‹ La comédie infernale ou Conjuration libérale aux enfers [microforme]Chapitre 62 sur 181 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

Les précédents, plus Olivor.

Luctrer.

Est-ce l’âme d’un Curé perpétuel ?

Oz1vor.

ù On n’a jamais pu savoir. Elle a lu le mémoire en quesérable À tion, et comme rien ne s'efface dans les âmes, ça suffit à | notre dessein.

LUCIFER

ne BON Fais l'office de locteur. Il y a-t-il uno préface ? OLIVOR.

Non ! Mais il y a une déclaration.

choses és perpé Lucrrer, k. Pré | al. " | Lis-là.

ens ; des j5S prouvent OLIVOR, lisant.

ement et & { DÉCLARATION ET OBSERVATION PRÉSENTÉES PAR J. B. Cn. Bénarp, PTRE. DU SÉMINAIRE DE MonTR£Ar, À MR. Rovx, SUPÉRIEUR DE CETTE MAISON, ET AUX AUTRES PRÊTRES, SES DDONrRÈRES, MEMBRES DU MÊME SÉMINAIRE, AU SUJET DU BOUVERNEMENT ECOLÉSIASTIQUE DU DISTRICT DE Monr- RÉAL, LER. JUIN, 1824.

“M, le Supérieur est humblement prié de lire cet écrit, et e le onner à lire à tous les membres de la maison.

autre.) ! LÉCLARATION.

“Comme ma conscience ne me permet pas d'approuver la Buduito du Séminaire dont je suis membre, dans ce qui corne le Gouvernement spirituel de ce District, et que

je me croirais responsable au Souverain Juge si je no ri. clamais contre ce qui s’est fait en mon nom aussi Lien qu'au nom de mes confrères, je déclare ce qui suit et cola de mon propre mouvement et sans y être excité par la de. mande ou le cunseil de qui que ce soit :

‘“ Je déclare donc que je ne consents en aucune manière aux mesures que ce Séminaire a prises et à celles qu’il pour. rait prendre à l'avenir pour empêcher, retarder ou gêner l'établissement de Mgr. de Telmesse à Montréal, où cet Evêque veut se fixer pour gouverner, dans l’ordre spirituel, cette ville et son district, selon les pouvoirs qu'il en a reçus du Souverain Pontife et de l'Evêque de ce diocèse. Et parce qu'il convient que je fasse connaître les motifs qui m'ont déterminé à faire la démarche que je fais aujour d'hui, je présente à cet effet les observations suivantes, que je soumets à mes supérieurs ecclésiastiques, et dan lesquelles je n'ai aucune intention de contrister le respec. table corps dont je suis membre, ou de lui porter le mor dre préjudice. Je veux, au contraire, en plaidant la caus de notre Evêque et de son suffragant auxiliaire me rendn utile à mes confrères, et leur prouver l'attachement sincère que j'ai pour eux.

(Signé) ‘ BéÉDpaARp, Ptre. S.S."

FuuE-Boucrre.

Ce Mémoire, je me le rappelle, est aussi à Rome. OLIvoR.

Ainsi qu'à Paris. [auteur l’a a’lressé à tcus sos aupé

rieurs ecclésiastiques.

LuciFEr.

drése ne

Ce Mémoire est-il volumineux ?

O.1voR.

150 pages in-12. 1

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Voici u:

Sulpice.’

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LuuCIFER.

Il est impossible de le lire en entier.

OLIvor.

D'ailleurs 1 1me-Bouche a traité la plupart des questions qu'il contient.

LucIrER.

Dans ce cas, lis-nous les points les plus importants que nous l'NO*ONS.

OLIVOR.

Voici un article intitulé : “ Esprit du Séminaire de St. Sulpice.”

LUCIFER

Communique-le nous.

OLIVOR.

“Nous devons avoir de la ressemblance avec notre Fondateur, et nous conduire par son esprit. Or, dans ce Nénérable Père, quel respect } sur les Evêques, quelle humilité, quel désintéressement ! Qu'aurait-il fait, lui et les anciens sulpiciens que nous révérons, dans les circonstanes présentes ? Que °s enfants imitent leur Père ! Je ne Üs jamais la vie de \f. Olier, par M. Wagot, art. 3 et 4,

Bans faire des réflex: ns affigeantes sur la conduite de

botre Maison, comparée aux sentiments de notre Fonda-

jeur

“Une des principales raisons qu’on allègue contre la

résence de l’Evêque de Telmesse, eat que son séjour dimi-

ura l'influence du Séminaire et celle de son Supérieur ui auparavant gouvernait le district. Mais outre que la n'est pas vrai, on peut dire que l'esprit primitif de Sulpice n'était pas de gouveraer les diocèse, en tout ou partie. J'ai toujours ouï dire que dans cette Congré-

gation, on ne cherchait que la vie cachée, ot non à influer sur le public, que la Sociéte n'avait d'autre but que de former dans les Séminaires de jeunes ecclésiastiques auxquels on n’inspirait que du respect et de l’obéissance.”’

