LIBERTÉ. ÉGALITÉ
Martin, sculpteur', a Paré.
Paris, le i3 frimaire, Tan deux de la République, une et indivisible (5 décembre 1793J.
Citoyen ministre, Sachant que deux places de commissaire au Muséum sont vacantes, Tune par la démission volontaire du citoyen Vincent, l'autre par l'arrestation du citoyen Pasquier^;
1. Il faut probablement identifier cet artiste avec le sculpteur Martin qui obtint une 3' médaille à l'Académie en 1766, qui concourut sans succès pour le prix de Rome en 1772, 177461 1775 {Procès-verbaux de l'Académie de peinture et de sculpture, t. VU, p. 339, et t. Vni, p. 96, 97, 145, 146, 181), et avec Jean-François Martin, sculpteur, qui fut reçu, le 19 nivôse an II, membre de la Société populaire et républicaine des arts (H. Lapauze, Procès-verbaux de la Commune générale des arts... et de la Société populaire et républicaine des arts. Paris, Bulloz, igoS, p. 196 et 284).
2. Pierre Pasquier avait déjà été sous le coup de perquisitions domiciliaires le 2 juin 1793; à cette date, deux commissaires de la section du Muséum, assistés de Sadous, officier de paix, examinèrent ses papiers où se trouva un manuscrit dans lequel Pasquier dénonçait les abus de l'administration de d'Angiviller, et un portrait de Roland, avec lequel Pasquier était très lié (cf. Répertoire Tuetey, t. VHI, n° 2823). Pasquier fut arrêté le I" frimaire par ordre du Comité de sûreté générale, en exécution de l'arrêté suivant :
« Du 3o brumaire, l'an 2' de la République française, une et indivisible. « Sur les renseignements donnés relativement à la conduite politique tenue par les nomm.és Restant , demeurant au Garde- Meuble, et Paquier, peintre en mignature, demeurant aux Galleries du Louvre à Paris, le Comité (de sûreté générale) arrête que, par mesure de sûreté générale, lesdits citoyens Restant et Paquier seront mis en état d'arrestation à la maison de la Force, ou toute autre convenable, que les scellés seront mis sur leurs papiers, distraction faite de ceux qui
En qualité d'artiste sculpteur, élève de Coustou et de la ci-devant Académie, je me crois en droit de solliciter ta justice pour une de ces places, objet de ma demande.
Je suis connu de tous les artistes et du citoyen Bayard* qui, si il était en liberté, pourrait t'assurer de mon civisme.
Salut et fraternité.
Martin,
Sculpteur, rue Gît-le-Cœur, n' 5,
section de Marat.
Au citoyen ministre de l'Intérieur.
La Commission du Muséum a Paré.
Paris, le 18 frimaire, l'an 2= de la République.
une et indivisible (8 décembre 1793).
Citoyen ministre.
Ayant été informés que le citoyen Pasquier, notre
paraîtraient suspects et qui, avec le procès-verbal qui en aura été dressé, seront apportés au Comité.
« Les représentants du peuple, membres du Comité de sûreté générale. Signé: M. Bayle, Jagot, Louis (du Bas-Rhin). DuBARRAN, Lavicomterii;, Guffrov. » (Archives nationales, AF*ii29o, fol. 28.)
Pasquier resta incarcéré pendant toute la Terreur et passa de la Force à la maison de Saint-Lazare, où il se trouvait à la date du 20 thermidor, c'est-à-dire après la chute de Robespierre; sa sœur adressa, le 20 thermidor, une pétition au Comité de sûreté générale à l'effet d'obtenir sa mise en liberté, « vu qu'il a toujours été dans les principes républicains, en remplissant avec zèle les devoirs d'un bon citoyen, une plus longue détention pourrait le faire périr, vu ses infirmités (et son âge, 63 ans). » (Archives nationales, F" 47746*.)
I. Très vraisemblablement, il s'agit de François-Louis Bayard, inspecteur général et conservateur provisoire du Garde-Meuble.
collègue, avait été arrêté et conduit à la prison de la Force, le premier frimaire, par ordre du Comité* de sûreté générale de la Convention nationale, nous écrivîmes, le 7, aux membres de ce Comité pour leur représenter qu'on avait enfermé sous les scellés apposés chez le citoyen Pasquier plusieurs etfets et papiers appartenant à la Commission du Muséum français dont il est trésorier; que cette circonstance gênait extrêmement notre service; que nous avions des comptes à régler, des ouvriers à payer, et que nous ne pouvions le faire, faute des états et des fonds nécessaires. En conséquence, nous les priâmes de donner des ordres pour qu'on nous délivrât le plus promptement possible la petite caisse et les autres objets qui regardent le Muséum. Comme nous ne recevons point de réponse à cette lettre dont le sujet est cependant très urgent, nous te prions, citoyen ministre, d'appuyer notre demande de toute ta recommandation, et nous ne doutons point du succès.
