L'EMPLOYÉ
Sir Georges aurait dû, en effet, laisser les messieurs du Séminaire se débattre comme 1ls l’entendaient., Malheureusement Sir Georges n’est pas théologien ; il a pu être facilement entraîné, avec tant d’autres, à prendre fait et cause pour ie Séminaire qui 8e posait en victime.
Vous avez dit le vrai mot. Les politiques ne devraient jamais entraver l’action de l’épiscopat. Karement un évêque a tort, et toujours le clergé et les fidèles finissent par 8e ranger comme un seul homme près de l’évêque molesté. Gare alors à ceux qui ont molesté cet évêque.
L'EmrcoYé.
Tout cela est très vrai.
L'Avocar.
Allons, je vois que la Comédie n'est pas une œtvre si terribie, ni si inligne, et volontiers je retire toutes les accusations que j'ai portées contre elle, Pour être parfaitement reconcilié avec l’Illuminé, il ne me manque plus que de savoir pourquoi il ne s’est pas nommé.
La gravité de son sujet exigerait cet acto-d'honnéteté.
LE NoOïTAIRE,
Vous dites l’auteur. C’est les auteurs qu'il faudrait dire. La Comédie est une œuvre de collaborateurs.
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LA COMÉDIE INFÉRNALE. 183 sé L'INSTITUTEUR.
ir Vous êtes dans l'erreur. Un seul y a mis la main. >st L'Illuminé À inême terminé ses deux premiers actes sans faire purt de son œuvre à qui que ce soit.
urs Ce n’est que sur le point de livrer son œuvre à l'éditeur À, le qu'il l’a soumise à un laïque, son conseiller et son guide.
Ayant été approuvé de ce laïque, il communiqua son écrit à deux jeunes hommes, ses amis, priant l'un d’eux àäe lui trouver un éliteur !
; du LE NOTAIRE, Malêtre Où l'INuminé s'est-il pourvu de documents ? Qui l'a si it et bien rense.gné ?
L'AVOCAT
D'abord pourquoi ne s'est-il pas nommé ?
aient t un L'INSTITUTEUR.
issOnt , Re £ :
C'est par dérision qu'on a appelé les ultramontains rèaue : DRE ; FR :
4 tlumin's' c’est pour mépr.ser cetto dérision que i’auteur en a fait son titre et son nom.
D'ailleurs, l’auteur a laissé assez de traits de lui-même D'ailleurs, l’aut laissé assez de traits de 1 dans sa Comédie pour être reconnu. Tous ceux qui ont un peude flair littéraire n’'ignorent pas qui il est. Enfin Ron intention est de se nommer dès qu'un nom responsable Rengagera la polémique.
ivre Si tes les L'AVOCcaAT.
faite- : RE ; Fr Et si la polémique ne s'engage pas ?
us que L'ISTITUTEUR.
iteté.
L'auteur, probablement, se nommera quand même. | L'AVOCcAT.
it dire.
À la bonne heure, je suis satisfait.
L'INSTITUTEUR
Pour ce qui est des documents et des renseignements, la chose est bien simple. Les protêts des MM. du Séminaire ont été lus dans les assemblées publiques. Les MM. du Séminaire ont fait imprimer et publier tous leurs protêts, leurs mémoires, les écrits du juge Baudry, excepté peut-être son fameux Code des Curés, les opinions de leurs avocats ; ils ont distribué toutes ces pièces à plusieurs personnes,
L'Avocar,
Les messieurs du Séminaire nient formellement qu'ils aient livré ces pièces à d'autres qu'à ceux qui devaient juger de leur appel.
L'INSTITUTEUR
Je pourrais vous citer plusieurs noms: lIlluminé le fera au besoin.
En attendant, je signalerai le Recorder Sexton, Mgr, Farrel, le Dtr, Hingston, tous gens n'ayant pas mission de juger de l'appel du Siminaire.'
L'AVOCAT
Un imprimeur canadien m'a pourtant assuré que l'évé-
qué avait prié Les catholiques de ne rien imprimer sur cette question.
L'INSTITUTEUR
Cet imprimeur vous a dit vrai.
Aussi, les MM. du Séminaire ont-ils fait imprimer chez
un PROTESTANT !
Qu'ils viennent maintenant reprocher à la Comédie de scandaliser les protestants, en leur apprenant des choses qu'ils doivent ignorer.
