CARRIÈRES ADMINISTRATIVES
LES EMPLOYÉS
Ceux qui ont visité jadis Toulon et les travaux du port, n’ont pas manqué d’observer comment les messieurs au bonnet rouge ou au bonnet vert se mettent quarante pour transporter un bout de bois que huit hommes manœuvreraient aisément ; six pour déplacer un balai , trois pour déménager un seau d’eau.
Ces travailleurs sont évidemment dépourvus de conviction .
Si , au lieu de faire le voyage de Toulon ou de Cayenne , vous vous transportez tout simplement dans les bureaux de l’administration, vous assisterez exactement au même spectacle.
On y voit ces messieurs se mettre trois pour tailler une plume (on taille
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encore les plumes dans les bureaux) , six pour écrire une lettre, trois pour la plier, trois pour la cacheter, le reste pour la porter.
Là aussi, on manque de conviction.
D’où vient cela? C’est que dans un bagne administratif on n’est pas payé. Le gouvernement en a pour son argent, c’est tout simple.
Aussi le sommeil règne dans les cartons, et les affaires y dorment comme celles de la Belle au bois dormant.
Le moyen de rompre ce sommeil comateux serait tout simplement de réduire le nombre des employés, et d’augmenter largement le traitement de ceux qui resteraient.
Balzac , qui connaissait les employés , le disait déjà il y a trente ans , et depuis ce temps-là rien n’a changé.
Comme les charges seules des employés ont augmenté , il s’ensuit que chacun s’exerce à quelque chose. A côté de la paperasserie de bureau, les différents ministères et l’administration de la Ville ont fourni quelques littérateurs, dramaturges, vaudevillistes, etc.
Alfred de Musset était jadis plumitif à la guerre, et, l’on s’en souvient encore, son chef de bureau, un M. Huillard, sur la feuille, écrivait en marge à côté de son nom :
— Mauvais employé. Fait des vers !
De la guerre, étaient encore A. de la Vergne, Ludovic Halévy, ancien chef de bureau de l’Algérie, Aylic Lenglé, Louis Leroy, Jules Bichard, et en dernier lieu François Coppée.
La liste civile a fourni Germain et Casimir Delavigne , Einpis et les de IVailly. C’est aux finances que nous devons Chain , le charmant et toujours * * 24
joyeux caricaturiste, Hector Pessart, et Henri Meilhac, et Térence Hadot, et Tréfeu, le beau-père fantastique de la Princesse de Trébizonde.
Eugène Verconsin est un des plus aimables et des plus fins produits des travaux publics. Boyer était de la section des chemins de fer, ainsi que Chivot, de l’importante maison Chivot et Duru.
L’épique Billion, le chansonnier joyeux ami de Charlet, Pol Mercier, étaient de la marine.
Philippe Gille , Gabriel Guillemot et Henri Rochefort viennent tout droit des bureaux de la Ville.
Peut-être ce dernier, malgré la maigreur des appointements , voudrait-il y figurer encore.
Combien d’autres dont le souvenir ne se rencontre pas en ce moment sous notre plume !
Dire que ces messieurs étaient tous, ou sont tous encore, d’excellents gratte-papier administratifs, je n’oserais en répondre, mais ceux-là, du moins, doivent bénir l’avarice du budget ministériel qui les a lancés, sous le pauvre abri de ses quatre sous, dans les aventures de la scène et de la plume.
Il est vrai qu’ils sont le bien petit nombre, et que, parmi leurs moins fortunés collègues, bien d’autres sont forcés, pour vivre, d’élever des lapins en chambre, de donner des leçons d’écriture, de tenir des écritures chez des droguistes, ou d’aller en ville poser des sangsues.
Le jour où l’on se décidera à tripler les appointements et à prendre quatre fois moins d’employés, on risquera peut-être de perdre l’épanouissement de quelque Musset, quelque Delavigne ou quelque François Coppée. Mais on ne peut tout avoir, et certainement les affaires en France seront plus rapidement et mieux faites.
