ACTE IV, SCENE II. ï
chaleur, et qu'il ne fera point refus de se soumettre à ce qu'il vous plaira, pourvu que vous vouliez le traiter mieux que vous ne faites, et lui donner quelque personne en mariage dont il ait lieu d'être content.
HARPAGON
Ah I dis-lui, maître Jacques, que, moyennant cela, il pourra espérer toutes choses de moi ; et que, hors Mariane, je lui laisse la liberté de choisir celle qu'il voudra.
MAÎTRE JACQUES. [Il Va OU fils).
Laissez-moi faire. (A Clêante.) Hé bien, votre père n'est pas si déraisonnable que vous le faites; el il m'a témoigné que ce sont vos emportements qui l'ont mis en colère ; qu'il n'en veut seulement Su à votre manière d'agir, et qu'il sera fort disposé à vous acoor-er ce que vous souhaitez, pourvu que vous vouliez vous y pren-dre par la douceur, et lui rendre les déférences, les respects, et les soumissions qu'un fils doit à son père.
CLÉANTE
Ah 1 maître Jacques, tu peux lui assurer que, s'il m'accorde Mariane, il me verra toujours le plus soumis de tous les hommes, et que jamais je ne ferai aucune chose que par ses volontés.
MAÎTRE JACQUES, à Harpagon.
Cela est fait. Il consent à ce que vous dites.
HARPAGON
Yoilà qui va le mieux du monde.
MAÎTRE JACQUES, à Clêante.
Tout est conclu. Il est content do vos prome-ses.
CLÉANTE
Le Ciel en soit loué I
MAÎTRE JACQUES
Messieurs, vous n'avez qu'à parler ensemble ; vous voilà d'ac-cord maintenant ; et vous alliez vous quereller, faute de vous entendre.
CLÉANTE
Mon pauvre maître Jacques, je to serai obligé toute ma vie.
MAÎTRE JACQUES
11 n'y a pas de quoi, monsieur.
HARPAGON
Tu m'as fait plaisir, maître Jacques, et cela mérite une récom-pense. (Il tire son mouchoir de sa poche, ce qui (ait croire à maître Jacques qu'il ta lui donner quelque chose.) Va, jo me souviendrai, je l'assure.
Je vous baise les mains. 80 L'AVAKE. •