Lucrrer,

C’est un digne fils de M. Olier qui a écrit cette belle page.

Ozrvor.

Ecoutez ce qui suit :

‘“ Depuis un certain nombre d'années, on s’est accoutumé à critiquer l’Evêque, à le blämer à la face de la Communauté, et même devant des prêtres étrangers. Ce n'était pas là l’ancien esprit de la Maison. A force de répéter les sujets de plainte, on produit une opposition de sentiments, et un levain qui fermente et aboutit à uno rupture.

‘“ Si dans les commencements ou depuis, on eut propos à la Communauté une conduite plus doute et pius géné. reuse envers les Evêques, je ponse qu'elle l'aurait adoptée avec plus de plaisir qu’une conduite plus sévère.

‘“ Nos pères n'auraient pas donné lieu à de pareils reproches. Au reste, dans notre communauté, le bien de la paix, l'édification des fidèles, ics autres avantages ne

valent-ils pas mieux que ce que l’on pourra gagneren

continuant la résistance ?”’ BaaL.

Cette lettre a un ton de douce simplicité bien proprei toucher.

Ozt1voRr.

‘“ Mais, continue le digne Sulpicien, pour ne parler qu des avantages de la paix, plusieurs d’entre nous étail avancés en âge, ont plus besoin de paix que de combt et de consolations, que de troubies et d’amertume. Quail

à moi, si j'eusse prévu ces chagrins, je ne me serais p# drdre, Il &

Poursuit le Autres Prêtr ques, etens

fait Su droit di devraie partout “Now NOUS, et dence n dés. M, l'opposit nous, ce nous, ””

Ces par

Voici de important:

“ Les re tenir un E mérite et a @que je de nous re D0us. Not ront être 1 Plus visible réputation ( Contraire.’?

Voilà ce

fée fait Sulpicien, Mais maintenant que ïe le suis, a-t-on ; dé droit de me causer les peines dont je me plains et dont je es devrais être exempt dans une Communauté, plus encore que L partout ailleurs.

“Nous devons aussi penser à ceux qui viendront après nous, et leur transmettre les biens spirituels que la Providence nous à communiqués par ceux qui nous ont précé-

belle dés. Mais si nous leur laissons les divisions intérioures, l'opposition pour les Evêques, et celle des Evêques pour nous, ce sera un bien triste héritage qu'ils recevront de nous.” | A SÉO BAALBÉRITH.

ce : Ces paroles de M. Bédard sont prophétiques. rce de Oztvor.

tion de , à uno Voici de ce mémoire, un autre article qui me parait important:

proposl “ Les revenus d’une de nos seigneuries employés à sou a géné. tenir un Évêque, nous auraient couverts d'honneur, de adopté D nérite et auraient assuré notre existence. C’est du moins ceque je me persuade. Les envieux auraient alors cessé a repro- de nous reprocher nos richesses et de les tourner contre in de a nou. Notre grande fortune et nos grands revenus pourages ne ront être la cause de notre perte... “Nos fautes sont gner eu M plus visibles aux yeux des autres qu'aux nôtres, et à une

réputation de grande vertu, peut en succéder une toute contraire.”

AXAPHAT.

propre} Voilà ce qui s'appelle frapper juste.

OL1vor.

Ecoute ce qui suit: “ Dans la Révolution française, poursuit le pieux Sulpicien, on à employé les Curés et les autres Prêtres ponr affaiblir et ruiner l'autorité des Evéques, et ensuite on a abattu facilement le clergé du second brdre. Il semble que l’on commence quelque chose de

semblable dans ce pays. Il y a pourtant une différence ; c’est qu'en France, ce furent les partisans de la philosophie qui imaginèrent ces moyens de destruction et qui, s'étant emparés du Gouvernement, les firent exécuter. Ici c’est le clergé qui persécute les Evêques, les dénonce au public, et les accuse à la face du Gouvernement pour les lui rendre suspects et odieux, et l’inviter en quelque sorte à gêner et à ruiner notre Religion.

