‹ La Commission du museum et la creation du Musee du LouverChapitre 96 sur 134 · I. La Commission du Muse'um ayant été supprimée le · texte numérisé non relu

I. La Commission du Muse'um ayant été supprimée le

Conformément au vœu de la Convention nationale, il s'est remis sans retard en possession de la galerie. Cet objet était pressant, puisque le Conservatoire doit en quelque sorte sa création aux désastres qu'a éprouvés la chose publique dans cette partie des richesses nationales exposée aux regards du peuple. Le Conservatoire s'est pareillement emparé de beaucoup d'autres richesses en matières précieuses et qui proviennent du dépôt de Franciade'. En un mot, il est dépositaire de tout ce qu'il a été en son pouvoir de réclamer sur-le-champ de la Commission supprimée du Muséum. Le court intervalle qui s'est écoulé entre le moment de son organisation et le rapport qu'il vous fait aujourd'hui vous indique assez de quelle manière il a reçu tous ces objets : il les a reçus physiquement, c'est-à-dire qu'il n'a donné décharge que d'objets matériels sans être entré aucunement dans l'examen réfléchi du mérite de ces objets, de leur état de conservation, des dommages qu'ils ont essuyés, ce qui eût entraîné des longueurs nuisibles à l'intérêt public, des débats interminables qui ne peuvent avoir (lieu; entre la Commission qui disparait et le Conservatoire qui se présente. Ce désordre du Muséum et l'impossibilité où se trouve l'ancienne Commission de produire des inventaires exacts; les procès-ver-

27 nivôse an II et remplacée par le Conservatoire du Muséum, en vertu d'une ordonnance du ministre de Tlntérieur du II pluviôse an II, Fragonard, Wicar, Dupasquier, Launoy, Picault, Varon et Lesueur entrèrent en fonctions au lieu et place des anciens commissaires. Bien qu'excédant la limite d'action de la Commission du Muséum, nous avons cru devoir publier ce rapport de Fragonard et l'état de prise en charge des objets réunis par la Commission du Muséum, dont ces deux pièces établissent en quelque sorte le bilan. I. Dépôt de l'abbaye de Saint-Denis.

baux de décharge, que nous joignons au présent rapport, expliquent en termes très précis pourquoi il était convenable d'en agir ainsi. Si cette disposition des choses était capable de jeter dans l'esprit du Comité quelque inquiétude sur cette partie des richesses publiques, depuis longtemps abandonnées à l'insouciance, à la maladresse, à la confusion, nous nous empresserions de consoler le Comité en l'assurant que le Conservatoire s'est en quelque sorte déclaré en permanence, qu'il ne quitte plus des yeux le trésor confié à sa garde, qu'il est encore temps de réparer le dommage, qu'il sera réparé, en un mot que le Conservatoire fera jouir incessamment la Nation d'un catalogue raisonné de tous les objets appartenant au Muséum ; catalogue qu'elle doit regarder comme un compte-rendu, un résultat précis et clair qui mettra pour la première (fois) enfin la République à portée d'en apprécier la valeur.

Le Conservatoire désirait apprendre au Comité qu'il a procédé de la même manière à la découverte et au recouvrement de tous les autres objets dépendant du Muséum et dont la remise est strictement ordonnée par l'article IX du décret de la Convention, tels que dessins, descriptions, mémoires, notes et registres, etc. Des obstacles nombreux s'opposent à cette remise, un grand nombre de ces objets est actuellement sous le scellé du Département ; beaucoup d'autres sous le scellé d'administrations particulières et confondus parmi les effets d'un des membres de la Commission supprimée, en état d'arrestation'. Les précautions à prendre pour la transmission des dessins en a pareillement retardé la remise. Le Conser-

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