Emprunt pour la construction de l'Eglise. Voyez page
Les Marguilliers, sans demander la permission de Mgr. de Québec, comme le Droit Ie prescrit, et même sans le prévenir, ont obtenu de la Cour du Banc du Roi, la permission pour la Fabrique, de faire un emprunt de vingt mille louis, pour fournir aux frais de la construction de la nouvelle Eglise, somme qui est moindre que la valeur des Bienfonds de la Paroisse de Montréal et hypotéquée sur ces biens. On dit qu'il n’était pas nécessaire de demander à Mgr. sa permission, ni même de le prévenir, parce qu’il est dit dans la Requête présentée à Sa Grandeur, pour obtenir la permission de construire cette Eglise, qu'on ne pourra fournir aux frais de construction, par les seules contributions volontaires, mais qu'il faudra avoir recours à des emprunts ; et que comme Mgr. a accepté cette Requête, il est censé avoir accordé en même temps la permission de faire ces emprunts Cependant, dans des affaires de ce genre, est-il permis de se contenter d’une autorisation ainsi présumée, sans en obtenir une qui soit expresse, en forme, et qui règle le mode de l'emprunt, sa quantité, ses conditions ? Ne fallait-il pas aussi que cette autorisation fût mentionnée duns la sentence ou décision des Juges, pour conserver le droit de l'Evêque ; et même avant de recourir aux
Juges civiles pour autoriser une Fabrique à emprunter, ce qui n'avait jumais eû lieu dans ce pays, ne convenait. il pas d’avoir l'avis de lEvêque, ou au moins de l'en révenir. Au lieu de penser ainsi, même actuellement, m fait l’éloge des Marguilliers dans ceci comme dans le reste, on relève leur prudence, et leur attention à ne Men faire que d’après la consulte des meilleurs Avocats.
Et on dit ouvertement, en présence de Ia communauté et d'étrangers, et sans en être repris, (au Réfectoire, le ler Octobre, 1824, au soir) que la permission des Juges vaut autant et mieux que celle de l’Evêque. (1)
6o. Bénédiction de la première pierre de l'Eglise Paroisssiale, le 1 Septembre 1824.
Voyez page 51.
Pour cette Bénédiction on n’invita pas Mgr. de Te! messe, qui était sur les lieux, parce que, disait-on, cela ne serait pas agréable aux Marguilliers. On invita Mer de Québec, à venir faire cette Bénédiction, on à nrier son Coadjuteur de venir la faire. Mais il se trouva que de ‘eur côté les Marguililiers avaient fixé et fait annoncer dans les gazettes, le jour de cette Bénédiction. Comme M. le Supérieur n’en savait rien, n'ayant pas été pré venu, il fut forcé d'écrire ? Mgr. de Québec, que s'il n'arrivait pas pour le ler Septembre, il ne pourrait fair la cérémonie, tixée à ce jour par les Marguilliers.
Le Lieutenant-Gouverneur s'étant trouvé à la Béné diction, dit qu’il frapperait sur la pierre bénite, mai après tout le Clergé, ce qu’il fit, ainsi que sa suite ; © le Dimanche suivant M. Boussin prêchant, fit marquer à ses auditeurs que cette pierre avait été affermie pa Son Exceilence le Lieutenant-Gouverneur ; ce qu devait encourager à fournir pour la construction l'Eglise.
10. Explication du fait indiqué ci-dessus, page 51, vers la fin.
Environ trois semaines avant la Bénédiction de la pre mière pierre de l'Eglise St. Jacques, M. L.. me dit qu la division qui régnait dans le Clergé, était très-fâeheust qu'il fallait prier pour obtenir la paix; que lui-mên
(x) Qui a bu, boira ! ! ! Note Editoriale,
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avait fait chanter plusieurs Messes à Bonsecours, à cette intention. Qu'il serait à désirer que la Fabrique procurêt à Mgr, de Telmesse, un logement convenable, avec une cour et un jardin suffisant, au Presbytère de Bonsecours, afin qu'il pût y demeurer pendant que l'on construiruit l'Eglise et la maison Episcopaie de St. Jacques : et que cependant il pourrait venir offcier à la Paroisse, de temps en temps, et que cette réunion produirait beaucoup de bien pour là Religion. Ilajouta que sans en être chargé par le Séminaire, il me conseillait de recommander à mon frère avocat d'en parler à queiques Marguilliers, pour connaître leurs dispositions. Je communiquai tout cela à Mgr. de Telmesse, et j'en écrivis à Mer. de Québec, qui répondirent que pour le bien de la paix. ils feraient tous les sacrifices compatibles avec leur caractère et leur dignité.
