‹ La comédie infernale ou Conjuration libérale aux enfers [microforme]Chapitre 34 sur 181 · LA COMEDIE INFERNALE. 101 CARREAU · texte numérisé non relu

LA COMEDIE INFERNALE. 101 CARREAU

Tu le devineras, lorsque tu sauras qu'ils ont fait ce qu'ils ont pu pour empêcher les populatious de suivre l’Archevèque jusqu'à l’Evèché: ils voulaient qu'il n’y eût pas d'autre triomphe que celui de Notre-Dame.

PERRIER

Je comprends.

CARREAU

Une autre chose. Les Curés perpétuels avaient toujours affirmé à Rome, qu'ils étaient contre le démembrement, parce qu'il s'agissait de paroisses Canoniques.........que les mêmes difficultés n’existeraient pas, s’il était question de paroisses civiles.

Fuue-Boucue.

Oui, ils ont dit cela à Rome, où je les accompagne comme inspirateur, en ayant soin seulement de me transformer.

BELZEBUTH

Tiens, je sais maintenant pourquoi tu es si bien renseigné, CARREAU.

En apprenant la mission de l’Archevèque, plusieurs paroisses ont fait des démarches pour devenir paroisses civiles.

Eh bien! croirez-vous que les Curés perpétuels se sont mis en quatre pour empêcher cela ?

LuCIFER.

Pas possible!

CARREAU

Mais, ils n'ont pas réussi; car les paroisses ont présenté leurs requêtes, et la chose se décidera bientôt.

BELZEBUTH

Le Curé Dowd a reussi.

CARREAU

Il a été démasqué. Les Irlandais de Ste. Brigitte vou- | aient former une paroisse distincte.

Là

Le Curé Dowd l’apprend, il va les trouver, leur représente À que leur démarche va donner un démenti formel à tous ses précédents protêts, et à force de larmes, de menaces, il parvient à faire abandonner le projet.

Cependant, cinq Irlandais crurent devoir rapporter le fait, et donnèrent en conséquence leur déclaration qui fut passée à l’Archevêque, au grand déplaisir du Curé Dowd, qui a failli

Babel a les écrits grande glo:

prouver qu teur. Rien

en mourir de honte.

Lucirer.

C’est le « ? WC » Ô d 1 € 0 L’Archevèque est-il gallican ? plus grossic CARREAU.

j ; ; , Se Les acte Non ! C’est un ultramontain, un préiat dévoué au Saint er TE ! contre Sir ( Siege. s pour ces fins

Il soumettra son rapport après la décision des commissai-

res civils.

D'ici là, je vais travailler afin que les Curés perpétuels . |

ici F je vais travailler afin q C pert Croibon:ré œasnent leur c se. . .

gagnent leur cause qui constitue

Pour aujourd’hui, je n’ai plus rien à révéler. (11 descend.)

On le croit

\ SCENE XII. roth, Les mêmes.

Il faut les LuciFrER. | agir sur les cl Vous ne dites rien ou presque rien de Leviathan, de B Sir George di, ‘ Babel, de Jalousie et d’Egoïsme-du-Bien ? Qu’ont-ils fait ! le principe d

- (reorge ou ab; BLABBUTH. que, pour rest

Leviathan s’est chargé des politiques et de plusieurs au-Q (© que le part

tres personnages.

Il a bien réussi avec un certain nombre, mais surtout avec Sir (Greorge et ses associés au barreau. Quand nous avons laissé le Canada, ces avocats étaiont à se tourmenter pour une cause ecclésiastique décidée par Rome contre leur client.

LucIFER. À [n'ya rien Et Babel ? telligences.

Les gens de plique pas qu’i

CARRI AU

Babel a mis la confusion dans les idées, dans les esprits et les écrits de ceux qui ont travaillé pour rous; mais sa grande gloire est une pièce qu'il a inspirée à la Minerve pour prouver que le Nouveau-Monde n’est pas un journal conservateur. Rien de plus confus que cette pièce.

