU8ES RIDICULES.

DU CROISY

Pas tout à fait, à dire vrai.

LA GRANGB.

Pour moi, je vous avoue que j'en suis tout scandalisé. A-t-on jamais vu, dites-moi, deux pecques provinciales faire plus les renciiéries que celles-là, et deux hommes traités avec plus do mépris nuo nous? A peine ont-elles pu se résoudre à nous fairo donner dessièges. Je n'ai jamais vu tant parler à l'oreille qu'elles ont fait entre elles, tant bâiller, tant se frotter les yeux, et deman-der tant de fois : Quelle heure est-il ? Ont-elles répondu que oui et non à tout ce que nous avons pu leur dire? et ne m'avouerez-vous pas enfin que, quand nous aurions été les dernières per-sonnes du monde, on ne pouvait nous faire pis qu'elles ont fait?

DO CROISY

Il me semble que vous prenez la clioso fort à coeur.

LA GRANGE

Sans doute, je l'y prends, et de tetle façon que je me veux ven-ger de celte impertinence. Je connais ce qui nous a fait mépriser. L'air précieux n a pas seulement infecté Paris, il s'est aussi répandu dans les provinces, et nos donzclles ridicules en ont humé leur bonne part. Kn un mol, c'est un ambigu de précieuse et de coquette que leur personne. Je vois ce qu'il faut être pour en être bien reçu ; et, si vous m'en croyez, nou* leur jouerons tous deux une pièce qui leur fera voir leur sottise, et pourra leur apprendre à connaître un peu mieux leur monde.

DO CROISY

Et comment, encore? ,

LA GRANGE

J'ai un certain valet, nommé Mascarille, qai passe, au sentiment de beaucoup de gens, pour une manière de bel esprit; car il n'y a rien à meilleur marche que le bel esprit maintenant. C'est un extravagant qui s'est mi* dins la tôte de vouloir faire l'homme de condition. Il se pique ordinairement de galanterie et de vers, et dédaigne les autres valets, jusqu'à les appeler brutaux.

, DO CROISY

Hé bien! qu'en prétendez-vous faire?

' LA GRANGE

Ce que j'en prétends faire? 11 faut... Mais sortons d'ici aupara* vant. „

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