Le Séminaire pourvoira aux besoins, etc., etc
Je sais que le Séminaire, avec ses grands biens, peut faire face à cette dépense, qui se réduit pourtant à rien à l'égard des chanoïnes, puisqu'ils seraient membres de la maison et par conséquent auraient droit de vivre à ses dépens.
La générosité du Séminaire à l'égard de l'Evêque est un peu tardive.
C’est le même Evêque auquel il a refusé du pain et un abri il y a seize ans : cet Evêque était pourtant alors envoyé par le St. Siége à la demande de l'Evêque diocésain, comme aujourd’'hui.
Le Séminaire savait très-bien que ce n'était la faute ni du St. Siége, ni de l'Evêque de Québec, mais le refus du Gouvernement qui avait empêché de lui donner le titre d'Evêque de Montréal.
Il lui offre un logement maintenant qu'il en a un beau ; il lui offre du pain, mais depuis seize ans il n’en a pas manqué, sans le tenir du Séminaire.
Si cette maison lui eut fait alors une petite part de ses grands biens, elle se scrait fait honneur, et peut-être que le Gouvernement n'aurait pas montré tant d’empressement à s’en emparer, à l'abri des troubles qui agitaient alors le pays.
En effet il pouvait penser que c'était le moment le plus favorable pour frapper ce coup qu’il méditait depuis longtemps.
Il se trompa, le clergé ét le peuple, par ses représentants, n'en furent que plus ardents à demander au Gouvernement Britannique
PE
la conservation des biens de cette maison, Il y a espérance qu'ils obtiendront l'effet de leur demande ; le Gouverneur du Canada, et des Commissaires Royaux sont chargés de terminer cette grande question ainsi que bien d’autres, sur la politique du pays. Il pourrait arriver qu’ils mettraient pour condition que cette maison ne se recrutera plus en pays étranger ; ce qui a déjà été signifié par le ministre des colonies.
Au reste il me semble qu'une question aussi importante que celle de faire une Cathédrale, des chanoines, etc., etc., aurait du être traitée au Canada, entre les Evêques, le Séminaire et même les marguilliers de Montréal, avant que d'en avoir dit un mot À Rome. A
N'est-ce pas vouloir surprend'e la religion du St. Siége, que de faire des offres si pompeuses et en, apparence si généreuses, sans la participation de tous ceux qui se trouvent intéressés dans cette affaire.
Pour moi qui crois connaître un peu mieux le but de toutes ces démarches, je n’y vois que le désir effréné de se saisir de l'Evéque de Montréal par l’appas des richesses et des honneurs, mais qu'il se trouvera dans une espèce de nécessité de payer par des concessions de priviléges, exemptions, etc., etc., etc, qui toutes tendront à soustraire cette maison à la jurisdiction de l’Evèque diocésain.
M. l'abbé Thavenet dit partout que l'Evêque de Québec veut s'emparer des biens du Séminaire de Montréal: que c’est pour cela qu'il ne veut plus laisser entrer de prêtres français en Canads, afin de laisser mourir ceux qui y sont et de s'emparer ensuite des biens de la maison ; que c’est dans la même intention qu’ n’a pas envoyé la requête du clergé de Montréal demandant l’érection de la ville en Evêché, dans l'espérance, dit-il, que Mer. de Telmesse dont la santé est faible mourra bientôt et qu'alors il pourra encore nommer un Evêque de Montréal qui aura la méme hostilité que lui contre le Séminaire.
Il est difficile de réunir, dans si peu de mots, tant d’accusations hardies, fausses et calomnieuses.
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se foi, ass rément il n’y a pas moyen d’excuser ses confrères de Montréal, qui lui fournissent les matériaux de toutes ces accusations qu ils font répandre en Europe et qu'ils n’ont jamais osé dire ouvertement en Canada, où tout le monde les démentirait ; cependant j'ai eu la douleur d'entendre répéter cette accusation en France depuis Boulogne jusqu’à Marseille ; tous les Evêques et les prêtres avec lesquels j'ai lié conversation m'ont dit : vous trouverez, à Rome, Mr. Thavenet qui travaille à empécher les Evêques du Canada de s'emparer des biens de ses confrères de Montréal. Non seulement on le disait, mais on le croyait: ona par conséquent une sin° :'ière idée des Evêques du Canada que l’on suppose capables ue voler de si grands biens que ceux du Séminaire de Montréal, et que l’on croit par là même les destructeurs des établissements religieux du pays.
Sans doute ils mériteraient l’animadversion du monde entier, si une accusation aussi grave était vraie, mais je n’hésite pas à dire que c’est un mensonge et une calomnie. L'Evêque de Québec veut l'érection de Montréal en Evêché ; il a envoyé la requéte du clergé du district demandant cette mesure ; s’il a retardé quelque temps, c’est qu’il attendait une réponse du gouverneur du Canada, qui lui avait fait espérer qu’il en donnerait une, soit décisive s’il se croyait autorisé à le faire, soit de référence au Ministre des Colonies à Londres ; j'accompagnais l’Evêque de Québec quand il fit cette demande au Gouverneur.
