ANGÉLIQUE, TOINETTE
TOINETTB.
Les voijà avec un notaire, et j'ai oui parler de testament. Votre belle mère ne s'endort point : et c'est sans doute quelque conspira-tion contre vos intérêts, où elle pousso votre père.
ANGÉLIQUE
Qu'il dispose de son bien à sa fantaisie, pourvu qu'il ne dispose F oint de mon coeur. Tu vois, Toinette, les desseins violents que on fait sur lui. Ne m'abandonne point, je le prie, dans l'extrémité où je suis.
TOINETTE
Moi, vous abandonner I J'aimerais mieux mourir. Votre belle-mère a beau me faire sa confidente, et me vouloir jeter dans ses intérêts, je n'ai jamais pu avoir d'inclination pour elle; et j'ai tou-jours été de votre parti. Laissez-moi faire ; j'emploierai toute chose pour vous servir; mais, pour vous servir avec plus d'effet, je veux changer de batterie, couvrir le zèle que j'ai pour vous, et feindre d'entrer dans les sentiments de votre père et de votre belle-mère.
ANGÉLIQUE
Tâche, je t'en conjure, de faire donner avis à Cléante du mariage qu'on a conclu.
TOINETTB.
Je n'ai personne à employer à cet office, quo le vieux usurier Polichinelle, mon amant ; et il m'en coûtera pour cela quelques paroles de douceur, quo je veux bien dépenser pour vous. Pour aujourd'hui, il est trop tard ; mais demain, de grand malin, je l'envoierai quérir, et il sera ravi de...