‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 114 sur 274 · DE ROGER DE GAIONIÈRBS · texte numérisé non relu

DE ROGER DE GAIONIÈRBS

Bourgogne de deux différentes manières, l'un plus grand que l'autre, du jroi d'Espagne, de M. le duc de Berry, de M'^ de Montpensier, de madame de Montespan, de madame l'abbesse de Fontevrault, sa sœur, de M. l'Évéque de Nîmes, de M. le- président de Muasy, d'un autre président du Parlement, un autre petit tableau représentant l'Assomption de la Vierge, un tableau dessiné à la main. représentant la ville de Chaa* Ions sur Saône, un autre de même représentant le château de G)rmatin- : tous lesquels tableaux et dessins avec leurs bordures de bois doré sont restés dans ladite chambre en même état que nous les avons trouvés ; et nous a été observé par ledit Remy qu'il a entendu dire que tous lesdits portraits trouvés dans cette chambre ne sont point compris dans le don fait au roi par ledit sieur de Gagniëres, et est incertain si les autres tableaux de ladite chambre ainsi que les dessins sont au roi.

Et, après avoir vaqué jusqu^à huit heures du soir, nous sommes retiré, etc.

Et le mercredi, 27 février 171 5, sur les sept heures du matin, nous commissaire susdit, sommes transporté en la maison dudit sieur de Gagnières, oii étant monté en sa chambre, au second étage, l'y avons trouvé assis dans un fauteuil, auprès du feu, et lui avons dit que nous allions continuer notre procès-verbal des effets appartenants à Sa Majesté, à quoi il a consenti. En conséquence, sommes transportéau premier appartement dans une antichambre actuellement occupée par ladite dame marquise de Blanchefort, oti nous avons trouvé en évidence et attachés contre les murs trente-deux por* traits et une vue du château de Madrid, tous avec des bordures, à l'exception de sept qui sont sans bordures. Lesquels portraits sont de messieurs le comte de Cha-

28l INVBNrKAOtB DBS COLLKCTICNIS

tilton, le cardinal de Bitague, le grand duc de Florenoe» Henri second, roi de France; de Rostin, Gustave Adolphe, roi de Suède, et la vue du château de Madrid, qui sont les sept sans bordures; et les suivans qui sont avec leurs bordures sont : de M. le prince de JoinvlUe, en grand, d'un autre du même prince, en petit, Qaude de Guise, le connétable de Lujnes, le cardinal de Lor« raine, le xihevalier de Guise, Guy dé BlanchefiDxt, le duc de Candalè, Jean Devers, de S' Chaumont, Fran* çois de Guise, le cardinal de Guise, Tarchevéque de Cambray, l'évéque de Fréjus, duc de Guise, prince de Condé avec sa femme dans un même tableau, le mare* chai de La Meilleraye, de mesdames de Guise en trois difiérents tableaux, de Catherine de Médicis, reine de France, dcf la reine mère du roi, et les cinq autres de dames sans noms, et un grand portrait d'une dame en pied, aussi sans nom, avec sa bordure ancienne. Tous lesquels portraits, au nombre de trente quatre, . sont restés dans ladite antichambre, dans le même état oil nous les avons trouvés.

Plus, sommes monté au second étage, oti nous, avons été conduit par le sieur Remy en un cabinet oti couche ledit Lapoulle, laquais dudit sieur xle Gagnières, où nous n'avons trouvé qu'un petit lit et une petite cas* sette de bois Uanc, laquelle cassette il nous a dit hxi appartenir et, en effet. Ta ouverte en notre présence, et ne s'y est trouvé que du linge à son usage.

Plus, avons été conduit dans un petit appartement de deux chambres séparées, et où l'on monte par deux escaliers ; lesquelles chambres sont occupées, l'une par la cuisinière dudit sieur de Gagnières, et l'autre par deux laquais de ladite dame marquise de Blanchefort. Dans lesquelles ne se sont trouvé que trois lits pour

sDiicher kadits domestiques et quelques chaises et nu coffre que iadite cuisinière a dit lui appartenir, etc.