Vincent, Jollain, Regnault, Bossut.
Archives nationales, pi^ioSg, n' i.
Paré a Couvreur, commissaire de police de la section du muséum.
Le ministre- de l'Intérieur au commissaire de police de la section du Muséum.
Paris, ce 19 frimaire, an 2« '9 décembre 1793).
Je ne puis qu'approuver, citoyen, la vigilance
active qui te porte, ainsi que la section du Muséum,
à surveiller avec sévérité toute infraction aux bonnes
mœurs, sans le maintien desquelles il n'est point de
350 I-A COMMISSION nu MUSÉUM
République. Je donne sur-le-champ aux inspecteurs que cette mission concerne les ordres nécessaires pour seconder ton zèle à cet égard, et je ne doute pas qu'ils ne s'y conforment régulièrement. Je t'invite à m'instruire dans le cas où tu t'apercevrais qu'ils ne reçoivent pas la plus prompte exécution.
A l'inspecteur général des bâtiments.
Je t'envoie, citoyen, copie d'une lettre que je reçois du commissaire de police de la section du Muséum. Je t'invite et t'autorise en tant que de besoin à prendre toutes les mesures nécessaires pour seconder son zèle à cet égard, en ordonnant aux balayeurs plus d'exactitude et en faisant, pour la sûreté et pour la décence de ce bâtiment national, réparer tous les gazons et en veillant strictement à l'entretien dont la surveillance t'est confiée.
Pareille au citoyen Blondeau, inspecteur particulier du Louvre.
Archives nationales, F'^ loSg, n» i.
Paré au Comité de sûreté générale.
Le ministre de l'Intérieur
aux représentants du peuple composant le Comité
de sûreté générale.
Paris, le 24 frimaire, an 2« de la République (14 décembre 1793).
La Commission du Muséum, citoyens, m'informe que, sous les scellés apposés chez le citoyen Pasquier,
par suite de sa détention, se trouvent plusieurs effets et papiers appartenant à la Commission dont il est trésorier, que cette circonstance gène extrêmement leur service, qu'ils ont des comptes à régler, des ouvriers à payer, et qu'ils ne peuvent le faire, faute des états et des fonds nécessaires. Je vous prie, en conséquence, de prendre la demande qu'ils vous ont faite en grande considération et de donner, s'il est possible, les ordres nécessaires pour qu'on délivre aux commissaires du Muséum la petite caisse et les autres objets qui regardent cette administration dont la remise plus longtemps retardée pourrait entraîner quelques inconvénients. Je m'en rapporte à votre sagesse sur cette mesure dont vous sentirez comme moi la nécessité.
Archives nationales, F'T loSg, n" i.
Paré a la Commission du Muséum.
Le ministre de l'Intérieur aux citoyens composant la Commission du Muséum.
Paris, le 25 frimaire, an 2«, etc.
(i5 décembre 1793).
J'approuve, citoyens, le parti que vous avez pris de fixer le nombre des artistes qui peuvent profiter ensemble de la permission de travailler au Muséum et de marquer un maximum à la durée des études, afin que le grand nombre d'artistes qui se trouvent à Paris puissent jouir successivement de l'avantage d'y participer. Je me repose sur vous néanmoins du soin de mettre dans cette distribution du temps et
des places toute la sagesse, l'impartialité et le zèle pour les arts qui doivent caractériser la commission dont vous êtes chargés, ainsi que de procurer aux artistes toutes les facilités qui pourront naturellement se concilier avec la nécessité de régulariser cette honorable institution.
Archives nationales, F'' io3y, n" i.
Paré a la Commission des monuments.
Le ministre de l'Intérieur aux citoyens composant la Commission des monuments.
