‹ La comédie socialisteChapitre 10 sur 199 · TÉMOIGNAGES D'AMITIÉ DES SOCIALISTES · texte numérisé non relu

TÉMOIGNAGES D'AMITIÉ DES SOCIALISTES

ment la réglementation du travail des hommes, mais la réglementation du travail des femmes.

Ldi Revue socialiste, idiïis une étude sur les conditions du travail de la Ville de Paris (avril 189T, p. 399) dit:

En 1881, à la suite de quelques grèves, motivées par l'application des prix de série, nouvel assaut (contre eux) du préfet Hérold, à Tinstigation de M. Alphand, et cette fois avec Tappui de MM. Jobbé Duval et Yves Guyot.

« Déjà » ! ajoute entre parenthèses l'auteur, qui paraît stupéfait de découvrir que j'ai toujours été partisan de la liberté du contrat de travail comme de tous les autres contrats.

Le 44 mars 4883, je me rendis, salle Rivoli, à une réunion pour empocher les maçons de prendre part aux manifestations organisées par Louise Michel et les anarchistes. Les anarchistes, au nombre d'une centaine, péroraient et interrompaient, je leur dis :

— Vous avez vu à l'Opéra des chœurs chantant pendant dix minutes : — Partons! marchons! et ils ne partent ni ne marchent! Eh bien! il y a une demiheure que vous avez voulu entraîner la réunion à une manifestation sur la place de THôtel-de-Ville, pourquoi n'ètes-vous pas partis?

La salle éclata en rires et en applaudissements. Les anarchistes répondirent par des injures.

— Oui des injures, voilà vos arguments, le dernier de vos théories sociales! Du reste, ne dites-vous pas que la force est le grand remède ? Que venez-vous faire dans cette réunion où vous voyez que la grande majorité des citoyens veut discuter sérieusement?

A ce moment, l'estrade fut envahie par les anarchistes qui, malgré les efforts du bureau, se précipi-

tèrent sur moi et me frappèrent au visage à coups de cannes, de chaises, à coups de poing américains, pendant qu'une aimable demoiselle, vêtue en Théroigne de Méricourt, M^'* Poiret d'Erlincourt criait : — Coupez-lui la tète et mettez-la au bout d'une pique.

Je ne lui en ai jamais voulu, car elle ne considérait ma tète que comme un accessoire indispensable à sa toilette révolutionnaire.

Je fus délivré par un certain nombre de maçons déterminés et j'en fus quitte pour avoir la tète entourée de bandages pendant une huitaine de jours.

Je terminais le discours que je prononçai dans un banquet qui me fut offert à cette occasion par ces paroles qui sont plus que jamais d'actualité :

La liberté n'est pas seulement un mot à inscrire sur la façade des monuments, à répéter machinalement comme les dévotes répètent leur Ave,

Ce qu'il s'agit de faire actuellement, notre œuvre, l'œuvre de la République, c'est d'organiser la liberté. C'est cette tâche difficile vers laquelle nous portent nos aspirations plus ou moins définies, qui crée nos aviations et nos crises.

C'est qu'il est beaucoup plus facile de faire des arrangements d'autorilé que de résoudre les questions par la liberté. Il a été beaucoup plus aisé à des gouvernants de déclarer des guerres commerciales et d'établir des tarifs protecteurs que de découvrir la théorie du libre échange, et, même une fois découverte, de la comprendre. Au point de vue religieux, au point de vue civil, au point de vue (Ifî la sécurité intérieure, au point de vue de la sécurité extérieure, au point do vue de l'éducation, nous n'avons pj s encore une conception nette de lapolitique de liberté.

C'est que cette politique a pour but de substituer aux rapports factices des choses entre elles les rapports naturels. Il sufût de la volonté d'un ou de quelques hommes, de lois, de décrets, d'arrêtés, de règlements, pour établir les premiers; pour connaître les seconds, il

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