L'AVOCAT
L'évêque n’a-t-il pas aussi fait imprimer ses mémoires!
Oui, ses proté d'imprim la plus France,
L'Illum difficulté ?
Voyant à pressent; Youlu suivi curé, à la Le jour, tous le touraient Je Ceux de l'é peine infini
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L'INSTITUTEUR
Oui. Voyant la publicité que le Séminaire a donnée à ses protêts, etc., l’évêque, en cela très justifiable, a permis d'imprimer certains documents, mais pas avant 1869, encore la plus part de ces impressions ont-elles été fuites en France.
L'AVOCAT
L'Illuminé s'est procuré ces derniers documents avec difficulté ?
L'INTITUTEUR.
Voyant l'opposition du Séminaire, l'auteur de la Comédie à pressenti un malheur pour l'Eglise du Canada. Il a voulu suivre les difficultés dès 1865. Pour cela il s'est procuré, à la longue et sans savoir l'usage qu'il en ferait un jour, tous les documents. Il a obtenu facilement ceux qui: couraient les rues, je veux dire ceux du Séminaire. Pour ceux de l’évêque, il ne les a eus qu'après 1869 et avec une peine infinie.
L'AvocaArT.
Les lettres privées, où les a-t-il prises? Entre autres, la réponse du Séminaire à l'Evêque relativement au plan de démembrement | ‘
L'INSTITUTEUR
Cette lettre se trouve dans plusieurs documents imprimés,
Les personnes qui ont assisté à l'assemblée de la paroisse Notre-Dame de Toutes-Grâces, savent que le Supérieur du Séminaire a rapporté, dans son protêt, la partie de sa kttre citée par la Comédie.
L'Avocar.
‘ependant, on accuse l’Evêché d'avoir fourni à l'Illuminé bien des renseignements.
L'INSTITUTEUR
On accuse à tort. Les prêtres de l'évêché et l'évêque n'ont rien fourni. Et l'Illuminé le prouvera quand on
voudra,
Comment, d'ailleurs, l'aura.ent-ils pu? ils ignoraient lo projet de la Comédie. Ils ont connu l'œuvre 1 jour où elle ù paru.
L'EmPLoyé.
Les messieurs du Séminuire ont adressé un exemplaire
de la Comédie à Rome.
L'INSTITUTEUR
L'Illuminé les a devancés. La Comédie était imprimée
et brochée depuis un mois quand elle à paru.
Le NoTaAIRr.
Le Nouveau- Monde n'a pas voulu continuer l'annonce dans ses colonnes,
L'INSTITUTEUR
L'annonce était ainsi conçue: Pour paraître prochaine. ment : La Comédie Infernale. Or, la Comédie était livrée au public, lorsque le Rédacteur du Nouveur-Monde en a lu quelques pages Ila compris que l'annonce n'était plus nécessaire, et qu’il fallait avertir le public de l'apparition de cette œuvre.
LE NorTatRe,
En voilà une explication!
L'INSTITUTEUR
Elle ne vous satisfait pas. Je vous en donne une autre. Le Nouveau-Monde dit: Il nous est tomhé sous la vue quelques pages de la Comedie, nons croyons, etc., ete, Celui quia écrit çela n'avait donc pus lu toute la Comédie. Il ne
pouvait pages 8e
celle de 1 de la Con suivante, scandu lise
L'auteu œuvre ?
Je vais x l'auteur av
C'est cel:
L'auteur avec sa vie l'impression récentes sur
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LA COMÉDIE INVERNALE. 187
pouvait la condamner, qu'après avoir vu comment ces pages 8e liaient aux autres. On ne juge une œuvre comme celle de la Comédie, que par son ensemble. A telle page de la Comédie, les démons proclument telle erreur ; à ln suivante, la vérité contraire. Qui lit lu première est scandulisé, Qui lit les deux est édifié.
L'Avocar.
L'auteur n'a-t-il pas eu lui-même un peu jeur de son œuvre ?
Je vais vous dire tout ce que je sais des sentiments de l'auteur avant et après son œuvre.
LE VILLAGLOIS.
C'est cela.
L'INSTITUTEUR
L'auteur profitait de ses vacances pour rompre un peu avec sa vie habituelle, si solitaire. Il voulait aussi savoir l'impression produite dans le public, par les polémiques récentes sur le Code des Curés et le Programme Catholique.