La routine est bien souvent la cause des fautes qui se commettent ainsi , au grand détriment des choses publiques.
Et l’on se souvient parfaitement de ce factionnaire qui a été successivement posé et reposé tous les jours pendant quatorze ans, uniquement parce qu’il
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avait été posé la veille, et cela pour empêcher de sortir les paquets d’une porte murée depuis treize ans et demi.
Dans l’administration, les choses se passent ainsi, ou peu s’en faut. Ce qu’on a fait la veille, on le fait aujourd’hui et on le fera demain. Il faudrait une révolution pour changer quelque chose.
Et encore ! les révolutions passent et les employés restent.
Ce qui séduit les pères de famille en quête de situations pour leur progéniture, c’est l’inamovibilité de ces places où l’on reste tant que le souffle fonctionne suffisamment dans les poumons de l’employé , et que ses mains peuvent encore se crisper convenablement sur une plume.
Avoir un fixe, ce fixe fût-il de douze cents francs par an, ne pas être à la merci des espérances ou des craintes !
Là, tout est prévu, depuis l’entrée jusqu’à la retraite.
Examen d’abord, puis surnumérariat ; dix-huit mois de stage passent sur la tête du surnuméraire. Il obtient enfin sa part du budget.
Cela commence à quinze ou dix-huit cents francs, suivant les ministres ou les administrations.
Au bout de dix années, on arrive parfois à devenir commis principal à trois mille francs.
Au bout de vingt ans, on devient sous-chef avec cinq ou six mille francs au plus. Et quand on est parvenu à mettre hors de service deux fauteuils en acajou garnis de cuir vert, on est décoré.
Le grade de chef de bureau est pour la fin finale et pour les heureux. Les ambitieux, les complaisants et les souples arrivent parfois à être chefs de division , ci : douze mille francs : un Pactole ! un rêve !
Les prudents, qui sont arrivés à ce sommet, ne se font jamais nommer directeurs. Il y a déjà là un pied dans la politique, et lorsque viennent les moments critiques on peut se trouver compris dans un coup de balai qui épargne les autres.
Il y avait, il ÿ a peut-être encore au ministère de l’intérieur, un huissier, un homme grave à cheveux blancs, à cravate blanche sérieuse et calme,
portant avec dignité l’habit noir à la française, la culotte courte et la chaîne d’argent. Il habitait la vaste antichambre du ministre, occupé à se chauffer les jambes en hiver et à s’éventer avec un journal pendant l’été; et cela depuis le ministère de M. Casimir Périer (l’ancien).
— Quelquefois, nous disait-il, il me semble que le ministère est à moi. Je suis le seul qui soit resté à son poste depuis tout ce temps. J’ai vu passer
devant moi trente-quatre ministres de l’intérieur. Il y en a qui ne sont pas restés dans le salon à côté plus de six semaines. Ils sont partis pour ne plus revenir, et je ne les ai jamais revus, si ce n’est parfois pour leur faire faire antichambre et les laisser causer un peu avec moi en attendant leur tour.
Il y a eu quatre ou cinq révolutions, je n’en sais plus le compte, car cela ne me touche guère, et, sauf quelques déménagements qui donnent un peu d'aria et qui dérangent un peu pour porter les meubles auxquels je suis habitué de la rue de Grenelle à la place Beauvau, je n’ai pas été troublé dans mon petit train-train depuis une quarantaine d’années.
Il arrive un nouveau ministre , très-bien , je lui apprends ce qu’il a à faire. Il me dit son idée, je lui réponds la mienne, et je fais entrer les gens ou je les mets à la porte suivant le mot d’ordre et les besoins du moment. Ceux
qui entraient auparavant sont consignés, ceux qui étaient consignés entrent, voilà tout. Je connais parfaitement mon affaire.
Je me dis quelquefois, mais c’est rare: Tiens, en voilà un qui n’est pas mal ; quel dommage qu’il ne fasse pas au moins son année! Celui-là m’irait.
