‹ La comédie de notre temps ... études au crayon et à la plumeChapitre 164 sur 200 · DEUX GARDEURS DE CHAISES · texte numérisé non relu

DEUX GARDEURS DE CHAISES

— Voilà tout de même trois heures que je suis là à leur-z-y garder leurs places. Quinze sous la chaise, c’est pas cher; seulement on ne s'amuse pas ici en attendant, pas moyen de rigoler; on n’ose pas tant seulement roupiller un peu, crainte que les camarades ne vous effarouchent une chaise ou deux.

— Plaignez-vous donc, tas de modernes! moi qui ai gardé des chaises dans le temps pour les conférences du Père Lacor-

de daire et du Père Ravignan! fallait

NS

> venir à huit heures du matin pour

| | une heure.

— Merci !

| T —Et l’église n’était pas plus Le F7 chauffée que la place Louis XV, 2 NS et il fallait travailler à dix sous par chaise.

— Parbleu! tout a bien renchéri depuis ce temps-là; alors on avait du petit bleu à quatre.

— Tiens! v’là mes bourgeois.

— Les miens aussi, quelle chance!

— Après ça, je vas encore ouvrir quelques portières à la sortie, puis j'irai chez le père Duveau, le manezingue de la rue d'Argenteuil, et d’ là garder des places pour ce soir à la queue du Théâtre-Français, oùsqu'on joue le Lion amoureux de M. Ponsard. Là, au moins, on peut en griller une :

bonsoir, ma vieille.

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