“Quand le Pape apprendra ce que les Sulpiciens du Canada ont fait à l'égard de leur Evêque et de son Auxiliaire, je ne sais ce qu’il pensera et ce qu’il fera par rapport à notre Maison.”

FuME-BOUCHE.

‘ Posuit Episcopos et non Sulpicianosregere Ecclesiam Dei.’

OLIVOR.

‘#Quand nos intérêts changent, dit encore M. Bédard, notre langage change aussi: par exemple sur les Sulpiciens devenus Evêques, sur les jibertés de l'Eglise gallicane, dont on parle depuis queiques années bien différemment de ce que l’on fuisait auparavant, sur l’état de ce diocèse, car quand il s’agit des grandes cérémonies pontificales, on dit qu'elles ne conviennent pas à un pays do mission tel que celui-ci; mais quand il s’agit d'observer le: formalités prescrites pour l'élection et la réception des Evêques, on dit que ce diocèse est aussi régulier et aussi bien établi que ceux de France. Pareillement quand on veut prouver que les Prélats de notre Séminaire ne sont pas obligés à assister l'Evêque dans les Offices Pontiicaux, on prétend que le cérémonial des Evêques n’est fait quo pour les cathédrales ; et non pour les Eglises paroissiales telles que la nôtre, mais on s'appuie sur le même cérémonial, quand il s’agit de faire voir qu’on ne doit pas rendre à tel Evêque, tel ou tel honneur. Et ces variations dans notre manière de parler sont suspectes.”?

LUCIFER

Ce mémoire continue-t-il longtemps sur le même ton?

l'es et de v

Nous

Encor * Pou tement d obtenir Février 1 Cane, et « Mais I:

gallicane était bien lossuct, , défend ce si Lel usa qu'il crail moyen de articles, en trouve garde de persécutée “ Cepen différentes Sommes m cisément D de l'Eglise de Telmess

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lard, Sulpiœalli- Ér'emMde ce ponti- Lys de erver D11 deg aussi \1d on e sont CHAUX, Lit quo ssiules érÉémorenaTo is dans

OLIVOR.

est partout le même accent de franchise, d'honnêteté et de vérité.

LUCIFER

Nous en avons assez.

OLIVOR.

Encore un petit extrait :

“ Pour prouver qu'il aurait fallu demander le consentement du clergé et du peuple dans l'affaire présente, obtenir le consentement du Roi, publier le bref du 1er. Février 1820, on s'appuie sur les libertés de l'Eglise gallicanoe, et on en fuit l’éloge.

Mais la manière dont on a parlé ci-devant des libertés gallicanes et dont on en a instruit les jeunes étudiants, était bien différente de ce qu’on en dit présentement. M. Possuet, disait-on, n’est plus reconnaissable quand il défend ces libertés ; il affaibiit les textes dont il faisait un si bel usage contre les protestants. Ce qui l’excuse, c’est qu'il craignait un schisme et qu'il ne trouvait d'autre moyen de l’éviter qu’en soutenant les quatre fameux articles. Mais aujourd’hui on loue ces mêmes libertés, on en trouve la doctrine très-bonne, elle est, dit-on, la sauvegarde de la religion, et sans elle, l'Eglise serait haïe et persécutée de tous côtés.

# Cependant, nous sommes dans des circonstances bien différentes de celles où se trouvait Possuet. Car si nous sommes menacés d’un schisme en Canada, ce sera préeisément pour avoir voulu faire valoir ces mêmes libertés de l'Eglise gallicane ; pour avoir exigé que le bref de Mgr. de Telmesse fut enrégistré dans les Cours des Parlements

jqui n'existent noint ici; pour avoir suivi les formalités

prescrites en France pour l'érection d’un Evêché. Si, après la publication du mandement de Mgr. de Québec, on

jn'eût pas élevé toutes ces difficultés, tout ne serait-il pas

rosté dans la paix et l'union.”

250 LA COMÉD'3 INFBRNALE.

Lucrren.

La conduite des Curés perpétuels dans l'affaire de Mgr. de Telmesse est inqualifiable, et bien habile sera celui qui les justifiera.

Baaz.

Aussi faut-il éviter de descendre sur un terrain aussi glissant. Dans le cas où les amis de l'autorité voudraient rappeler ces choses, il faudrait reprocher au Séminaire cet acte eomme une infamie, une malhonnêteté et un scandale,

Lucirer.

Voyons, Fume-Bouche, parle-nous maintenant et en détail, de l'opposition des Curés perpétuels au démembrement,

(Comme Lucifer dit ces dernières paroles, Babel entre précipitamment.)

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