‹ La comédie de notre temps ... études au crayon et à la plumeChapitre 169 sur 200 · LES BONNES OEUVRES · texte numérisé non relu

LES BONNES OEUVRES

Il en est qui font le bien par tendresse de cœur, et pour la satisfaction de leur propre conscience.

Il en est qui le font par souvenir.

Il en est qui le font par nécessilé de siluation.

Il en est qui le font par spéculation.

Il en est enfin qui le font pour se faire du bien à eux-mêmes.

Depuis ce généreux étranger, qui ne devait rien à Paris, qui n’en attend rien, et qui dans les moments les plus douloureux fut comme une providence bénie, depuis sir Richard Wallace, qui se cache souvent d’une bonne action

comme d’autres se cachent d'une mauvaise, et dont le nom, à Paris, est

maintenant le synonyme du beau et du bien ;

Jusqu'à celui qui donne cinq francs pour une bonne œuvre, à la condition que son nom, son commerce, son adresse même, seront insérés dans le journal.

Depuis saint Martin qui partageait avec le pauvre perclus de froid la moitié de son manteau; depuis le Petit Manteau bleu qui vendait son manteau pour en donner tout le prix aux pauvres, jusqu’à celui qui distribue aux pauvres une partie de ce qu’il a sollicité pour eux, et garde le reste pour s'acheter un manteau neuf, il y a parmi ceux qui s’occupent d’autrui des nuances qui varient à l'infini.

Mais enfin, quel que soit le motif, ou le prétexte, ou la forme, on s’est occupé de ceux qui souffrent, et c’est toujours cela de gagné.

Certains se disent : Faire le bien pour se payer en fracas et en ostentation, est ou un acte d’égoïsme, ou un ridicule, ou une spéculation.

Il faut, suivant l’Apôtre, que la main droite ignore ce que donne la main gauche.

Et ils profitent de cet adage pour ne rien donner du tout, ni de la gauche ni de la droite, de sorte qu’il ne peut y avoir, d'aucun côté, aucune indiscrétion de commise.

Quelques hommes, mais surtout nombre de femmes, s’exercent avec ardeur à déjouer les calculs de légoïsme, de lavarice et de la parcimonie. Il est des gens riches autour desquels il faut faire un siége en règle, avec les lignes de circonvallation et toute lartillerie féminine, pour arriver à lever la contribution d’une simple pièce de vingt francs.

Il en est qui ne cèdent qu'aux appâts d'un lot à gagner, qu’au plaisir de la danse, d’un diner, ou à la crainte d’un concert.

Il en est qui ne cèdent à rien, par principe, et qui dépenseraient volontiers cent francs pour ne pas donner cent sous.

La connaissance parfaite du cœur humain est indispensable à ceux qui se livrent à cette chasse, dont, comme les véritables chasseurs, ils ne doivent pas manger le gibier.

Il en est, ilest vrai, qui en mangent une petite partie, mais qu’y faire! Ce qui reste va toujours à son but.

Et s’il existe çà et là quelques hommes ou quelques femmes qui ne font

le bien que par état, pour se créer une situation et en vertu de ce proverbe bien connu :

La charité bien ordonnée commence par soi-même, le mal n’est pas grand : la chose passe dans les frais généraux.

Les contribuables bénévoles comprennent à merveille que les gens qui se payent pour faire le bien sont plus profitables à la masse que ceux qui se font payer pour faire le mal.

A côté de ceux-là, vivent ceux qui se font un devoir, et une adorable jouissance, de rechercher les misères silencieuses et cachées, viennent prendre par la main les pauvres petits enfants abandonnés, veillent au chevet des malades, et dont la main gauche est si occupée elle-même à donner, qu’elle ignore ce que donne la main droite.

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Voilà a

.. Da courage, mon ami...

c'est pour l'œuvre des jeunes Siamois

dix demain par mon valet de chambre.

nos dix francs.

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cher marquis :

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Sita savais comme je m'em bats l'œil avec empressement !

Je vous en enverrai

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