CHAPITRE IV
OONDITiONS DE L'EXPORTAT lOM
Exportation en Angleterre. — Les grands vins. — Le Champagne.
— Une des causes de sa vogue. — Méfiance du consommateur.
— Le goût du vin. — Le Belge. — Nécessité d'un commerce loyal. — Donner le besoin du vin. — Les viticulteurs doivent appuyer mon programme immédiat.
Dans TexportatioD des vins, dits ordinaires, de France en Angleterre, la part de la Gironde est prépondérante, comme l'indiquent les chiffres de Tanikée 1901, qui est une année moyenne.
Vins delà Gironde Vins d'ailleors
Qaan- Valeur Valeur 'Qnan- Valeur Valew tités par unité globale tités par unité globale
hectol. francs france heotol. francs franos
Futailles. . 140.000 100 14.080.000 27.200 55 i.500.000 Bouteilles . 14.500 250 3.625.000 5.800 125 72.000
Ce sont les vins de Champagne qui représentent le gros total, avec 74.000 hectolitres d'une valeur de 500 francs par unité, formant une valeur globale de 37.000.000 de francs.
Les mélinistes, craignant toute brèche faite à i régime protectionniste, diront dédaigneusement à c qu'ils ont poussés à la surproduction des vins i rieurs : — Qu'est-ce que cette proposition? Est-ce qi'
iatétesae? Que yous importe cette i
6 (68 fr. 75) par hectolitre, sur les ^
, de 1 sh, (27 fr. 30) sur les vins en boute
vous en vendez? Ce dég^èTemect ne pe
Tie les expéditeurs de la Champagne ou
du Bordelais ou de la Bourgogne : et
i vendent, qu'importe 2 sh. pour le (
sh. par gallon de plus ou de moins?
idmets, pour le moment, que ce raisoaj
base exacte, il n'en serait pas moins fa
ification de taxe crée un appel de vins de
ngleterre, les vins de qualité inférieure
courant qui aura été ainsi détermin
it demandés pour combler le vide pr(
insommation des autres. Il n'y a pas <
te et plus fausse que d'essayer d'enferm
!S de. produits, chacun dans une cloiso:
mmerce libre ne connaît pas ces divisic
lire les diverses qualités de la même >
jnuel phénomène d'endosmose et d'ext
lit se suppléer dans les combinaisons in
nieuses et variées auxquelles donnei
"S des consommateurs d'une part, et, d'
soin pour les producteurs de vendre.
land je parle de ces combinaisons, il e
tendu que je ne parle que des combinaisoi
car je considère, après de longues, réitérée)
expériences en Angleterre, en Belgique, aux
que de tous les moyens, le plus certain poi
■ment de nos produits de^choix, tout partiel
"ignacs et grands vins, est la loyauté du
ançais. Tout soupçon provoqué par une ii
i même l'apparence d'une incorrection a
iSBions dont souffre toute la production.
Ce n'est pas seulement parce que le Champagne est un vin exquis, gai, donnant de l'entrain, réveillant même les plus engourdis et les plus froids, qu il a tant de vogue; mais il a l'avantage d'avoir une marque inviolable. Toute bouteille débouchée doit être bue. Si vous demandez du Pommery Greno, vous êtes sur d'avoir le vin indiqué par Téliquette. Il n'y a pas de doute, et il n'y a pas à se demander si le vin que vous fait payer le restaurateur est un petit vin sparkleté ou du vrai Champagne digne de son nom. Cette confiance qu'inspire le Champagne est une des causes de sa vogue.