ASTAROTH

C’est le sophisme lui-même avec ce qu'il peut avoir de plus grossier. :

CARREAU

Les acteurs de cette pièce disent : Le Nouveau-Monde est contre Sir (George, il combat la Minerve, il a été institué pour ces fins : donc il est anti-conservateur.

LuctFer.

Croit-on réellement en Canada que ce soient les hommes qui constituent les principes ?

CARREAU

On le croit à la Minerve, comme il a été prouvé par Astaroth, LucIFER.

Il faut les laisser avec cette impression. On aura qu’à agir sur les chefs pour égarer tout un parti. Ainsi, quand Sir George dira : il faut refuser telle chose aux évèques, si le principe de la Minerve est accepté, il faudra servir Sir (George ou abandonner le purti conservateur ; c’est-à-dire que, pour rester conservateur, il faudra se mettre à détruire ce que le parti avait promis de conserver.

CARREAU

Les gens de la Minerve sont,pourtant sensés. Je ne m'’explique pas qu'ils aient pu poser un tel principe.

Luctrer.

[Il n’y a rien comme le libéralisme pour préjuger les intelligences.

CARREAU

Pervertir c ont de forte les journaux Aivières, le esprits timic quand même

On le voit bien. Dire au Nouveau-Monde, à l'Ordre et à tous les autres journaux qui ont appuyé le programme, c’est-à-dire des idées essentiellement conservatrices, les seuls principes dignes d’ètre conservés ; car s’il y a quelque chose à conserver, c’est bien la liberté de l'Eglise; dire à ces journaux : ‘“ Vous n'êtes pas conservateurs, vous êtes des trai-

te laurier tres.” C’est ineffable ! rs.

ASTAROTH

On voit bien que Babel est passé lui aussi à la Minerve. Je voudrai Aussi n'est-il que juste de crier en chœur: Vive Babel ! mais franche San:

Tous. Sans doute, Vive Babel ! ralisme, et ce CARREAU. Pas Combattu \ . x . . la réritA Quant à Jalousie et à Egoisme-du-Bien, nous leur devons une : vérité et to grande partie de nos succès; sans les rivalités qu’ils ont sou. à déjà dit, ét: . À £ A? .

levées, nous n’aurions pas eu tant d'apôtres. “uourd'hui qu

Bravo pour ces deux intrépides soldats de l’enfer.

Tous. l lYaun coi Bravo pour Jalousie et Egoisme-du-Bien ! 1 mon cher Belz Lucirer se levant. 4 été démasqué

Il a été dévoi

Il s'est formé

Et ces politiq

de Montréal et |

k chainés, rivés, ] défenseurs, aux

Bien aimés princes de mon empire, le résultat de la délégation est satisfaisant.

Vous avez admirablement servi le libéralisme par tout ce que vous avez inspiré aux Curés perpétuels, aux journaux et à d’autres.

Poursuivez votre œuvre; ne vous découragez pas lorsque vous éprouverez des défaites ; rappelez-vous que nous n’uvons plus qu'une puissance limitée, bornée, et que ce n’est qu'à force de perséverance et de patience, que nous réussirons à remporter quelques avantages sur l’ennemi.............

Alors, on a eu Meux valu gard

BrLZÆÆBUTH.

Oui, de la patience, de la perséverance, et encore qui sait? os es à l'erreur qu'à ] Vrais catholiques Voyons, Belzébuth, console-toil Abandonne l'idée de Efilence, sans trah lisme était dans

LuciFer.

pervertir ceux qui sont'franchement catholiques, ceux qui ont de fortes et vives convictions; laisse-là les évêques et les journaux, tels que le Nouveau-Monde, le Journal des Trois- Rivières, le Franc-Parleur et les autres; adresse-toi aux esprits timides, aux prétendus prudents, aux amis de la paix quand même, et je suis certain que tu reviendras ccuvert de lauriers.

