‹ La Comédie de salon, proverbeChapitre 8 sur 17 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

ALICE

Gaston !

GASTON

Et puis, comme question de nuance... Dans le monde, on est caustique, ma chère enfant,... et une jeune femme, croyez-moi, court risque d’étre critiquée.

ALICE

Parce qu’elle joue?... C’est donc mal ? •

GASTON

Je n’ai pas dit cela; au contraire,... surtout dans un but charitable... Mais enOn on devient un point de mire...

ALICE

Vous aussi I...

GASTON

Pour nous,.., c’est une petite distraction,... sans importance.

ALICE

Ah!

Pour une femme,... c’est plus délicat... Je connais plusieurs maris... (a pari.) Et j’en suis 1 (Haut.) qui lout en concourant à des spectacles de société,... seraient contrariés d’y voir briller leurs femmes.

ALICE

^ Vous n’étes pas de ceux-là I

GASTON

En principe, si... Dans l’application, il ne faut rien exagérer. Vous n’aimez pas à jouer la comédie, je le sais...

ALICE

Ça peut venir.

GASTON

Non,... mais elle vous ferait plaisir,... que je crois pouvoir vous

affirmer que je ne m’en tourmenterais pas. — Soyez donc de même pour moi, ma chère Alice. — Ah çàl je vous préviens, que si nous dînons tard, nous manquerons l’ouverture...

ALICE, lui sanlaut au cou.

Je ne veux pas que tu l’embrasses !

GASTON

Ahl pour une Française, ma chère bien-aimée... votre jalousie est trop espagnole,... et votre querelle un peu allemande.. .Convenez-en ?

ALICE, froidement.

M. Musset de Chavigny n’eût pas mieux conclu.

GASTON, loi présentanl la bras et l’éveulail.

Votre éventail et mon bras, comtesse. C’est la Patti qui chante. (Alice, comme a;ant pris noe résolution, lire de son corsage et jette au feu la lettre précédemment écrite.) Quelle est cette lettre ?

ALICE

Vous me trouvez un excès de sensibilité?...

GASTON

Convenez-en vous même?...

ALICE

Je crois que j’ai trouvé le moyen de me corriger.

• GASTON

Ah!

ALICE

J’émousserai celte exagérée délicatesse,... en m’aguerrissani contre elle...

GASTON

Je ne comprends pas bien.

ALICE

J’avais une amie,... dont le teint blanc et rose, quoique charmant, déplaisait à son mari.

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