MUSÉUM FRANÇAIS
Les citoyens sont informés que, conformément à la détermination du ministre de l'Intérieur, le Muséum français sera ouvert au public les trois derniers jours de chaque décade, à compter du 18 du présent mois brumaire, depuis 9 heures du matin jusqu'à 4 heures après-midi. Les artistes qui voudront étudier dans le Muséum sont également prévenus qu'il leur sera ouvert à cet effet les cinq premiers jours de chaque décade, à compter du 21 de ce mois. Ils sont invités, d'après le règlement établi par le ministre de l'Intérieur, à venir se faire inscrire au Muséum les
i8, 19 et 20 de ce même mois, depuis une heure jusqu'à deux.
Vincent, Bossut, Regnault, Pasquier,
JOLLAIN.
Archives nationales, F''' loSg, n" i.
Paré a la Commission du Muséum.
Le ministre de l'Intérieur aux citoyens composant la Commission du Muséum.
Paris, le 17 brumaire, an 2^ de la République, une et indivisible (7 novembre 1793).
D'après votre lettre du 12 de ce mois, citoyens. J'approuve entièrement la publication de l'affiche que vous proposez et je vous autorise à en faire tirer le nombre d'exemplaires que vous en jugerez convenable.
Archives nationales, F''' loSg, n° i.
Paré a la Commission du Muséum.
Le ministre de l'Intérieur aux citoyens composant la Commission du Muséum.
Paris, le 18 brumaire, an 2= de la République, une et indivisible (8 novembre 1793).
Le citoyen Chatard, citoyens, me produit un mémoire d'ouvrages en menuiserie, sculpture et dorure de bordure par lui faits aux tableaux du Muséum. Ce mémoire est bien revêtu de la formalité du
visa, mais il ne porte pas celle non moins essentielle du règlement, et comme il se pourrait que vous l'eussiez jugé n'en être pas susceptible, j'ai pensé qu'il fallait, pour couvrir notre responsabilité respective, insérer dans le visa que le mémoire n'a pas paru susceptible de réduction ; j'ai fait en conséquence donner un à compte de 6,000*1 au citoien Chatard et j'ai ajourné le reste du paiement au moment où vous aurez revêtu ce mémoire, que je vous renvoie, de la formalité supplétive que je vous invite à y ajouter.
Archives nationales, pi' lODg, n" i.
Vincent au ministre de l'Intérieur.
Paris, le 21 brumaire, an 2= de la République, une et indivisible (11 novembre 1793).
Citoyen ministre.
Par la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire, le 4 de ce mois, je vous prie de recevoir ma démission de la place de commissaire du Muséum national. Mes collègues ne m'ont point laissé ignorer la démarche qu'ils ont faite auprès de vous et par laquelle ils vous engagent à ne point accéder à ma demande. Je suis extrêmement sensible à ce nouveau témoignage de leur constante bienveillance à mon égard, elle vous est d'ailleurs une preuve du zèle que j'ai apporté à remplir mes fonctions. Veuillez, je vous prie, citoyen ministre, mettre en balance les motifs que je vous ai présentés et les considérations que mes
collègues ont mises sous vos yeux; prononcez : j'attends votre décision.
Vincent, Peintre, galeries du Louvre.
Acceptée le i^^ nivôse.
Paré a Vincent.
Le ministre de l'Intérieur au citoyen Vincent.
Paris, le (21) brumaire, an 2 de la République française, une et indivisible (11 novembre 1793). Si vous n'avez, citoyen, que le motif allégué dans votre lettre du 4 de ce mois pour solliciter votre démission, il me paraît provenir plutôt de votre modestie ordinaire et d'une défiance mal fondée de vos forces que du besoin réel de retraite; les services que vous avez rendus au Muséum, et comme artiste et même comme administrateur, sont un gage de ceux que vous pouvez lui rendre encore et vous font sous ce rapport un devoir presque indispensable de continuer vos fonctions dans un temps où tout homme doit à sa patrie le tribut de son travail et de ses lumières. C'est l'opinion et le vœu de tous vos collègues; c'est aussi le mien, et je ne doute pas que vous ne vous prêtiez encore à concourir à la gloire de cet établissement si honorable pour la République, en lui continuant vos soins. J'attendrai votre ultérieure détermination pour prendre un parti, et j'espère qu'un effort généreux sur vous-même vous fera trouver les moyens de concilier tout à la fois l'admi-
nistration du Muséum français et les travaux qui vous sont propres et qui doivent un jour en augmenter les richesses.
Archives nationales, F'' loSg, n" i.