BELZEBUTH

Je voudrais partager tes espérances, glorieux monarque, mais franchement je ne le puis.

Sans doute, nous avons affirmé le gallicanisme et le lihéralisme, et ce serait beaucoup si, d'un autre coté, on n’eût pas combattu victorieusement ces erreurs, en leur opposant la vérité et toute la vérité catholique. Le gallicanisme, on l'a déjà dit, était dans les lois, et personne ne le soupçonnait: aujourd’hui qu'il est démasqué, on se mettra en garde...

LuciFER.

I y a un coin de la question qui se dérobe à ta reflexion, mon cher Belzébuth. C’est la manière dont le gallicanisme a été démasqué.

Il à été dévoilé dans la lutte, voilà notre fortune,

Il s’est formé deux camps par cette lutte,

Et ces politiques, ces journaux qui ont combattu l’évéque de Montréal et le programme catholique, sont aujourd'hui enchainés, rivés, par les causes mêmes dont ils se sont faits les défenseurs, aux principes faux du gallicanisme politique...

BELZEBUTH

Alors, on à eu tort d'appeler ces polémiques, et il aurait mieux valu garder le silence.

LuciFER.

Voilà encore ce qui te trompe: le silence ne va pas plus à l'erreur qu’à la vérité. L'Eglise en Canada, et tout les vrais Catholiques de ce pays, ne pouvaient pas garder le silence, sans trahir leur conscience. Sachant que le gallicanisme était dans les lois et dans l’esprit des Cures perpétuels,

et de plusieurs politiques, ils devaient nécessairement le combattre de toutes leurs forces, afin de l’étouffer sur place même.

Ah! si nous avions pu étouffer ces voix catholiques et leur imposer silence, c’ent été un bonheur: nous aurions eu le champ bbré..........ss.sssesssesss Snssuns SR PEAR ENS Ress

AXAPHAT.

Précisément comme il est arrivé en Europe avec le liberalisme catholique, qui demandait aux catholiques de se taire.

Le libéralisme a produit le silence de la vérité, et si quelques voix courageuses 8e sont élevées pour flétrir l’erreur, elles ont été blâmées par des évèques mêmes, ce qui a permis aux principes pervers et subversifs de s'asseoir partout dans la politique, dans les lois, dans les sciences et dans l'éducation. Et l'erreur a parlé, et elle a triomphé,; et la France catholique, la France de Charlemagne, de St. Louis, est devenue la France de Proud’'hon et de Thiers ; c'est-à-dire une France impie et rationaliste ; Belzebuth, :u as tort et c’est notre illustre monarque qui à raison !

BELZEBUTH

Je sais bien que le silence des catholiques est notre fortune, et personne n’ignore que je suis l’admirateur passionné du libéralisme catholique, précisément parce qu'il est le baillonnement de la vérité ; aussi, ai-je tenté d'imposer silence, de baillonner le plus de catholiques possibles. Cependant, je crois qu'il aurait fallu user de plus de réserve dans nos erreurs, et ne pas appeler par une affirmation trop ouverte de l'erreur, l'affirmation pleine et entière de la vérité.

LuctFer.

Ce que tu dis là serait vrai, si vous vous étiez servi de Dessaulles, de Doutre, de Laflamme, pour proclamer nos doctrines : le public se serait mis en garde contre de tels hommes, à cause de leur hostilité bien connue à l'Eglise.

Mais quand ce sont les Curés perpétuels, des politiques comme Cartier, Baudry, Cauchon, des journaux comme la

Minerve, et des ors voues à |] Le public apôtres, e!

Très bie

De plus, sement. [A

Pour peu q1 avec ses che tout le part

Oui ! oui | nerve ! Ia ph religieuse M

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Minerve la

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Minerve l'i} rable !