Paris, le 28 frimaire, an 2* (18 décembre 1793). Je vous envoie, citoyens, une lettre du citoyen Biron' qui offre de se défaire, en faveur du Muséum, d'un modèle de vaisseau qu'il croit digne d'entrer dans cette collection. Je vous invite à faire le plus tôt possible examiner ce modèle et à m'instruire par un rapport de la possibilité et de la convenance d'en faire l'acquisition^. Peut-être jugerez-vous à propos de charger de cet examen les citoyens d'entre vous qui connaissent le mieux la partie de la marine et qui sauront par cette raison apprécier l'objet qu'on propose à sa juste valeur. J'attends votre réponse pour en faire une moi-même au citoyen Biron. Archives nationales, Fi7 io38; pi' lobg, n° i.
1. La lettre en question se trouve annexée à la lettre de Paré, Fi'io38.
2. Séances des 23 et 26 décembre 1793; Vandermonde est désigné par cette Commission pour examiner ce modèle de bateau, il s'adjoint Ozanne (Nicolas-Marie), dessinateur de la marine. L. Tuetey, t. II, p. 124 et laS.
Rapport su>' la suppression de la Commission du Muséum, par le citoyen David. — (Imprimé par ordre de la Convention nationale.)
28 frimaire an II (i8 décembre 1793).
C'est dans le moment où tout se régénère qu'il faut aussi que le vrai talent succède à l'impéritie et au charlatanisme, le patriotisme pur au lâche égoïsme, à la faiblesse et à l'inertie.
C'est trop permettre aux ennemis de la chose publique de calomnier les Français en leur reprochant leur insouciance pour les arts, pour les sciences, pour les lettres, pour tout ce qui doit étendre leur gloire, en les faisant admirer des nations, en même temps qu'ils s'en font respecter par leurs armes.
Les ministres déchus et leur maître avaient senti l'une de ces vérités, et ne laissaient pas que d'écraser l'autre par l'oubli coupable de tout ce qui pouvait lui donner de la force.
La Convention nationale, toujours juste et puissante, a saisi toutes les occasions de ranimer les arts appauvris, en leur donnant une direction nouvelle, et des forces proportionnées au colosse immortel qu'ils auront à soutenir.
En confiant le soin de cette direction précieuse au ministre de l'Intérieur, son intention n'a jamais été de perpétuer les abus qui la déshonoraient, mais bien au contraire de les sapper jusques dans leurs fondements.
Son intention n'a jamais été de confier la garde du Muséum à des hommes qui ne sauraient rien moins
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que le garder, le soin de restaurer les monuments à des hommes qui à peine se doutent de la peinture; à des froids mathématiciens, celui d'en décrire les beautés.
Son intention n'a pas été que ces hommes, quand ils réuniraient assez de talents pour remplir chaque partie de leur mission, fussent dispensés de cet amour brûlant de la liberté sans lequel il est impossible de servir utilement ni les arts, ni la patrie.
Elle a voulu que le ministre de l'Intérieur secondât ses vues en protégeant, en aidant tous les arts, et que le ministre lui-même se pénétrât de cette utile et grande vérité; que ce n'est pas assez d'avoir bâti le temple de la liberté, qu'il convient encore à un grand peuple de l'embellir et de l'orner d'une manière digne de lui.
Si ce principe est démontré, consacré dans toutes les pages des annales de la Convention, il est instant d'arracher la Commission du Muséum à l'insouciance coupable où elle est plongée, et de chercher, par de grandes vues, le moyen de tendre tous les ressorts à ce précieux établissement.
Il y va de la gloire de Paris: il y va de la gloire de la France entière, de toutes parts accusée de laisser périr les immortels chefs-d'œuvre des arts.
L'expérience n'a que trop prouvé que l'ignorance, mère de tous les vices et de tous les maux, est le plus grand obstacle au bonheur de l'espèce humaine que la Convention se propose de fonder.
Examinons donc quelle fut l'organisation ancienne de la Commission du Muséum, et de qui elle était composée; et si nous parvenons à prouver tout le mal qu'elle a déjà fait aux productions du génie, on
en sentira mieux la nécessité de l'organiser d'une manière nouvelle et de substituer à des hommes inhabiles et intrigants des artistes éclairés et patriotes.
1° Cette Commission est à la nomination du ministre de l'Intérieur.
2° Elle est composée de six membres. Chaque membre est salarié à 3,oooft par année et est logé au Louvre, comme gardien du Muséum.
3° Les membres sont :
Jollain, ancien garde des tableaux du roi.
Cossard, peintre; mais qui n'en a que le nom.
Pasquier, ami intime de M. Roland.
Renard, j Ceux-ci ont du talent; mais leur patrio-
Vincent, \ tisme est sans couleur.
L'abbé Bossut, géomètre.