Tout un long mois, il recherche la société des hommes instruits.
Il interroge beaucoup et parle peu lui-même. Tout un
Dong mois, il entend énoncer les principes les plus hétéro-
doxes, les doctrines les plus erronées, les préjugés les plus faux,
Ici, on accuse l'Eglise d’empiètement, d'intolérance, d'injustice; là, on proclame le libéralisme comme nécesaire en Canada ; ailleurs, c'est l’évêque de Montréal, qui est égaré, qui vole des églises, qui veut mettre 14 main sur ls biens du Séminaire, et qui persécute de saints prêtres ; presque partout, enfin, notre Illuminé entend des choses qui le désolent, le navrent, d'autant plus qu’elles se trouvent sur des lèvres plus honorables. Un jour, après une veillée plus accidentée dans ee sens, il se demande ce qu'il
pourrait faire pour éclairer et désabuser tant de bons esprits si indignement abusés. Longtemps il cherche, longtemps il médite, longtemps il gémit de ne rien trouver, Découragé, attristé, il prend le purti de demander à lu prière les consol'ations et les lumières dont son âme sen.
L'avez-v
tait en ce moment un 81 profond besoin. Il prie donc et il ,
nee . RS Etes Je m'en s
médite. La prière méditée porte conseil, Tout à coup une
idée traverse son esprit : Toute une scène infernale passe sous sa vue. La Comédie Infernale est décidée...
Admirabl
LA FEMME DE l'AVOCAT, riant mais sins malice. dites seuler
PE rs de ans et des
Ainsi les Illuminés prient avant de faire leurs mauvais ee
; aussitôt qu'’e coups ? r
L'INSTITUTEUR. LA FEM Toujours maligne ! Hélas! les filles d'Eve ne valent J'en dirai pas mieux ! Mais je poursuis. louave pon Quand son deuxième acte fut terminé, l'Illuminé se de- Œqu'il a reçu manda sison œuvre devait oui Gu non produire du bien. infaillible,
Il consulta, comme je l'ai dit il ÿ a un instant, son guide; mais surtout il pria, (‘a n'est qu'après s'être assuré de la droiture de ses intentions, de la pureté de ses doc- Vive le Pa trines et de la justesse de tous ses avancés qu'il livra son manuscrit à l'impression,
LA FEMME DE L’'AVOCAT, gaiement. Vivent les
Droiture des intentions, pureté des doctrines, justosso des avancés, que tout cela 3st beau et touchant! j'ai force
= * | Nr Viv envie de me convertir # !a Comédie. Si je... iront les : {Les cloches annoncent l'heure de la Messe de Minuit.)
PLUSIEURS Voix. Donc : Viv
Bclame La Messe ! La Messe ! 1és par le
(Tout le monde se lève.)
Vive la Co
LA FEMME DE L'AVOCAT
‘ Ailions à la Messe. Nous traiterons après’ la grande / affaire de ma Conversion à l’Huwmination Anfernale.
n# 08longuver, à la
sen- ‘et il p uno
pi SNQ
UVAiS
ulent
se deion.
y son Lssuré s doc- "a son
IStO880 force
rande à
E dites seulement un pater pour la conversion
Ramés par le Pape infaillible !
LE ZOUAVE, riant.
L'avez-vous lue au moins ?
LA FEMME DE L'AVOCAT
Je m'en serais bien gardée.
LE ZOUAVE, riant.
Admirable ! c’est le mot de la fin! Eh bion, madame,
des galli.
ans et des libéraux, et vous serez convertis vous-mê
me, aussitôt qu'exuucée. LA FEMME DE L'AVOCAT, avec une grâce charmante. J'en dirai un deuxième, afin d'obtenir du ciel que le
louave pontifical meure avec la plénitude des lumières
qu'il a reçues, en échange de son dévouement au Pape infaillible,
PLusIEURS vorx.
Vive le Pape infaillible!
LA FEMME DE L'AVOcaT.
Vivent les défenseurs du Pape infaillible !
Tous, excepté le Zouave.
Vivent les défenseurs du Pape infaillible !
Le Zouavez.
Donc : Vive la Comédie qui défend les principes pro-
Tous.
Vive la Comédie Infernale ! ! 1