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Puisse-t-il er chose, c'est qud

LA COMEDIF INFERNALE. 107

Minerve, le Journal de Québec, etc. ; c'est-à-dire des hommes et des organes qui passent, à tort ou à raison, pour être dévoués à l'Eglise ; oh! alors, c’est différent, très différent. Le public se laisse séduire par la bonne réputation de ces apôtres, et il donne dans l'erreur avec une étonnante facilité.

Très bien ! Bravo ! LucirFer.

De plus, il y a l'esprit de parti qui nous sert merveilleusement. Quand les chefs d’un parti affirment une erreur, pour peu qu'il se trouve là une Minerve, une chère Minerve, avec ses chers principes de soumission aveugle, tout le camp, tout le parti est entrainé.

Tous, excepté Belzebuth.

Oui ! ouil Vive Cartier ! vive la Minerve ! la chère Minerve ! la philosophique Minerve ! l’obéissante Minerve ! la religieuse Minerve !

ASTAROTH

Minerve la libérale !

CARREAU

Minerve la partisanne !

BELIAL.

Minerve la sensée !

BAALBERITH.

Minerve l'impayable ! l’ineffable ! l’adorable ! l’innénar- ‘able !

LuciIFER.

Tu vois bien, mon cher Belzebuth, qu’il faut te rendre : tu as contre toi l'unanimité.

BELZEBUTH

Puisse-t-il en être toujours ainsi ! Je ne demande qu’une chose, c’est que mes tristes prévisions ne se réalisent jamais.

Luctrer.

Et il en sera ainsi, sois-en certain. Tu vas retourner en

INMERNALE,.

Canada, et, pour peu que tu suives mes conseils, tu reviendras, comme je te le disais tout-à-l’heure, couvert de lauriers.

Au lieu de tenter l'impossible, essaie le possible. Laisse parler los évêques, et tous les catholiques éclairés, puisqu'il est impossible de les baillouner. Seulement ruine leur influence; prète aux évêques des vues intéressées, des haines, des vengeances, etc., fais reprocher aux écrivains catholiques leur jeunesse, leur manque d'autorité, accuse-les de hardiesse,

de témérité, de présomption.

BELZEBUTH

Mais on en dira autant des nôtres!

LUCIFER

N'importe, on trouvera des sophismes pour les justifier, tandis qu'il sera facile de présenter les torts de nos adversaires sous les couleurs les plus noires. Comment! ferezvous observer à tel auteur ultramontain, vous osez toucher telle et telle question, ignorez-vous que les plus grands génies onttrembleen face de ces questions ? Ne savez-vous pas que l’enseignement est laissé aux clergé dans l'Eglise ?

De quel droit venez-vous toucher des sujets aussi graves et qui divisent les catholiques, etc ?

Toutefois, ces reproches pourront être fondés, LucIFER.

Alors, il faudrait bien se garder de les adresser.

Il ne faudra se le permettre qu'à ceux qui, en écrivant, n'avancent rien que sur l’autorité des Pères, des Docteurs, des Conciles et des Papes infaillibles. Ce sont les humbles, ceux-là, ceux qui se défient de leurs forces, de leurs lumiéres et de leur jeunesse : obligés d'écrire, de parler, pour attaquer l'erreur triomphante, il ne font, pour ainsi dire, que rappeler les éternels principes proclamés par les saints et les savants qui ont parlé avec le secours de l’Esprit-Saint,

Ces écrivains parlent peu eux-mêmes ; mais ils laissent parler beaucoup les grandes autorités.

Voilà les et décourage Et un des de te conseil Avec un p« mes religieu»

C’est la SA£ monarque. EH où vieux, de t chose très spé, ne l’est plus a

Autrefois, le pas éclaircies, le clergé exCeF profondément.

qu'on a attaqué ls points.

Le peu de qu quelles l'erreur nées, établies sont venus les P il est toujours f

Mais ces réflé outes les intel] raie position d 0mment il no UX Champions he grande aud eur raison d’êtr juil ne blesse en ‘urs, de sophisr aSOn d’étre vrai

Très bien ! Br

Maintenan t, Ba

Voilà les écrivains qu'il faut ridiculiser, combattre, ruiner et décourager à tout prix, et par tous les moyens possibles,

Et un des moyens les plus efficaces est celui que je viens de te consciller.