En confiant au ministre le choix de ceux qui doivent composer la Commission du Muséum, on laisse un vaste champ à l'intrigue. L'artiste éclairé et philosophe n'est guère propre à courir dans les bureaux des ministres pour obtenir le poste auquel son talent l'appelle.
L'homme médiocre, au contraire, accoutumé à ramper, sait prendre toutes les formes qui plaisent à ceux qui sont en place. Pendant que l'artiste, amoureux de son art, consacre tout son temps à l'étude, l'intrigant s'agite pour se faire remarquer; il ne néglige aucuns des petits moyens capables de séduire et finit presque toujours par écarter celui qui n'a que son mérite et sa franchise.
En laissant à la Convention le soin de cette nomination, d'après la présentation du Comité d'instruction publique, chargé de révolutionner les arts, les inconvénients n'existent plus; l'artiste franc et loyal,
la basse et présomptueuse ignorance trouveront des juges capables de les apprécier Tun et l'autre, et le génie des arts n'aura plus à gémir des coups funestes qui lui ont été portés jusqu'à ce jour.
Ceux qui composent la Commission actuelle ont perdu plusieurs chefs-d'œuvre en employant des hommes inhabiles pour les réparer. Pour se convaincre de cette vérité, il faut lire les observations sur le Muséum, publiées par les citoyens les plus éclairés de l'Europe dans cette partie'.
Qu'on examine l'état des restaurateurs des tableaux et des personnes qu'ils ont employées à détruire les tableaux de la République, on y verra les prix arbitrairement distribués, sans ordre, sans principes et sans base déterminée; dans de telles mains, plus il en coûte pour la réparation des tableaux, et plus ils sont gâtés. D'un autre côté, n'est-il pas honteux que les logements du Louvre, qui ne devraient être accordés qu'à des hommes d'un talent et d'un patriotisme prononcés, n'aient été donnés par Roland et ses dignes amis qu'à leurs viles créatures et à leurs valets. Que la Convention se hâte de réparer les torts de la malveillance et de l'ignâtrerie; qu'elle confie promptement à des artistes, aussi éclairés que patriotes, le soin de conserver et de transmettre à la postérité les sublimes travaux des grands artistes de tous les pays.
C'est ainsi qu'elle rendra l'Europe entière tributaire de son génie; et en n'offrant aux jeunes élèves des arts que de beaux modèles, l'on verra bientôt disparaître ce goût factice et maniéré qui a caractérisé
i. Allusion aux publications de Le Brun dont nous avons déjà parlé.
ET LA CRÉATION DU MUSÉE DU LOUVRE. SSy
jusqu'à présent presque tous les maîtres de TEcole française.
La composition du Muséum des arts était répréliensible sous le rapport du patriotisme, je vous en propose la réforme ; son organisation était vicieuse, je vous présente un mode nouveau propre à diriger et à garantir son action. Le mot de Commission était devenu insignifiant, parce qu'il signifiait tout; je vous présente l'idée et la dénomination d'un Conservatoire ' du Muséum des arts, qui sera sans cesse, par son nom même, rappelé à ses devoirs; son objet, qui a un centre commun, se ramifie en plusieurs branches assez distinctes, pour exiger des hommes particulièrement éclairés dans chacune des parties principales. Ainsi, plusieurs des membres du Conservatoire seront attachés à la peinture, plusieurs à la sculpture, quelques-uns à l'architecture, et d'autres aux antiquités, ce qui formera quatre sections résultantes naturellement de la différence des objets. On conçoit que ces sections travailleront séparément ou en commun, selon les divers objets qui seront envoyés au Conservatoire par le ministre de l'Intérieur^.
Le ministre, de son côté, trouvera par ce moyen des artistes disponibles et prêts à fournir les matériaux des rapports que le Corps législatif pourra lui demander. Il me reste, citoyens, à vous dire un mot sur ces motifs qui ont dirigé le choix fait par votre Comité d'instruction publique pour composer le
1. Ce nom fut longtemps conservé. Il s'est transmis officiellement aux fonctionnaires qui constituaient cette assemblée.
2. La seconde Commission du xMuséum fonctionna à peu près comme l'indique David et sauf les modifications amenées par l'accroissement des collections nationales. Cette organisation a subsisté à peu près semblable jusqu'à nos jours.
nouveau Conservatoire du Muséum des arts. Fragonard a pour lui de nombreux ouvrages; chaleur et originalité, c'est ce qui le caractérise; à la fois connaisseur et grand artiste, il consacrera ses vieux ans à la garde des chefs-d'œuvre dont il a concouru dans sa jeunesse à augmenter le nombre. Bonvoisin^ il a pour lui son talent, ses vertus, et un refus de la ci-devant Académie. Le Sueur-, jeune et intéressant paysagiste, entendant très bien la tenue administrative que Ton peut établir dans un Conservatoire; Picault^, restaurateur de tableaux, le plus entendu dans cette partie. Voilà, citoyens, pour la section de peinture.
