‹ La comédie infernale ou Conjuration libérale aux enfers [microforme]Chapitre 173 sur 181 · QI · texte numérisé non relu

QI

“ j'aurais dû mourir -en arrivant de Rome, pour ne pas être té- ‘ moin de ce que je vois. ”?

L'Evêque de Québec a refusé l'entrée des prêtres français

Es.

dans son diocèse, parceque ces étrangers ne voulant vivre en harmonie ni avec le clergé, ni avec le peuple, étaient évidemment les auteurs des troubles qui régnaient dans le district de Montréal et qu'ils intriguaient sans cesse À Rome pour renverser ses plans les mieux concertés pour le bien du pays.

Deux fois il a été dans la nécessité d'envoyer des agentsà Rome ; ile ont réussi à faire connaître la vérité, mais quelle dépense pour payer les frais de ces agents.

Si encore les prétentions de cette maison étaient finies ; mais non, Mr. T'havenet est toujours ici, faisant ce qu’il peut pour soutenir les prétentions de scs confrères ; tout cela se fait en dessous et en cachette.

Mais une bonne cause ne craint pas de se traiter à, la lumière.

La plus grave et la plus calomnieuse accusation portée contre l'Evêque de Québec, c’est celle de vouloir s'emparer des biens de la maison, en refusant des prêtres pour remplacer ceux qui meurent.

Il est vrai que l’Evêque de Québec refuse l'entrée de cette maison aux étrangers, ce que le gouvernement refuse aussi : mais ilne refuse pas d’y laisser entrer des prêtres canadiens, ou du moins sujets anglais.

Il y a déjà dans la maison autant de canadiens que de Frar-

çais, c’est sur ceux-là que retombe la plus grande partie de l’ouvrage de la cure.

Ils n'ont aucune des places honorables ; hommec vertueux et sans prétentions, ils ont toujours eu le bon esprit de ne jamais s’en plaindre, quoique presque tous ne fussent du sentiment de ceux qui sont à la tête de la maison.

On m'a dit encore avant mon départ que plusieurs fois la maison avait rcfusé d'admettre des prêtres du pays parce qu’elle espé re toujours avoir des prêtres de France. Aïnsi la maison ne pourrait s’éteindre que par sa faute, en s’obstinant à ne pas admettre des Evêques qui sont disposés à en donner.

C’est une chose bien étonnante qui ne se rencontrera jamais qu'au Canada, que de voir une dizaine d'étrangers encore jeunes, venus de France, placés, par le conseil de la maison, aux premiers

alant vivre en haraient évidemment » district de Montpour renverser 8e8 s,

r des agentsà Ronais quelle dépense aient finies ; mais qu’il peut pour soua se fait en des-

raiter à, la lumière, ation portée contre aparer des biens de acer CEUX (ui meu-

l'entrée de cette refuse aussi: mais canadiens, ou du

iens que de Frarnde partie de l’oummez vertueux et it de ne jamais s’en sentiment de ceux

sieurs fois la mais parce qu'elle espéla maison ne pourà ne pas admettre

encontrera jamais vers encore jeunes, \ison, aux premiers

rangs, devenus tout-à-coup de grands seigneurs, de les voir, dis-je, vouloir faire la loi dans le pays, heurter ouvertement l'opinion du clergé et du peuple, s’obstiner à introduire dans le diocèse des étrangers, malgré l’Evêque diocésain, forcer toutes barrières pour parvenir à leur but, en venir enfin jusqu'au point de vouloir donner des Evêques au Canada, sans qu'on en sache rien dans le pays ; c’est ce qu'on a vu ici à la nomination du dernier coadjuteur de Québe. et à la nomination ac Mr. Tabeau pour Montréal.

Ces deux hommes n'étaient pas des ambitieux. Mer. Turgeon avait refusé la coadjutorerie de Québec en 1825, Mr. Tabeau a refusé d'accepter ses bulles, et est mort peu après l'arrivée d’un rescrit de Rome qui l’engageait à les accepter.

La charge d'Evêque est devenue si désagréable depuis quelques années au Canada, que ceux qui en sont dignes ne veulent pas l’accepter.

Dire que l’Evêque de Québec veut s'emparer des biens du Kéminaire, c'est une de ces assertions hardies et fausses que l’on a cru pouvoir débiter en France et à Rome, mais que l’on a jamais osé mettre au jour en Canada, parce que toute la population du pays l'aurait démentie.

M. Roux, Su périeur de la maison, qui vint à Rome, il y a quelques années, avait obtenu du St. Siége la permission de vendre les biens du Séminaire au gouvernement anglais.

L'Evêque de Québec refusa son consentement et envoya à Rome deux agents qui obtinrent la révoer£ion de cette permission. :

Il adressa, avec son clergé, une requête au Gouvernement pour demander la conservation de ces biens, le parlement se joignit au ciergé en demandant plusieurs fois que ces biens restassent tels qu'ils avaient toujours été, en la possession du Séminaire.

Le clergé comme le Parlement considéraient ces possessions comme biens religieux du pays, séparés d'intérêt avec St. Sulpice de Paris depuis que le Canada est passé à l'Angleterre ; ils consideraient que la possession des fonds était beaucoup plus sûre qu’une rente sur le Gouvernement ; que cette rente pouvait aussi

bien être payée en paysét ranger qu'en Canada; que le Gouvernemen pouvait changer, enfin qu'il y avait à craindre, que d'une maniè 1e ou d'une autre, le Canada ne se trouvât un jour privé du se cours de ces grands biens pour l'éducation.