Mon frère fit sans beauoup de succès les démarches
que je lui avais demandées ; mais au bout de quelques semaines, me laissant. des délais, j'allai trouver M. Lar Marguillier, qui, après quelques plaintes, me dit que le projet de faire cesser les divisions, lui plaisait beaucoup ; et que quant à Bonsecours, si le Séminaire trouvait bon qu'on y logeñt Mgr. de Telmesse; il pensait que les Marguilliers y consentiraient aussi bien que lui. Cette réponse me remplit d'espérance et de Joie; j'en fis part à Mgr. de Telmesse, et je la rapportai ensuite à: M. :L. qui me blâma beaucoup ; que puisque la première pierre de l'Eglise de St. Jacques
et me dit, entre autres choses,
était bénite, rien ne pressuit pour ces affaires. pour toute réponse, me dit que j'avais mal fuit, et que je m'étais mêlé de ce qui ne me regardait pas.
termina cette intrigue ou ce stratagéme qui ne tendent qu’à retarder la construction de l'Eglise de St. Jacques, ou à la faire manquer, en amusant les Evêques par des
Un autre
Ainsi se
négociations qui n'avaient rien de solide ni de sincère.
80, Voyez page 54.
On dit que le différend entre M. Ch. et les Evêques, est une matière de pure opinion. On ne peut donc mo blimer si je parle et si je pense autrement, car les opinions sont libres. Mais ce qui aux yeux des autres est matière d'opinion, ne l’est pas pour moi; car je suis persuadé que ces questions intéressent la Religion et la blessent. Je dois done m'opposer à ces principes, parcequ’ils ne sont nullement indifférents pour moi comme pour plusieurs autres, et que je me crois obligé en conscience à les combattre selon mon pouvoir. Quand les supérieurs ecclésiastiques auront décidé que j'ai tort, et que je ne combats que la vérité ou des opinions libres, je me sou mettrai.
Il est fâcheux, dit-on, que dans une Communauté, un membre 86 déclare hautement contre son Supérieur et tous ses confrères. Oui, à moins que des raisons de conscience et de religion ne l’excusent et ne le justifient. Je ne me suis fait Sulpicien que pour appartenir davantage à Dieu et à la Religion ; et je n’ai jamais prétendu être exempt dans cette maison, de la soumission que tout chrétien et tout Prêtre doit aux premiers Pasteurs.
En agissant ainsi, vous désapprouvez et vous condannez les sentiments et la conduite de votre Communauté.
Oui, remarquez toutefois que c’est dans des choses qui concernent non le (Gouvernement de ma Communauté, mais celui de l'Eglise, qui est au-dessus de ma Communauté Au reste, je n'ai fait connaître d’abord mes senti: ments qu'à mesconfrères eux-mêmes. Si ce que j'ai dit ou écrit est connu au dehors, ce sont mes confrères qui l'ont manifesté.
N'est-ce pas une présomption blâmable, de prétendre penser mieux que tout le corps dont on est membre ?—— Oui, quand on n’a pas lieu de croire qu’on est uni de sentiments à un corps beaucoup plus &onsidérable. La
les Evêques, est donc mo bli- ‘ar les opinions tres est matière suis persuadé et la blessent.
parcequ’ils ne mme pour plun conscience à 1 les supérieurs t, et que je nv res, je me sou
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, de prétendre st membre ?——on est uni de nsidérable. La
seule Communauté qui jouisse du privilége de l'infaillibilité, est celle de l'Eglise ; tout autre est fuillible. D'ailleurs, je ne m'éloïgne du sentiment de mes confrères, que pour m'’unir à la partie la plus respectable du Clergé.
On trouve que je ne ménage pas assez le Séminaire. Je crois le ménager autant que le bien de ma cause le permet ; et plus que M. Ch. ménage les Evêques; et cependant on trouve son premier écrit très-modéré. Il y a d’ailleurs des circonstances où l’on est forcé de dire des choses désagréables qu'on ne dit qu'avec peine et qu'on ne dirait pas sans cela.
Enfin, pour ms justifier du reproche que quelqu'un m'a fait de trahir le Séminaire en me joignant au parti ucs Bvêques, et combattant les maisons de mes confrères, je pourrais citer ees paroles de St. Ambroise, Lib. 3, officiorumi, ‘’hap. 15:
“ Et scriptura quidem ait : clava et gladius, ec sagitta “ ferrata : sic homo est testimonium dans falsum adver-
‘sus amicum suum. Sed considera quid astruat. Non “ testimonium reprohendit dictum in amicum : sed fal-
“ sum testimonium. Quidenim si Dei causâ, quid si pa- “ triæ, cogatur aliquis dicere testimonium ? Numquid “ præponderare debet amicitia religioni, præponderare “ caritati vitium ?’”” (Ex Sect. VI, Dom. V, Sopt, in Breviar Rom.) Or, c'est pour Dieu et sa Religion ; c'est aussi pour le bien de mon pays, que je me suis opposé au Séminaire. Si cela est faux qu’on en donne la preuve.
(Signé,) J. B. Cx. BépaRp, Ptre.