Pour la sculpture, nous vous proposons Dardel^. tête active et républicaine, rempli de talents et doué d'une heureuse imagination ; je n'en dirai qu'un mot : il a sculpté Jean la Fontaine, et Jean la Fontaine est tout entier dans son image.
1. Bonvoisin {Jean), né à Paris en 1752, élève de Doyen et de Callet, peintre et graveur, prix de Rome en 1775, exposa aux Salons de 1791 à 1821. Professeur de dessin à Paris puis à Saint-Quentin; dans cette dernière ville, il fut conservateur du Musée des arts. Le Musée du Havre possède des œuvres de cet artiste qui mourut à Paris en 1837.
2. Le Sueur {Pierre-Etienne), élève de Pillement, exposa aux Salons de 1791 à 1810.
3. Picault [Jean-Michel), voir p. 98 à 101 et 114 à 117. Il fut exclu de la Société des artistes pour les attaques violentes qu'il dirigea contre la Commission du .Muséum, il signala au ministre les méfaits de cette Commission, demandant son remplacement par un comité d'artistes qu'il désigne.
4. Dardel {Robert-Guillaume), né à Paris en 1749, élève de Pajou, sculpteur et graveur, concourut pour le prix de Rome en 1773. 11 exposa au Salon de la Correspondance de 1781 à 1787, puis aux Salons de 1791 à 1817. Il exécuta un des grenadiers de l'arc de triomphe de la place du Carrousel. Il fut administrateur du Musée de Versailles et mourut à Paris en 182 1.
ET LA CRÉATION DU MUSÉE DU LOUVRE. 33g
En architecture, nous vous indiquons Delaiinoy\ artiste à la fois correct et grand, autant que ces deux qualités peuvent se réunir, faisant sortir le beau de l'utile, l'ornement du sein de la simplicité même.
David LeroP, artiste et homme de lettres, connu par ses recherches et par ses écrits sur l'architecture civile et navale des anciens.
Pour les antiquités, nous vous proposons Wicar^, dessinateur justement célèbre, connaisseur exercé par le long séjour qu'il a fait en Italie, et notamment à Florence. On a gravé, d'après ses dessins, toutes les pierres antiques du Muséum de Florence.
Varon^, avantageusement connu comme artiste et
1. Delaimoy {François-Jean), né à Paris en 1745, mort à Sèvres en i835, élève d'Aiitoine, prix de Rome en 1779 {Muséum des arts). Inspecteur des restavirations du Palais de Justice, architecte du théâtre de la République (l'Opéra r), du Conservatoire de musique, du Magasin des fêtes nationales, de l'Ecole polytechnique, du Palais du Temple, de la Bibliothèque du roi, du Théâtre italien, des bâtiments de la réserve de Paris, des portes Saint-Denis et Saint-Martin. Il exécuta les piédestaux des Chevaux de Marly à l'entrée de l'avenue des Champs- Elysées: on lui doit l'aménagement de l'hôtel de Toulouse pour l'installation de la Banque de France, le passage Vivienne, le palais de justice et la prison de Dijon.
2. Leroy {Jean-David), né à Paris en 1728, mort à Paris en i8o3, voyagea en Grèce et publia plusieurs ouvrages importants en 1758, 1764, 1767, etc. Membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et de l'Académie des beaux-arts.
3. Wicar (Jean-Baptiste), né à Lille en 1762, mort à Rome en 1834, élève de David. Il accompagna David à Rome en 1780. Plus tard, en 1797, il fit partie de la commission chargée de désigner en Italie les œuvres d'art pouvant enrichir le Muséum. Il se fixa en Italie en 1800, il y devint professeur à l'Académie de Saint-Luc à Rome et, en 1807, directeur général de l'Académie des beaux-arts à Naples. Il exposa peu aux Salons. Les Musées de Versailles, de Lille, etc., possèdent de ses œuvres. Il légua à sa ville natale les riches collections (surtout des dessins) qu'il avait réunies en Italie.