Je puis dire que non seulement l'Evêque de Québec veut l'érection de l’Evêché, mais qu’il se réjouit d'avance d’être déchargé de cette partie de son Diocèse, qui lui a causé tant de déboires et de chagrins, depuis qu'il est Evêque de Québec.
Son prédécesseur immédiat, le vénérable Evêque Panet, n’en avait pas eu moins, et son anti-prédécesseur Mer. J, C. Plessis, dont la mémoire vivra éternellement en Canada, en était tellement abreuvé et accablé qu’il était las de vivre.
Il m'écrivait dans mes missions: ‘Je vis trop longtemps ; “ j'aurais dû mourir -en arrivant de Rome, pour ne pas être té- ‘ moin de ce que je vois. ”
L'Evêque de Québec a refusé l'entrée des prêtres français
Des
dans son diovèse, parceque ces étrangers ne voulant vivre en harmonie ni avec le clergé, ni avec le peuple, étaient évidemment les auteurs des troubles qui régnaient dans le district de Montréal, et qu’ils intriguaient sans cesse à Rome pour renverser ses plans les mieux concertés pour le bien du pays.
Deux fois il a été dans la nécessité d'envoyer des agentsà Rome ; ils ont réussi à faire connaître la vérité, mais quelle dépense pour payer les frais de ces agents.
‘” encore les prétentions de cette maison étaient finies ; mais non, Mr. Thavenet est toujours ici, faisant. ce qu’il peut pour soutenir les prétentions de ses confrères ; tout cela se fait en dessous et en cachette.
Mais une bonne cause ne craint pas de se traiter à la lumière.
La plus grave et la plus calomnieuse accusation portée contre l'Evêque de Québec, c’est celle de vouloir s'emparer des biens de la maison, en refusant des prêtres pour remplacer ceux qui meurent.
Il est vrai que l'Evêque de Québec refuse l'entrée de cette maison aux étrangers, ce que le gouvernement refuse aussi: mais il ne refuse pas d’y laisser entrer des prêtres canadiens, ou du moins sujets anglais.
Il y a déjà dans la maison autant de canadiens que de Français, c’est sur ceux-là que retombe la plus grande partie de l’ouvrage de la cure.
Ils n’ont aucune des places honorables ; hommes vertueux et sans prétentions, ils ont toujours eu le bon esprit de ne jamais s’en plaindre, quoique presque tous ne fussent du sentiment de ceux qui sont à la tête de la maison.
On m'a dit encore avant mon départ que plusieurs fois la maison avait refusé d'admettre des prêtres du pays parce qu’elle espére toujours avoir des prêtres de France. Ainsi la maison ne pourrait s’éteindre que par sa faute, en s’obstinant à ne pas admettre des Evêques qui sont disposés à en donner.
C’est une chose bien étonnante qui ne se rencontrera jamais qu’au Canada, que de voir une dizaine d'étrangers encore jeunes, venus de France, placés, par le conseil de la maison, aux premiers
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rangs, devenus tout-à-coup de grands seigneurs, de les voir, dis-je, vouloir faire la loi dans le pays, heurter ouvertement l'opinion du clergé et du peuple, s’obstiner à introduire dans le diocèse des étrangers, malgré l'Evêque diocésain, forcer toutes barrières pour parvenir à leur but, en venir enfin jusqu'au point de vouloir donner des Evêques au Canada, sans qu’on en sache rien dans le pays ; c’est ce qu'on a vu ici à la nomination du dernier coadjuteur de Québec et à la nomination de Mr. Tabeau pour Montréal.
Ces deux hommes n'étaient pas des ambitieux. Mer. Turgeon avait refusé la coadjutorerie de Québec en 1825, Mr. Tabeau a refusé d'accepter ses bulles, et est mort peu après l’arrivée d’un rescrit de Rome qui l’engageait à les accepter.
La charge d'Evêque est devenue si désagréable depuis quelques années au Canada, que ceux qui en sont dignes ne veulent pas l’accepter.
Dire que l’Evêque de Québec veut s'emparer des biens du Séminaire, c’est une de ces assertions hardies et fausses que l’on a cru pouvoir débiter en France et à Rome, mais que l’on a jamais osé mettre au jour en Canada, parce que toute la population du pays l'aurait démentie.
M. Roux, Su périeur de la maison, qui vint à Rome, il y a quelques années, avait obtenu du St. Siége la permission de vendre les biens du Séminaire au gouvernement anglais.
