ARTICLE V
Autres effets des contestations, par rapport à notre Maison.
On se donne bien des mouvements pour se soustraire au nouveau Régime. Que gagnera-t-on à cela ? De se défaire d’un Supérieur, pour en avoir un autre: de se priver de l'honneur et des autres avantages attachés à l'Episcopat ; d’être gouverné par un Prêtre au lieu d’un Evêque. Il y a-t-il plus d’inconvénients à recevoir une dispense ou une ordonnance d’un Evêquo que d’un Prêtre ? Et encore ceci suppose que le Supérieur du Séminaire continuera à être Grand Vicaire, ce que nous espérons sans en être assurés.
un Pays, c’est | les premiers Pas.
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D'ailleurs, au lieu d’avoir un Evêque ami de la Maison, honorant et favorisant le Séminaire, on aura un Evêque constamment opposé, qui ne nous verra que de mauvais æil, qui observera nos démarches, nous contrariera etc. Est-ce vivre que de vivre ainsi ?
Si nous nous prévalons de notre opulence, et que nous voulions par là l'emporter sur son Evêque presque destué de ressources temporeiies, il est à craindre que nous nous perdions nous-mêmes.
Ce qu'on aurait dépensé pour l'Etablissement d’un “que, aurait mieux valu devant Dieu, que beaucoup
ct. En conséque | "ônes qua nous pouvons faire à nos Paroissiens ou à isations, dans ‘X 8. \
ivertement cont® i ait avantageux et honorable pour le Séminaire, es, etc. qu'un de ses membres fût élevé à l’Episcopat, et qu'il
t, est un des pluÿtontinuât de nous être uni comme à ses Confrères et à ses ain malheur danganis. Son affection pour notre maison, n’eût pas été dourainte seule d'uMfteuse, puisqu'il lui est encore attaché malgré les froideurs et les rebuts qu'il en a éprouvés ; et cette affection n’eût pas été non plus stérile et sans effet; car nous connaissons la droiture et la bonté de son cœur ; et le poste qu’il vecupe le mettait à portée de nous être utile dans l’occasion. Mais ce qui eut encore mieux valu pour nous,
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c'était de favoriser cet Evêque, de l'aider de doter | nouvel Etablissement. Car nous aurions eû part du bien que cet Etablissement aurait produit ; et nous pouvions espérer une protection particulière de Dieu pour notre Sémihaire, la conservation de ses priviléges et de ses biens. La conduite contraire pourra aboutir au discrédit et à la ruine.
Les Séminaires doivent être les appuis de la Religion et les boulevards du Diocèse. En qui l'Evêque se contiera-t-il, et à qui aura-t-il recours pour sa défense, si ce n'est pas à eux? Et s'ils se tournent contre lui, et en] donnent exemple au Clergé, qu'arrivera-t-il ? Leurs amisi eutreront dans leurs sentiments: ceux qu'ils ont ins truits et élevés, ayant naturellement confiance en eux suivront volontiers leurs exemples ; critiqueront la con duite de l'Evêque, s'opposeront à ses volontés, et iront peut-être jusqu'à lui résister ouvertement, et abandonner son obéissance., Que de malheurs à craindre !
Dans la contestation présente, si les Evêques ont le
dessous, on limputera aux Prêtres français, qui par là deviendront odieux à une partie du clergé et des Laïcs Si les Evêques ont le dessus, ils n'oublieront pas ceux qui ont excité la tempête ; et les Prêtres Canadiens qui les auront suivis en rejetteront la faute sur eux. Jr plus, l'Evêque Diocésain, mécontent des Prêtres français. | en fera venir d’autres d'Europe avec peine, et pourri s'opposer à leur venue dans ce pays.
Enfin, le Séminaire est mal vu des Evêques, qui n'ont plus de confiance en lui, et qui sont persuadés qu'ils affaiblissent l'obéissance Canonique dans les Étudiants et dans le Clergé. Les nouvelles maisans d'éducation k qui se sont établies en peu de temps, et celles qui pourront se former encore, se fortifieront et seront favorisées à mesure que le Séminaire déchoira ; et il pourra se faire que l'éducation nous soit enlevée.
Pour remonter à celui qui tient tout entre ses mains, souvenons-nous que N. S. a dit que ‘tout Royaume
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divisé sera désolé, et que les maisons seront renversées l'une sur l’autre. ”’ Et qu’on remarque bien qu’il ne dit pas: plusieurs royaumes divisés, maïs tout royaume, sans en excepter. Craignons que cette menace ne s'exécute sur nous et notre pays.
Il pourra se faire que, dans quelque temps, nous nous repentions de ce que nous avons dit et fait contre notre Confrère, et que nous soyons forcés de dire : merito hœc patimur, quia peccavimus in fratrem nostrum, dùm deprecaretur nos, et non audivimus : idcirco venit Super nos tribulatio.
N.S. disait aux Juifs ; ‘“ La pierre qui a été rejetée “ par ceux qui bâtissent est devenue la principale pierre “ de l’angle..…..celui qui tombera sur cette pierre s'y ‘ brisera.”” Mat. 21, 42. Je ne prétends pas faire l’application de ces paroles; mais je perse qu’elles méritent notre attention, aussi bien que celle-ci : Quiconque s'élève sera abaissé. Luc. 14, 11.
La Providence veille sur tout. Tôt ou tard la vérité et le bon droit se feront connaître, et Dieu mettra au grand jour, ce que l’on trame avec bien du secret. (1)
Nous usons de raisons subtiles contre les autres: on ons à déjà rendu la pareille, et on pourra encore le faire inotre détriment. L'homme est puni par où il a péché. Puisque nous nous plaignons des autres en ce point, re ls imitons pas.
Le Séminaire n’est pas assuré de son existence. On lui a contesté ses droits et ses possessions ; et nous avons Rujot de craindre pour l'avenir. Pour nous soutenir, ous avons besoin d’une Providence particulière, que Dous n’obtiendrons que par l'humilité, la charité et une holide piété. Or ces vertus sont-elles bien compatibles avec l'opposition et la division où l’on vit ? D'ailleurs
(1) Ces paroles du vénérable Sulpicien étaient prophétiques : La Comédie Infernale in est la preuve.—(Note Editoriale.)
pour obtenir cette protection spéciale de Dieu, qui nous est 8i nécessaire, nous devrions, étant faibles comme now sommes, secourir les fuibles : Beatus qui intelligit super egenum ct pauperum et non pas profiter de l’état de faiblesse et de dépendance où ils sont.
Enfin, l'union avec eux nous rendrait forts et peut être invincibles : f'rater qui adjuvatur à Fratre, quasi eivitis firma. Prov. 18, 19.
Il y a des peines canoniques contre ceux qui arrêtent l'effet des Bulles et Brefs des Papes.