La Comédie infernale [microforme]
L'auteur de la Comédie Infernale, Monsieur Alphonse Villeneuve, autrefois instituteur et maintenant ecclésiastique tonsuré, sous le titre de pièces justificatives, écrivait à la fin du cinquième acte de son ouvrage ce qui suit :
La Comédie Infernale terminée, je devais à l'honnêteté e1 à la justice, comme à l'intérêt de la cause sacrée que j'ai défendue dans ces pages, de mettre sous les yeux du public les documents où j'ai puisé mes renseignements. Comme d’autres travaux doivent désormais se partager ma vie, je laisse à mon honorable ami, M. Adolphe Ouimet, Avocat, Editeur du Franc-Parleur, avec les pièces justificatives, le soin de les publier intégralement depuis la première jusqu’à la dernière.
Mes concitoyens verront si j'ai menti, si la ‘ Comédie” n’est qu’un éissu de calont nes, ainsi que n’ont pas manqué de l’affirmer les Messieurs de St. Sulpice. En lisant ce que des Ævègues et des prêtres vénérabies ont écrit sur le gallicanisme et sur toutes les autres misères du Séminaire, les esprits droits eonnaîtront la nature du déplorable conflit qui existe entre les Sulpiciens et l’Evêque de ce diocèse ; ils sentirunt que cette longue et malheureuse lutte contre l'autorité diocésaine est /e #riste fruit des illusions de l'enfer, ils béniront la Providence de nous avoir donné, dans la personne de Nos Seigneurs Lartigue et Bourget, des hommes dont les vertus ont préservé Montréal de perdre le trésor de la foi, et ils conjure;ont le Ciel de rappeler les Messieurs de St. Suipice à l'esprit de leur pieux fondateur, c'est-à-dire à la soumission à l'Episcopat.
J'ai gardé fidèlement le dépôt précieux qui m'avait été confié, et aujourd’hui je viens remplir avec joie uno tûche que le devoir et la reconnaissance m'’imposaient depuis longtemps.
Les documents que j'ai à publier sont d’une importance et d’une actualité saisissante.
Comme chacun d'eux renferme des renseignements tout-à-fait particuliers, j'ai suivi la marche adoptée par l'auteur dans la distribution de son œuvre.
Ils seront donc publiés séparément et autant que pos-
sible dans l’ordre qu'ils occupent dans la Comédie Infernale.
Le premier fascicule que nous livrons aujourd'hui au public contient le fameux mémoire de Messire J. B. Ch. Bédard, Ptre. de S.$.
Nous n'en exagérons pas l'importance en disant que c'est le traité le plus complet qui ait jamais été publié en ce pays, sur les difficultés des Messieurs de St. Sulpice avec les Evêques du Canada.
Toutes leurs prétentions outrées et gallicanes sont pas: sées au crible de la doctrine catholique, et leurs erreurs ainsi que leur insubordination constante envers l'épiscopat canadien, sont marquées de ce cachet particulier que possède seule cette Communauté orgucilleuse et révoltée.
En parcourant les différentes pages de ce volumineux mémoire, on est frapjé de l'à-propos qu'il renferme en face des difficultés présentes.
On dirait qu'il a été écrit d'hier, quoiqu'il porte la date du 5 Janvier 1525.
En effet, l'esprit, la tactique, les ressources, les pré: tentions d’alors, sont encore, malgré ce laps de temps, l'esprit, la tactique. les ressources, les, prétentions d’aujourd'hui. C’est là un fait qui ne saurait échapper à la perspicacité des lecteurs bien pensants.
Le mémoire Bédard nous offre un triste certificat de la soumission et de l'esprit évangélique des enfants du Vénérable Messire Olier, leur père ; et il ne fallait rien moins que la foi ardente 6t sincère, l'amour chrétien que professait ce saint Prêtre pour ses frères, pour l'autoriser à arracher le masque qui couvrait les nudités morales de la maison de St. Sulpice à Montréal.
Si d'un côté on déplore amèrement l’entêtement, la ré volte ouverte de quelques membres de cette commu nauté, d'un autre côté on ne, pourrait avoir trop d'admi- ‘ation pour le courage vraiment apostolique de ceux qui ont élevé la voix pour montrer aux revoltés l’abîme dans lequel ils cherchaient à se précipiter.
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Les paroles d'amour, de charité, les conseils bienveil-
lants et fraternels que Messire Bédard adresse aux mem-
bres de S. S.. resteront comme des marques indélébiles de son attachement, de sa fidélité et de son amour, de mème qu'elles le seront de leur insubordination, de leur ingratitude, de leur orgueil et de leur avarice.
Ce vénérable vieillard qui se voit descendre dans lu tombe, miné par les chagrins que lui fait endurer l'entttement de ses frères, a, dans ses derniers moments, des accents prophétiques.
Le temps n'est peut-être pas éloigné où ce qu'il a alors prédit s'accomplira. Pour notre part, sans vouloir le désirer encore moins le souhaiter, nous nréférerions cependant en voir l’accomplissement, que d'apprendre la réalisation de cette terrible menace de leur fondateur M. Olier, lorsque parlant de leur soumission à l’épiscopat il disait: Si propter nos exorta est tempestas, dejiciamur in mare! Si nous devenions la cause de dissensions dans les Eglises, soyons plutôt précipités au fond de la mer |
ADOLPHE QUIMET.