Plus, aVons été conduit dans une écurie oti il n Y a que du vieux, bois de châssis -et de charpente et deux grands ^bes, lesquels globes nous avons fait porter dans le seccind grand cabinet attenant la galerie du premier étage, pour la conservation d'iceux, attendu que cette écurie est trop humide, ce qui a endommagé les* dits globes, après quoi, sommes sorti desdits cabinets et ai avons refiermé la principale porte qui donne dans la chambre qu'occupe et où couche à présent ladite dame marquise de Blanchefort, et nous sommes retiré à une heure après midi, etc.

Et ledit jour mercredi, 27 février lyiS, trois heures de relevée, nous commissaire susdit, sommes transporté en la maison dudit sieur de Gagnières, où étant monté en sa chambre au second étage, Ty avons trouvé assis dans son fauteuil auprès du feu, et lui avon^ dit que nous allions continuer notre procès verbal de perqui* 3ition dans les chambres et lieux dépendans de sa maison, pour savoir s'il n'y avoit plus d^efiets appartenans à Sa Majesté. En conséquence, sommes transporté dans les appartements du rez de chaussée où nous avons été conduit par ledit Remy qui nous a dit que ledit appaiv tetnmit est livré au sieur Leguerchois, maréchal des camps et armées du Roi depuis un an, lequel est actuellement en Catalogne, et.qu'il n'y a rien qu'un portier et un cocher pour avoir soin de son appartement et de ses chevaux. Lequel portier, nommé Housset, ayant été informé que nous voulions entrer dans l'appanement de son maître, nous en a ouvert les portes, et y étant entré avec lui et ledit Remy, n'y avons trouvé^ue des meubles meublant, lits, upisseries et autres effets ap-

284 INYENTAIBE DBS COLLBCTIOKS

partenants audit sieur Leguerchois/ et étant ensuite entré dans une galerie de plein pied, y avons trouiré dix sept tableaux qui sont portraits en pied de plusieurs rois, reines et prinoes de France^ dont seize avec leurs bordures, et un sans bordure, tous attachés contre les murs et faisant le tour de ladite galerie. Lesquels portraits sont de François l^, des deux reines, ses femmes, de Henri second, et de la reine sa femme, François Dauphin, François second et la reine sa femme, d'une reine d^Espagne, Charles neuf et la reine sa femme, Henri trois et de la reine sa femme, Henri quatre et de la reine sa seconde femme, Louis treize et la reine sa femme que ledit Remy nous a dit appartenir audit sieur de Gagniëres, dont nous avons fait la présente description, faisant partie de ceux par lui donnés au roi.

Plus, avons été conduit par lesdits Remy et Housset dans les écuries et caves de ladite maison^ où nous n'avons trouvé que deux chevaux et du bois à brûler et quelques bouteilles de vin. Et ensuite sommes entré dans la cuisine dudit sieur de Guerchois et dans les deux chambres au dessus, où couchent ses deux domestiques, n'y avons trouvé que des meubles meublans aussi bien que dans la chambre du portier, desquels lieux nous sommes sorti et retourné audit premier appartement par les deux chambres occupés par ladite dame marquise de Bknchefort où nous avons ouvert, avec ledit Remy, la porte principale des cabinets et galerie, dans lesquels nous sommes entré avec lui, et y avons remarqué que toutes les croisées et leurs volets et portes sont bien fermés avec les barres de bois, de fer, et les tirefonds et autres ferrures que nous y avons fait poser par lesdits artisans le jour d'hier, et en étant

DK ROGER DE GAIONIArES. 285

sorti, en avcHis fermé, ladite pone avec ses deux dt&, etc.

Plus, sommes retourné au second étage dont nous aTons ouvert, avec ledit Remy, les deux portes des deux bibliothèques pour voir si les fenêtres, volets et portes étoient bien fermés et condamnés par les barres de bois, de fer, crochets et autres ferrures que nous y avons ci devant feit mettre et poser par lesdits artisans, nous ayant paru en sûreté, et comme nous étions prêts à nous retirer, nous avons remarqué quelques livres manuscrits et autres sur le plancher; pour en éviter le dépérissement qui pourroit être causé par les grandes pluies qui y tombent quelquefois par les cheminées et par les fenêtres, suivant le rapport dudit Remy, nous avons fait apporter d'une des écuries plusieurs planches sur lesquelles nous avons feit mettre lesdits livres, papiers, manuscrits et autres efifets; et sommes ensuite sorti desdites bibliothèques dont nous avons fermé chaque porte à deux defe, etc.