Paf ! au bout de quelques mois il a reçu son sac.
Et l’on passe à un autre.
Eh bien, moi qui reste, je vous assure que parfois cela m’a été pénible. Mais enfin on s’y fait.
Celanous était dit vers le commencement de 1870, et depuis ce temps jusqu’au moment où nous écrivons ceci, il s’est écoulé plus d’une demi-douzaine de ministres pour compléter la collection du bon huissier, — s’il n’a pas été mis à la retraite.
Certainement le père prudent qui a pensé à lui donner une situation et un fixe, n’a pas été déjoué dans ses calculs, et son fils a pu régler sa vie avec connaissance de cause, sans avoir d’autre inattendu que quelques gratifications plus ou moins satisfaisantes, suivant que le ministre était satisfait de sa politique, ou grincheux à l’époque où les gratifications fleurissent.
Avec quelques variantes légères, les employés mènent la même vie que l’ huissier, moins l’importance , la chaîne d’argent et l’habit noir à la française.
Il y a des familles et des hommes pour lesquels cette stabilité est un idéal.
Nous devons le dire, au milieu de celte vie mouvementée qui signale notre époque, il est intéressant d’examiner de près quelques-unes de ces existences calmes et uniformes pour lesquelles il n’est pas d’imprévu, et qui n’ont d’autre ambition que celle du devoir rempli.
C’était pendant la dernière guerre, au moment psychologique où il parais-
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sait utile aux ennemis de la France de frapper les repaires où vivaient dans les délices les habitants de la grande Babylone.
Un obus, envoyé par une de ces mains qui se croient une mission de Dieu, vint frapper une maison située dans le haut de la rue du Cherche-Midi.
Là habitaient , à ma connaissance, depuis cinquante-deux années dans le même appartement, deux vieillards, l’un de quatre-vingt-trois ans, l’autre de soixante-dix-sept .
Cette maison ne leur appartenait pas; ils habitaient au troisième étage qu’ils avaient loué, et d’où ils ont vu s’écouler devant eux quatre ou cinq propriétaires.
Dans cet appartement, leur père et leur mère y sont morts, leurs fils y sont nés. Là, ils en ont fait des hommes utiles, dévoués et instruits, destinés à servir modestement et honorablement leur pays en qualité d’employés, comme le chef l’avait été lui-même pendant quarante années avant d’avoir pris sa retraite.
Ils voulaient mourir là où sont nés leurs enfants, là où leurs parents avaient cessé de vivre. L’obus du roi justicier Guillaume, chargé de châtier les vices de la grande Babylone, est venu percer la maison qu’habitait ce respectable et respecté vieillard.
Lui, qui n’avait jamais déménagé, déménagea ce jour pour que l’on pût étayer la maison ébranlée.
Quand la maison fut en état, le vieillard et sa femme y sont revenus, et, quelque temps après, tous deux y sont pieusement morts.
Touchante existence, passée tout entière dans l’exercice de tous les devoirs, sans ambition, sans rêves malsains, sans autre préoccupation que celle du bien.
A ce propos, un trait de sa jeunesse.
M. Grandjean, c’était son nom, longtemps avant d’occuper une fonction élevée au ministère de la marine, était secrétaire particulier du duc Decrès, qui fut ministre de 1805 à 1815 , et il avait toute la confiance.
C’était en 1811, au moment de la guerre avec la Prusse. Un matin, le jeune secrétaire arrive. Le duc était agité, fiévreux, colère.
— Ecrivez, dit-il brusquement au jeune homme, — et il dicte, précisé- ** 25
ment au sujet d’un personnage allemand, une lettre dans laquelle il donnait un ordre des plus rigoureux.
Il marchait en dictant, les mains crispées derrière le dos.
Tout à coup il s’arrêta.
— Comment! Grandjean, vous n’écrivez pas?