Au contraire, que des vins, ayant un grand nom, soient envoyés en fût ; que les négociants soient munis d'une provision de bouchons et de capsules qu'ils peuvent apposer eux-mêmes, lorsque le vin aura passé en douane pour échapper à la surtaxe de i sh. par gallon (27 fr. 50 par hectolitre), aussitôt le doute se produit. On ne croit plus aux marques authentiques. Le consommateur est toujours ijajuste pour le producteur et ignore la peine qu'il se donne pour lui. Tout producteur éprouve cet accident psychologique quand il devient consommateur, et comme il consomme beaucoup plus de variétés de choses qu'il n'en produit, la confiance qu'il a pour ce qu'il vend est étroitement limitée, tandis que sa méfiance pour ce qu'il achète est illimitée. (Ju'est-ce donc, quand le consommateur et surtout le consommateur étranger se trouve en présence d'un produit d'une civilisation raffinée, une des plus hautes expressions de la capacité de l'homme qui a su tirer de cailloux siliceux, d'une exposition au soleil, de cépages choisis, quelque chose d'exquis, de -"»-»'^ de perceptible seulement pour un odorat et ul exercés? Tout acheteur qui n'a pas bu du vin au ron apprend à apprécier tel ou tel vin, parce qu'on
NOITIONS DE L'EXPORTATION
lire qu'il est exquis. Peu à peu, il
i seusatioDS et à y attacher le pi îr veille.
ieu du produit prestigieux pourlt uve quelque chose de médiocre iducatioa uc se fait pas, il ne dé
vin qu'il ne serait capable d'apj }ue, s'il n'avait jamais entendu lage. Il ne comprend pas et il c( différent, sinon comme désagréal e. Si, dans des diners, il fait ser r se conformer è, l'usage, ce ser affectera de s'en désintéresser, e 'à dire à son voisin : « Vous savez, du Château X, mais il paraît qu 1. Quant à moi, je ne m'y conna
responsable ».
le clients sérieux pour nos grant ommo les amateurs belges, se dét Il vin qu'ils vous servent, et qui, )
scepticisme, en parlent, en ind ont valoir le cru et l'année.
e français des vins, plus que tout ramerce loyal. Il doit aller plus I s années médiocres des grands cr m leur gardant l'anonymat, et ne " récoltes sous leur véritable nom.
u'ils valent ; ce n'est pas le bon n i la confiance et la fidélité de ses c et la qualité de ses produits.
-, me dira quelque méliniste, peu ir .3(61fr. 85)î
lemande pardon. Si petit que s aercussion. On cherche à y échappj
lieu d'envoyer du vin en bouteilles, on l'envoie en futailles^ où il est exposé à différentes sortes d'accidents.
Mais il ne faut pas seulement considérer les grands crus. L'exportation des vins de la Gironde en futailles est de beaucoup plus importante que Texportation en bouteilles. C'est la preuve que sa clientèle pour des vins d'un prix relativement modéré est plus abondante: phénomène qui n'a rien de surprenant. La Commission des valeurs de douane l'estime à 100 francs ThectoUttre, i franc le litre ; mais il y a en plus le fret, rassorance, la manipulation, les frais généraux, et le& bénéfices. La bouteille de vin revient à cher. S on pouvait livrer une bouteille de vin de France, genre claret, à i sh. la bouteille, avec un bouchage et une marque qui garantiraient une qualité uniforme, nul doute qu'on ne développât le goût du vin français chez beaucoup de personne qni prennent du whisky ou du porto. Mais avec les droits actuels, cette combinaison n'est pas possible. Cependant il est du plus grand intérêt, pour assurer les débouchés des vins supérieurs, de donner aux personnes rhabitude de boire du vin ordinaire.
Leur éducation doit se faire avec des vins de qualité loyale, de manière que le jour où elles voudront consommer ou offrir de grands vins, elles aient confiance et sachent, elles-mêmes, les apprécier; et la taxe douanière ne saurait être indifférente pour toute personne qui fait du vin une consommation quotidienne.
Réciproquement, elle ne saurait être indifférente aux viliculteurs à la recherche de clients, et c'est pourquoi je les convie à m'appuyer pour la réalisation de ce programme : Abolition des surtaxes d'entrepôt et gine^ en échange pour l'Angleterre^ de la réductioi taxes sur les vins.