‹ La comédie protectionnisteChapitre 147 sur 265 · I. — Part du commerce de l'étranger et des colonies · texte numérisé non relu

I. — Part du commerce de l'étranger et des colonies

Chamberlain, pour justifier la nécessité des tarifs de jréférence « sans lesquels l'unité de l'empire ne P( ^ait être maintenue », présentait, en première ligne, ^'* tiïîent suivant: « Tandis que notre commerce avec

les colonies se développe, il diminue avec les nations étrangères ».

M. Chamberlain ne s'apercevait pas qu'il donnait un argument contre sa proposition, car, s'il se développe normalement, il est inutile d'essayer de le développer artificiellement.

En effet, il se développe d'une manière continue et normale en restant toutefois à peu près dans le même rapport avec le commerce des pays étrangers; car, dans l'augmentation des exportations qu'on voit dans la dernière période, il faut déduire le débouché provoqué par la guerre Sud-Africaine.

Importations en Angleterre (Moyennes annuelles)

des pays étrangers

des colonies

et possessions

britanniques

millions de liv. st.

raillions de liv. st.

Exportation des produits britanniques (Moyennes annuelles)

aux pays étrangers

millions de liv. st.

aux colonies et pos!»essions britanniques^

millions de liv. st.

Exportation des produits britanniques (Moyenues annuolles)

aux

aux colonies .. et possessions

pays étrangers britanniques

millions millions

de liv. st. p. 100 de liv. st. p. 100

En réalité, l'Angleterre n'importe de ses colonies qu'un cinquième de c^ qui lui est nécessaire. Si elle frappait donc, dans l'intérêt de ses colonies, les importations étrangères, elle frapperait les quatre cinquièmes des objets qu'elle consomme au profit d'un cinquième.

On a entendu M. Chamberlain et ses satellites répéter: « The Empire feeding itself^>). « L'empire se suffisant à lui-même ». Mais ils se sont bornés à la déclaration. Quant à la mise en pratique, ils l'ont soigneusement dissimulée. M. Chamberlain a renoncé aux taxes «ur les matières premières et a répété sur tous les tons que ce serait l'étranger qui paierait ses modestes taxes sur les blés, le bétail et les produits de la laiterie.

Cette politique consiste à dire qu'on veut faire quelque chose, sans se servir des moyens nécessaires, parce qu'ils causeraient quelque gêne et provoqueraient quelque mécontement.

Si M. Chamberlain avait la conviction de la nécessité c "'application de son programme, il aurait employé ^ procédés semblables è ceux des grands chefs de la I orme, comme Calvin, à propos duquel Voltaire a t : « On ne réussit guère chez les hommes, du moins

jusque aujourd'hui, en ne leur proposant que le facile et le simple ; le maître le plus dur est le plus suivi * ».

M. Chamberlain aurait dit impérieusement aux industriels et aux ouvriers du Lancashire : « Pour que l'Empire se suffise à lui-même, j'entends que sur les 1.934 raillions de livres de coton importées en 1904, vous renonciez aux 1.838 millions qui sont venues des pays étrangers et que vous vous contentiez des 96 millions qui sont venues des Colonies et Possessions Britanniques! »

Il aurait dit à la Chambre des Communes: « Pour que l'Empire se suffise à lui-même, j'entends que chaque Anglais s'impose, à lui, à sa femme et à ses enfants, un carême permanent qui réduise sa consommation de viande de 60 p. 100 et sa consommation de blé de 70 p. 100. Et je vous demande d'ordonner le Jeûne Impérial, « Impérial Fasting I »

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