— Non, monsieur le duc, dit le secrétaire; ce que vous me dictez est injuste, inique et dangereux. Je n’écrirai pas cette lettre; demain vous vous repentiriez de me l’avoir fait écrire.
Un furieux coup de poing du duc Decrès, dont le caractère était d’une violence extrême, tomba sur la table, faisant sauter en l’air encre, plume et papier.
Et le duc fit cinq ou six fois le tour de la pièce , marchant furieusement comme un tigre dans sa cage.
Tout à coup, il s’arrêta devant son secrétaire.
— Grandjean, lui dit-il en lui tendant la main, vous êtes un brave garçon, vous avez raison, je vous estime et je vous remercie.
En ce temps on donnait encore des tabatières. Le duc Decrès donna la sienne, une belle tabatière en or, à son jeune secrétaire, dont il fit son ami. Après la visite de l’obus, on a déménagé la tabatière.
Si les Français étaient tous ainsi , peut-être serait-il moins difficile de gouverner la France.
LES CARRIÈRES EXCEPTIONNELLES
Parmi les carrières exceptionnelles, celle de prince du sang vient en première ligne. De nombreux avantages sont attachés , il est vrai , à cette carrière , en raison même du petit nombre de gens qui sont appelés à l’embrasser. Mais dans un moment donné elle est sujette à tant de déboires et tant d’ennuis que certains d’entre eux en arrivent à regretter de ne
pouvoir en embrasser une autre.
Les carrières de duc ont aussi quelques avantages et présentent moins d’inconvénients. Aussi sont-elles assez vivement recherchées.
Il est vrai que l’on ne peut s’improviser duc comme on s’improvise de temps en temps marquis , comte ou baron , mais pour peu que vous soyez un très-gros commerçant, large fournisseur ou riche banquier, vous pouvez fort bien, si le cœur vous en dit, procurer à votre petit-fils l’avantage de fournir cette carrière, qu’il saura remplir, à peu de chose près, comme un autre.
Il s’agit simplement de quelques millions de dot à mademoiselle votre fdle.
Vous trouverez toujours, en cherchant bien, quelque petit duc sans le sou qui sera charmé de les ramasser.
Les carrières de marquis, comte, vicomte ou haron sont maintenant semées de chausse-trapes , de désagréments et de non-valeurs. Il faut cumuler ces carrières, honorables à coup sûr, mais improductives, avec celles de propriétaire et de rentier; sans cela elles ne font que vous laisser dans l’embarras et dans la gêne.
— Quels sont vos titres? demandait un jour un chef de service à un solliciteur besoigneux.
— Le titre de baron.
— Hélas ! Monsieur, mieux vaudrait pour vous un titre de rente.
Un titre devient une entrave lorsqu’il s’agit de certaines professions qui enrichissent fatalement et nécessairement leur possesseur.
Il y a des syndics qui gagnent cent mille francs par an et se retirent au bout de douze ans avec maison de ville et maison de campagne.
On ne peut pourtant pas mettre sur les cartes de visite :
Monsieur le comte de Saint-Quétoilles , Syndic.
Ou bien :
Le marquis de Z...,
Pharmacien.
Je dois dire cependant que j’ai vu sur une enseigne :
Le comte de Deux-Ponts,
Menuisier.
Mais celui-là était un original de première force.
La carrière de marquis ou de comte se fusionnera difficilement avec ces bienfaisantes carrières qui ont pour but d’abreuver ou de nourrir l’humanité, et même de la couvrir.
Par quelque temps, par quelque politique inattendue qu’il fasse, ceux qui donnent à manger ou à boire aux hommes, et même aux femmes, font d’excellentes affaires.
Le notariat, bien qu’il ait encore conservé quelque prépondérance, produit moins maintenant que le limonadariat. Le commerce qui consiste à vendre au public un peu d’eau, un peu de sucre, additionné de n’importe quoi, dix fois sa valeur, sous prétexte qu’on vous assoit en même temps sur le boulevard pour regarder les passants et les passantes, est un commerce de premier ordre.