Avec un peu d’habileté, on peut même amener des hommes religieux, des prêtres, des évêques, à nous servir ici.

BAAL

C’est la sagesse même qui parle par ta bouche, illustre monarque. En reprochant à un écrivain catholique, jeune ou vieux, de traiter des sujets trop graves, on invoque une chose très spécieuse, et qui, pour avoir été vraie autrefois, ne l’est plus aujourd’hui.

Autrefois, les questions de la science catholique n'étaient pas éclaircies, les livres étaient rares, l’éducation difficile; le clergé excepté, personne ou presque personne n’étudiait profondément. Aujourd’hui, il n’en est plus ainsi; la vérité qu'on a attaquée sur tous les points, s’est défendue sur tous les points.

Le peu de questions incertaines qui restaient et sur lesquelles l'erreur était possible, Pie IX les a définies, illuminées, établies irrévocablement, et des miliers de savants sont venus les propager ; en sorte que, pour quiconque écrit, il est toujours facile de se guider sûrement.

Mais ces réflexions ne viennent pas à tous les esprits, outes les intelligences ne sont pas capables de saisir la traie position de l'écrivain catholique de nos jours. Voilà omment il nous sera toujours profitable de reprocher kux champions de la vérité une certaine témérité et même

ne grande audace. Sans doute, ces reproches n’ont plus eur raison d'êtres quand l'écrivain s'appuie fortement et ju'il ne blesse en rien la vérité; mais nous vivons, nous, d’er-

eurs, de sophismes, de prejugés, et tout ce qui n’a pas sa aison d’étre vrai fait notre fortune.

Tous, excepté Belzébuth.

Très bien ! Bravo | Lucirer.

Maintenant, Belzebuth, est-tu convaincu ?

110 LA COMÉDIE INFERNALE BkLZEBUTH. oui ! elles Décidement, je me rends de bonne grâce, jour dans Je suivrai tes conseils, sage monarque, et, comme le der- Cepend: nier me plait surtout, je vous promets de faire une guerre amplemen en règle à tous les écrivains catholiques. recueillerc

die “ Bien di Bravo! Vive Belzebath ! Guerre aux écrivains catho- it

liques |!

A propos

LUCIFER

téressera, 1 J'offrirai un âutre conseil à la délégation. D Lo libéraïisr

, ,. y 1" iv à ñ Il est entendu, n est-ce pas, qu il faut se servir de gens di Nos libér, cents et à la réputation catholiqu. pour propager nos d'autant pl 00 4 ?

erreurs ? du Nouveau Tous :

’ . ë avaient déjà Oui ! Oui! Ja LUCIFER. è qu'est malh

Or done, 1

IT faut faire plus encore. Il faut éviter de tirer nos apôtres | se Sont réuni

de la bonne foi ; car ils nous abandonneraient.

Tous, moins Bélial.

nl Bravo ! Et que se} LuctreRr.

ND: , n A ’ , av à à Rien n’est plus entèêté qu’un homme, qu'un aveugle de On posa la bonne foi. sant la guerrd Tous moins Belial, vait être sau

Bravo ! Bravissimo !

LuctFER. Il y eût diy

Et puis, c'est le préjugé, c'est le sophisme pur et vierge

Certaine k : ainer qui se rencontre sous la plume de l’aveugle de bonne foi. M

en Purgatoire 4 4 ô 1 . . ) Tous, excepté Belial. du ciel, avec u

Très bien ! Très bien !

