A-CTE I
BERTHE, à Félix.
Vous allez beaucoup au théâtre ?
Oui, beaucoup... et n'y serais-je allé que rarement, je vous aurais pourtant reconnues... N'êtesvous pas celles dont les journaux illustrés ne cessent de nous offrir l'image sous tous les costumes?... Et avec des visages aussi répandus que celui de Carnot vous entreprenez de charrier un garçon que rien ne dénonce comme un type idiot!... Et quelle bourde prétendiez-vous me faire avaler?... Que vous êtes deux donzelles péchant à la ligne sur le trottoir?... (Regardant autour de lui. )Et cet appartement, faut-il c]ue je le prenne pour un garni à vingt francs par mois?...
A R. MANDE
Vous démontrez on ne peut mieux combien je serais sotte si cette invention venait de moi.
FÉLIX
De qui vient-elle?
ARMAXDE
De vous, qui avez attrapé au vol un bout de rôle que je récitais à mon amie.
FÉLIX
Le doigt braqué sur moi!
ARMAXDE
Par hasard ! •
Lorsque vous m'avez vu mordre à ce hasard ne pouviez-vous me détromper?... Un petit mouvement de tête de droite à gauche, et un autre de gauche à droite, m'auraient calmé. Les avez-vous faits ?
ARMANDE
Hé, m'en avez-vous laissé le temps?...
FÉLIX
Vous avez trou\é celui de hocher la tête de haut en bas et de bas en haut, ce qui signifiait : « — Hardi, mon gars, la route est belle!... »
ARMANDE
Mon Dieu, monsieur, puisque vous y tenez, oui, j'ai cédé à la tentation de m'amuser de votre imprudence, sans songer que la mienne dépassait de beaucoup la vôtre. (Entre une femme de chambre.)
ROSALIE
Une lettre qu'on apporte pour mademoiselle Noly.
BERTHE, prenant la lettre, examinant l'enveloppe.
De mon théâtre... Très pressée...
ROSALIE
Le porteur attend la réponse... Il est d'abord allé chez mademoiselle... On l'a renvoyé ici.
BERTHE, allant à la signature.
De mon auteur.*.. (Lisant ) « Chère amie, j'ai com-