Il y a des éludes de limonadier qui se sont vendues comme des études de notaire, et presque comme des charges d’agent de change.
Et quelle supériorité comme moyens et procédés de commerce. Ici, pas de
LES CARRIÈRES EXCEPTIONNELLES. 197
crédit, pas de mauvais client, pas de couverture, pas d’oscillation de hausse et de baisse.
Des oscillations atmosphériques tout au plus.
Le consommateur arrive, paye comptant vingt sous ce qui vous en coûte deux ou trois, et s’en va; il revient le lendemain.
Je sais un limonadier, simple garçon il y a dix ans, à qui sa charge rapporte, bon an mal an, de deux à trois cent mille francs par an.
Un simple détail.
A ce moment, appelé à Paris et sur le boulevard l’heure de l’absinthe, en deux heures, de cinq à sept heures du soir, le fortuné cafetier débite à ses consommateurs, qui viennent causer, deviser et politiquer en humant la liqueur verte, quarante bouteilles d’absinthe, sur chacune desquelles il y a un bénéfice de dix francs net.
Soit quatre cents francs de bénéfice en deux heures.
Et le matin, il y aies déjeuners, le café, les liqueurs; dans la journée, la bière; dans la soirée , encore le café , encore la bière et puis les glaces.
En dix ans, et même moins, le limonadier vend son fonds, embrasse l’agréable carrière de rentier, et peut faire souche de baron, s’il lui plaît.
Mais tout le monde ne peut être limonadier et restaurateur, comme tout le monde ne peut pas être agent de change ou notaire.
Il est une aristocratie de la limonade et du bifteck comme il en est dans le domaine de l’art.
Et de même que Raoul Desbrosses vend ses tableaux dix-sept francs cinquante centimes quand Mcissonier vend les siens cent mille francs, il est des débitants de café ou d’absinthe qui ne vendent ni l’un ni l’autre, et des marchands de biftecks qui sont obligés de consommer les leurs sur place , s’ils veulent s’en débarrasser utilement.
La haute limonade a son siège sur les boulevards, depuis le Gymnase jusqu’à la Madeleine. On la reconnaît à son régiment de petites tables qui envahissent les larges trottoirs, à ses garçons bien tenus et au patron en habit noir, dont une serviette immaculée , jetée sous le bras , révèle la situation , qui commande avec fermeté le branle-bas des verres , des tasses , des carafes et bouteilles et gourmande la lenteur des garçons.
Contemplez-le, bientôt vous ne le verrez plus. Il aura passé la main à un autre monsieur en habit noir, et, pourvu de ses l’entes enlevées à la pointe de la serviette, il sera parti faire de la grande propriété, de l’agriculture, et prendre une influence sérieuse dans son département.
Quelques-uns ne peuvent supporter cette vie de calme conquis et de repos final. L’usage du commandement et du pouvoir leur a donné des habitudes dont ils ne retrouvent pas l’emploi.
Crier d’une voix fière, au milieu du brouhaha des verres et du cliquetis des assiettes :
Voyez au cinq !
Versez au neuf!
était pour eux une satisfaction qui leur est arrachée.
En se promenant dans leurs allées, bordées d’arbres verts et de fleurs, ils ont la nostalgie du trottoir et des petites tables qui s’y échelonnent : le mouvement des buveurs leur manque ainsi que le froufrou des robes qui les accompagnent.
Un d’entre eux avait pris ces regrets tellement à cœur qu’il dépérissait et semblait prêt à partir vers ces lieux de repos , où doit errer l’ombre soucieuse du grand Vatel.
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Un beau jour, il n’y tint plus. Il avait vendu son fonds quatre cent mille francs. Il vint trouver son successeur, et le lui racheta cinq cent mille.
Mais il n’eut pas plus tôt repris sa calotte noire, sa cravate blanche et sa serviette, que les roses reparurent sur son teint, et que la santé et la bonne humeur revinrent de compagnie.