Et après que ledit Remy, valet de chambre dudit sieur de Gagnières, sa femme, LapouUe, Lécluse, Guillot, domestiques dudit sieur de Gagnières, nous ont dit et déclaré que nous avons été conduit et feit perquisition dans tous les lieux de la maison dudit sieur de Gagnières, et après avoir fait recollement de tous les tableaux qui sont restés en évidence dans les chambres, antichambres, garderobes dudit sieur de Gagnières, antichambre et chambre qui sont présentement occupées par ladite dame marquise de Blanchêfort, et dans la galerie faisant partie de Fappartement loué audit Leguerchois, et que tous les tableaux décrits en notre présent procès verbal s'y sont trouvés, nous les avons laissés en la garde et possession dudit Remy qui s'en

286 nanmxAiBx des coLLOcnems

eBt'Vokmtaimoient'chargi^ ooaimç'dépositai»e:des bttns

de justice, et promis de les représenter lorsqu'il en requis, etc., etc.

Et nous nous sommes retiré sur les n^ heures du soir, et ont signé, à l'exœption dudit sieur de Gagnîères qui n a pu signer, à cause de sa grande foihksae, et desdits Guillot et Léchise qui ont déclaré ne savoir écrire ni signer de ce interpellés, suivant Toidonnance.

Signé : Remy; Leclaîrre; Lapoulie; Le Trouyt-Deslandes.

(Liasse 25 1 : commissaire Deslandes. Archives nationales : Commissaires au Châtelet).

Nous arrêtons ici la transcription de ce procès-verbal. Les quelques lignes qui suivent ne renferment que la mention de la ^site faite le 4 mars par M. d'Argouges dans la • maison de Bi. de Oaignièret pour s'assurer que les objets légués au roi par le savant curieux étaient en sûreté.

Ce curieux procès-verbal, qui nous fait connaître la place exacte qu'occupaient les collections de Roger de Gaignières, et qui nous indique un certain ndmbre de portraits qui étaient en sa possession et dont on ignorait encore l'existence, nous était à peine communiqué, qu'une autre trouvaille vint noua permettre de conpléter et document d*une façon appréciiiade aux jewiL Dans, les recueils topographiques du département des estampes, recueils précieux que Ton ne consulte jamais en vain, et dans lesquels une partie de la collection de Gaignières a* été fondue, Et trouvait une vue à vol d'oiseau de la maison [occupée rue de Sèvres par le savant collectionneur. Nous n'avons pas résisté au loisir de la fiûre reproduire ici ; et, à c6té de cet inveotaira sommaire qui nous conduit de chambre en chambre, qui nous fait visiter cette maison depuis Le rez-de-chaussée jusqu'aux gre« niers, on pourra se rendre compte de l'étendue de cette habitation entièrement remplie de documents historiques écrits ou dessina. Ce dessin est de la main qui fit les innombrables croquis légués au Roi par M. de Gaignières ; et il n'est pas <l6oteox qu^ « été

DE KOOBR DE 6AIGNXÂRE8. tSj

exécuté par Soudan à l'époque oîi cet hdtel était dcveou l'habitation du grand collectionneur.

Quoique nous ayons indiqué dans notre précédent travail les principales clauses du testament de Roger de Gaignières, nous n'hésitons pas à le publier ici in extenso. Il f\it attaqué par les héritiers naturels du coliectionneur, comme ayant été fidt à une époque où Gaignières, malade, n'aurait plus joui de toute sa raison. Cette prétention eût-elle été justifiée, il nous paraît

encore intéressant de publier, en même temps que cette instruction qui nous fournit sur les habitudes de Gaignières et sûr son entourage quelques curieux renseignements, le testament qui 7 a donné lieu et une analyse aussi sommaire que possible des dépositions faites pendant les deux enquôtea ordonnées à l'occa^ sion de ce testament

Page 1