L'Evêque de Québec refusa son consentement et envoya à Rome deux agents qui obtinrent la révocation de cette permission. ;
Il adressa, avec son clergé, une requête au Gouvernement pour demander Ja conservation de ces biens, le parlement se joignit au clergé en demandant plusieurs fois que ces biens restassent tels qu'ils avaient toujours été, en la possession du Séminaire,
Le clergé comme le Parlement considéraient ces possessions comme biens religieux du pays, séparés d'intérêt avec St. Sulpice de Paris depuis que le Canada est passé à l'Angleterre ; ils consideraient que la possession des fonds était beaucoup plus sûre qu’une rente sur le Gouvernement ; que cette rente pouvait aussi
bien être payée en paysétranger qu'en Canada; que le Gouvernement pouvait changer, enfin qu’il y avait à craindre, que d’une maniè- . ou d’une autre, le Canada ne se trouvât un jour privé du secours de ces grands biens pour l'éducation.
La persévérance du clergé et du Parlement est sur le point, j'espère, d’être couronnée de succès, comme je l'ai dit plus haut; par là le Séminaire restera malgré lui possesseur de ses biens.
Il est important de remarquer dans la cause que je défends, c'est-à-dire l'honneur et la réputation de l’Evêque &e Québec, que dans tous ces procédés du clergé et du parlement, il n’a jamais été question de changer en rien la manière dont ces biens ont été gérés jusqu’à présent.
Jamais il n’est venu dans la tête de personne en Canada, de penser que l'Evêque de Québec se donnait tout ce trouble pour s'emparer de ces biens.
Il veut, avec tout le pays, qu'ils soient conservés au Séminaire pour être administrés et depensés par la maison selon les règles de sa fondation : il n’a même jamais eu la prétention de connaître soit la manière dont ils sont administrés, soit l'emploi qu’on en fait.
On dit qu'il n’y a pas assez de prêtres en Canada : que c'est une raison d'y introduire des prêtres de France.
Mais à qui est-ce à juger de ce besoin, sinon aux Evêques ? Est-ce donc pour étendre la foi parmi les sauvages, dans les missions pénibles du nord de l'Amérique, qn’on veut forcer l’Evéque de Québec de recevoir des sujets étrangers ? Iln’en a jamais été question ; mais plutôt pour aller aw Séminaire de Montréal, où il fait meilleur.
L’Evêque de Québec pourrait, à la vérité, employer plus de prêtres dans son Diocèse ; cependant un clergé laborieux pourvoit aux besoins des peuples qui lui sont confiés et personne ne manque des secours spirituels dont il a besoin ; l'Evêque de Québec trouve même le moyen d'assister les Evêques de Charlottetown et de Kingston en leur donnant de temps en temps des prêtres : ce qu'11 ne ferait pas si son propre troupeau manquait de pasteurs. D'ailleurs six colléges bien administrés, trois dans
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le Diocèse de Québec et trois dans le Diocèse de Montréal, vont fournir abondamment des sujets à ces deux Diocèses. Quatre de ces colléges ne sont en activité que depuis quelques années ; tous cependant ont déjà donné des sujets.
Le clergé encourage beaucoup l'éducation, une bonne partie de
. ses revenus est employée à la procurer à des jeunes gens pauvres
et presque tous les testaments des Curés sont en faveur des maisons d'éducation, qui ont droit en vertu de leur charte ou patente, d'acquérir des fonds pour se soutenir.
Le parlement Provincial seconde les vues du clergé en soutenant les maisons d'éducation, par des sommes votées annuellement en attendant qu’elles puissent se soutenir par elles-mêmes.
Il fait plus ; depuis quelques années, il vote encore vingt cinq mille livres sterling, tous les ans, pour établir des écoles dans les paroisses, Ces écoles sont l'aliment des Colléges établis dans différents cantons.
Je suis bien fâché de me trouver dans la nécessité d’entrer dans des détails désagréables sur les affaires du Canada, je ne m'y attendais pas en le quittant.
Le but de mon voyage était de rendre compte au St. Siége de mes missions et de chercher, en Europe, des moyens de les secourir ; je me suis occupé de ce grand objet partout où j'ai cru pouvoir le faire.
En arrivant à Rome, je pensais n’avoir d’autre chose à faire qu'à solliciter des réponses à plusieurs questions présentées par l’Evêque de Québec, par lequel j'avais fait demander la solution de plusieurs cas embarrassants, qui se rencontrent à tout moment dans les missions infidèles.
Pour satisfaire à la S. C. de la Propagande, j'ai. donné le 8 de ce mois, une notice sur la ville et le district de Montréal, le 12 un mémoire sur l'établissement de la colonie et de la mission de la Rivière-Rouze, et aujourd’hui ce sommaire des affaires du Canada, qui ont été traitées ici en détail les unes après les autres, par les agents de l'Evêque, et dont on peut trouver les preuves dans les archives de la Propagande.
Je souhaite que tous ces Ecrits tournent à la goire de Dieu et à la paix dans ma patrie.
Je suis prêt à désavouer tout ce que l’on me prouvera être contre la vérité que j'ai cru dire partout.
Rome 20 Mars 1836.
(Signé) +J. N. Ev. DE JuLiopouis.
> de Dieu et
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LIOPOLIS.