‹ La comédie infernale ou Conjuration libérale aux enfers [microforme]Chapitre 127 sur 181 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

L'auteur de la Comédie Infernale, Monsieur Alphonse Villeneuve, autrefois instituteur et maintenant ecclé siastique tonsuré, sous le titre de pièces justificatives, écrivait à la fin du cinquième acte de son ouvrage ce qui suit :

La Comédie Infernale terminée, je devais à l'honnêteté e1 à la justice, comme À l'intérêt de la cause sacrée que j'ai défendue dans ces pages, de mettre sous les yeux du public les documents où j'ai puisé mes renseignements. Comme d’autres travaux doivent désormais se partager ma vie, je laisse à mon honorable ami, M. Adolphe

Ouimet, Avocat, Editeur du #ranc-Parleur, avec les pièces justificatives, le soin de les

publier intégralement depuis la première jusqu’à la dernière.

Mes concitoyens verront si j'ai menti, si la ‘* Comédie’ n’est qu'un {issu de calonr

“tes, ainsi que n’ont pas manqué de l’affirmer les Messieurs de St. Sulpice. En lisant ce que des Ævèques et des prêtres vénérables ont écrit sur le gallicanisme et sur toutes les autres misères du Séminaire, les esprits droits eonnaîtront la nature du déplorable conflit qui existe entre les Sulpiciens et l'Evêque de ce diocèse ; ils sentiront que cette longue et malheureuse lutte contre l'autorité diocésaine est / ériste fruit des illustor:s de l'enfer, is béniront la Providence de nous avoir donné, dans la personne de Nos Seigneurs Lartigue et Bourget, des hommes dont les vertus ont préservé Montréal de perdre le trésor de la foi, et ils conjureont le Ciel de rappeler les Messieurs de St. Sulpice à l'esprit de leur pieux fondateur, c'est-à-dire à la soumission à l'}hiscopat.

J’ai gardé fidèlement le dépôt précieux qui m'avait été confié, et aujourd’hui je viens remplir avec joie une tâche que le devoir et la reconnaissance m'imposaient depuis longtemps.

Les documents que j'ai à publier sont d’une imporiance et d’une actualité saisissante.

Comme chacun d'eux renferme des renseignements tout-à-fait particuliers, j'ai suivi la marche adoptée par ‘auteur dans la distribution de son œuvre.

Ils seront donc publiés séparément et autant que possible dans l’ordre qu'ils occupent dans la Comédie Infer nale.

Le premier fascicule que nous bi aujourd'hui au public contient le fameux mémoire de Messire J. B. Ch Bédard, Ptre. de $S.$.

Nous n'en exagérons pas l'importance en disant que c'est le traité le plus complet qui ait jamais été publié en ce pays, sur les difficultés des Messieurs de St. Sulpice avec les Evêques du Canada.

Toutes leurs prétentions outrées et gallicanes sont pas sées au crible de la doctrine catholique, et leurs erreurs ainsi que leur insubordiration constante envers l'épisco put canadien, sont marquées de ce cachet particulier que possède seule cette Communauté orgueilleuse et révoltée

En parcourant les différentes pages de ce volumineux mémoire, on est frapjé de l'à-propos qu'il renferme en face des difficultés présentes.

Gn dirai qu'il a eté écrit d'hier, quoiqu'il porte la date du 5 Janvier 1825.

En effet, l'esprit, ia tactique, les ressources, les pré tentions d'alors, sont encore, malgré ce laps de temps l'esprit, la tactique. les ressources, les, prétentions d'au jourd'huïi. C'est là un fuit qui ne saurait échapper à la perspicacité des lecteurs bien pensants.

Le mémoire Bédard nous offre un triste certificat

la soumission et de l'esprit évangélique des enfants di Vénérable Messire Olier. leur pere ; et il ne fallait rien moins que la foi ardente ot sincère, l'amour chrétien qu

professuit ce saint Prôtre pour ses frères, pour l'autoris(

à arracher le masque qui couvrait les nudités morales di

[a maison de $t. Sulpice à Montréal

Si d'un côté on déplore amèrement l'entêtement, la r volte ouverte de quelques membres de cette commu nauté, d'un autre côté on ne, pourrait avoir trop d'adm ration pour le courage vraiment apostolique de ceux qui

ont élevé la voix pour montrer aux revoltés l'abîme dan

lequel ils cherchaient à se précipiter

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Les paroles d'amour, de charité, les conseils bienveillants et fraternels que Messire Bédard adresse aux membres de $. S.. resteront comme des marques indélébiles de son attachement, de sa fidélité et de son amour, de mème qu'elles le seront de leur insubordination, de leur ingratitude, de leur orgueil et de leur avarice.

Ce vénéruble vieillard qui se voit descendre dars la tombe, miné par les chagrins que lui fait endurer l'en tôtement de ses frères, a, dans ses derniers moments, des accents prophétiques.

Le temps n'est peut-être pas éloigné où ce qu'il a alors prédit s’accomplira. Pour rotre part, sans vouloir le désirer encore moins le souhaiter, nous nréférerions cependant en voir l’accomplissement, que d'apprendre la réalisation de cette terrible menace de leur fondateur M Olier, lorsque parlant de leur soumission à l’épiscopat il disait: Si propter nos exorta est tempestas, dejicia ur in mare! Si nous devenions la cause de dissensions dans les Egiises, soyons plutôt précipités au fond de la mer |

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