BgrraL. Quel drapea Mais, prince, alors nous perdons ces âmes ; étant dans la bonne foi, elles ne seront pas responsables de leurs égare- Le Curé Ro: ments ! l'inscription :

LucIFER. t Fabre n’en

Si elles ne sont pas préjugées par leur faute, si rien n'a pu ébranler leur bonne. foi, si leur ignorance est invincible, Nécessairem(

DS

res

de

re re

18 la pare-

ible,

oui ! elles seront sauvées; autrement nous les verrons un

jour dans cet abime de souffrances éternelles.

Cependant, en admettant qu’elles se sauvent, nous serons amplement dédommagés par la récolte d'âmes que nous recueillerons de leurs doctrines perverses.

PLUSIEURS Voix.

Bien dit !

CARREAU

À propos, j'ai quelque chose à vous rapporter qui vous intéressera. Vous savez que le Saint-Père a flétri dernièrement le libéralisme catholique de la manière la plus énergique.

Nos libéraux Canadiens n’ont pas vu cela sans inquiétude ; d'autant plus que les polémiques si claires, si orthodoxes du Nouveau-Monde et des autres journaux ultramontains avaient déjà singulièrement alarmé nos pauvres égarés : ce qui est malheureux, très malheureux.

Or donc, leur inquiétude étant bien légitime, nos gallicans se sont réunis à Montréal et y ont tenu nn grand conseil,

Fume-Boucxe.

Et que se p&sea-t-il dans ce conseil ?

CARREAU

On posa la question du salut; chacun demanda si, ea faisant la guerre à l’autorité épiscopale et au Syllabus, on pouvait être sauvé ?

Fume-Boucue.

Il y eût divergence ?

CARREAU

Certainement; à la fin il fut décidé que tous s’attendraient en purgatoire ; puis qu'on se présenterait en corps à la porte

Bu ciel, avec un drapeau particulier.

PLUSIEURS VOIX

Quel drapeau ?

CARREAU

Le Curé Rousselot à proposé un drapeau pontifical avec l'inscription: Bienheureux les pauvres..…................Cauchon t Fabre n’en voulurent pas.

Fume-Boucue.

Nécessairement, ils ne voulurent. pas passer pour des... , î

as

Le juge Baudry proposa le drapeau de la Puissance du Canada, avec l'inscription: Seigneur pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font !

On n’en voulut encore moins,

Enfin une proposition de Sir (teorge, secondé par le Supérieur des Curés perpétuels, réunit tous les votes.

PLUSIEURS VoIx.

Voyons ?

CARREAU

Ils proposèrent de se procurer une soutane de l’évêque de Montréal, surmontée de la mitre de l’évêque de Trois-Rivières d’attacher à cette bannière le programme catholique, les décrets de l’évêque de Montréai sur le démembrement, tous les journaux qui ont adheré au programme, et de parsemer ça et là sur la dite bannière des feuilles du Syllabus.

Fuxr-Boucus.

Par exemple!

CARREAU

De plus, il fut décidé que le Supérieur des Curés perpétuels ouvrirait la marche, portant le drapeau avec Sir George et Cauchon à ses côtés, et que le juge Baudry la fermerait en chantant l’hymme des Saints Innocents, codifiée pour la circonstance.

Fume-Boucxe.

Pour le coup, ils formeront un cortége ravissant ? LucIFER.

Allons, la séance a duré assez longtemps; plusieurs doivent éprouver le besoin de se reposer.

Séparons-nous un moment. À minuit, je réunirai la délégation pour lui donrer de nouvelles instructions. Mais, avant de nous séparer, faisons retentir l’enfer de nos deux cris de guerre.

Tous.

ViveL EliberA LismeC AthoL Ique !

MoR TaluL TraM OntaN 1sme !

Fin DU DEUXIEME ACTE.

CONJUR

LMPRIMERIE D

INTERMEDE

OMED/E ÎNFERNALE

UONJURATION LIBERALE AUX ENFERS

UN ILLUMINE

MONTREAL LMPRIMERIE DU 4 FRANO-PARLEUR ”, 9, Rue SAINTE-THÉRÈSE

Ancienne place autrefois occupée par le P:ys

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