La persévérance du clergé et du Parlement est sur le point j'espère, d'être couronnée de succès, comme je l’ai dit plus haut par là le Séminaire restera malgré lui possesseur de ses biens.

Il est important de remarquer dans la cause que je défends c'est-à-dire l'honneur et la réputation de l’Evêque de Québec que dans tous ces procédés du clergé et du parlement, il n'a ja mais été question de changer en rien la manière dont ces bien: ont été gérés jusqu à présent.

Jamais il n’est venu dans la tête de personne en Canada, de penser que l'Evêque de Québec se donnait tout ce trouble pour s'emparer de ces biens.

I veut, avec tout le pays, qu'ils scient conservés au Séminaire pour être administrés et depensés par la maïson selon les rèles de sa fondation : il n’a même jamais eu la prétention de connaître soit l2 manièr dont ils sont administrés, soit "emploi qu'on en fait.

On ditqu'il n'y a pas assez de prêtres en Canada: que c'est une raison d'y introduire des prêtres de France.

Mais à qui est-ce à juger de ce besoin, sinon aux Evêques ? Est-ce donc pour étendre la foi parmi les sauvages, dans les missions pénibles du nord de l'Amérique, qn’on veut forcer l'Evéque de Québec de recevoir des sujets étrangers ? Il n’en a jamais été question ; mais plutôt pour aller aw Séminaire de Montréal, où :] fait meilleur.

L'Evêque de Québec pourrait, à la vérité, employer plus de prêtres dans son Diocèse ; cependant un clergé laborieux pourvoit aux besoins des peuples qui lui sont confiés et personne ne manque des secours spirituels dont il a besoin ; l'Evêque de Québec trouve même le moyen d'assister les Evêques de Charlottetown et de Kingston en leur donnant de temps en temps des prêtres : ce qu'il ne ferait pas si son propre troupeau manquait de pasteurs. D'ailleurs six colléges bien administrés, :rois dans

que le Gouvernement lre, que d’une manièin jour privé du se-

ent est sur le point, je l'ai dit plus haut; sseur de ses biens.

use que je défends, ‘Evêque de Québec, parlement, il n'a janière dont ces biens

nne en Canada, de tout ce trouble pour

onservés au Séminai- , maison selon les rè- 1la prétention de connistrés, soit emploi

YanadA :

que c’est ince.

inon aux Evêques ?

ruvages, dans les misbn veut forcer l'Evégers ? Iln’ena jar Séminaire de Mont-

s, employer plus de sé laborieux pourvoit 1fiés et personne ne in ; l'Evêque de Quévêques de Charlotte

mps en temps des troupeau manquait ministrés, «vois dans

Rd

le Diocèse de Québec et trois dans le Diocèse de Montréal, vont fournir abondamment des sujets à ces deux Diocèses. Quatre de ces colléges ne sont en activité que depuis quelques années ; tous cependant ont déjà donné des sujets.

Le clergé encourage beaucoup l'éducation, une bonne partie de ses revenus est employée à la procurer à des jeunes gens pauvres et presque tous les testaments des Curés sont en faveur des maisons d'éducation, qui ont droit en vertu de leur charte ou patente, d'acquérir des fonds pour se soutenir.

Le parlement Provincial seconde les vues du clergé en soutenant les maisons d'éducation, par des sommes votées annuellement en attendant qu’elles puissent se soutenir par elles-mêmes.

Il fait plus ; depuis quelques années, il vote encore vingt cinq mille livres sterling, tous les ans, pour établir des écoles dans les paroisses, Ces écoles sont l'aliment des Colléges établis dans différents cantons.

Je suis bien fâché de me trouver dans la nécessité d'entrer dans des détails désagréables sur les affaires du Canada, je ne m'y attendais pas en le quittant.

Le but de mon voyage était de rendre compte au St. Siége de mes missions et de chercher, en Europe, des moyens de les secourir ; je me suis occupé de ce grand objet partout où j'ai cru pouvoir le faire.

En arrivant à Rome, je pensais n'avoir d'autre chose à faire qu'à solliciter des réponses à plusieurs questions présentées par l’'Evêque de Québec, par lequel j'avais fait demander la solution de plusieurs cas embarrassants, qui se rencontrent à tout moment dans les missions infidèles.

Pour satisfaire à la S. C. de la Propagande, j'ai. donné le 8 de ce mois, une notice sur la ville et le district de Montréal, le 12 un mémoire sur l'établissement de la colonie et de la mission de la Rivière-Rouge, et aujourd’hui ce sommaire des affaires du Canada, qui ont été traitées ici en détail les unes après les autres, par les agents de l'Evêque, et dont on peut trouver les preuves dans les archives de la Propagande.

Je souhaite que tous ces Ecrits tournent à la goire de Dieu et

à la paix dans ma patrie.

Je suis prêt à désavouer tout ce que l’on me prouvera être con-

tre la vérité que j'ai cru dire partout.

Rome 20 Mars 1836.

(Signé) + J. N. Ev. De JuLiIopoLIs.

pe) e

TROISIEME FASCIOULE |

goire de Dieu et

rouvera être con- RE $es

LA

(Comédie Infernale

E JULIOPOLIS.

Pieces JUSTIFICATIVES /

Page 1