SCÈNE IV
HARPAGON, seul, criant au voleur dit le jardin, et tenant tans
chapeau.
Au voleur 1 au voleur I à l'assassin I au meurtrier 1 Justice, juste ciel ! je suiâ perdu, je suis assassiné t on m'a coupé la gorge :on m'a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu'est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t il t Que ferai-je pour le trouver ? Où cou-rir ? Où ne pas courir 7 Nest-il point là ? N'eslil point ici ? Qui est-ce ? Arrête. (A lui-mime se prenant par le bras.) Rrnds-moi mon argent, coquin 1... Ah 1 c'est moi I Mon esprit e.-t troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas t mon pau-vre argent I mon pauvre argent I mon eher ami I on m'a privé de
ACTE V, SCENE I. 81 toi ; et, puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support, ma conso-lation, mi j>ie: tout esl fini pour moi, et je n'ai plu* que faire au mon>!e. Sans toi. il m'est invisible 'le vivre. C'en esl fait ; je n'en puis plus ; je me meurs ; je suis mort ; je -uis enterré. N'y a-I-il personn -qui ve lillV me ressusciter, en me rendant non cher argent, ou eu m'apprenati' qui l'a pris? Euh! que dites-vous /Ce n'e-l per-sonne. Il faut, qui que ce soit qui ait fût le coup, qu'avec beaucoup de soin on ail épié l'heure ; ei l'on a choisi iuste<iif ni le temps que je parlais à mon traître de fils. Sortons. Je veux aller quérir la jus-lice, el faire do mer la question à toute m-i mai-on ; à servant" s, à valets, à fi s et à fi le, cl à mui au>si. Que de vcns assemblés I Je ne jette mes regards sur personne qui ne me donne des soup;ons, et tout me semble mon voleur. Hé! de quoi est-ce qu'on p.rie là? de celui qui m'a dérobé ? Quel bruit fait-on là-haut? Ksl-ce mon voleur qui y esl ? De grâce, si l'on si't des nouvelles de mon voleur, je supplie que l'on m'en dise. N'est-il point radié là parmi vous? Ils me regardent tous et se mettent à rire. Vous venez qu'ils ont pari. san< doute, au vol que I on m'a fait. Allons vite, des commissaires des archers. d>*> prévôts, des juges, des gens, d«s potences et -les bourreiux Je veux faire pen>lre tout le monde ; et, si je ue retrouva mon argent, je me pendrai moi-même après.