‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 195 sur 274 · TABLEAUX DU COURONNEMENT · texte numérisé non relu

TABLEAUX DU COURONNEMENT

Maison mettroit des obstacles à Texécution de vos ordres. Au mois de mai 1806, il a suspendu les paye^ mens sous le prétexte que je n'avois point 6xé le prix de chacun de mes tableaux. J^avois cru que l'intention de Votre Majesté étoit que la somme de cinq mille fr. par mois représentât non-seulement le payement de mes tableaux, mais encore mes honnoraires de premier peintre. Forcé par M. Pintendant général à mettre un prix particulier à mes ouvrages, j'ai évalué chacun des quatre tableaux à cent mille francs, somme proportionnellement fort inférieure, suivant Topinion de M. Pintendant lui-même, à celles que Pon paye tous les jours aux divers artistes qui travaillent pour le service de Votre Majesté.

Monsieur Pintendant élève des difficultés nouvelles; il prétend n'avoir point d'ordres, quoique Votre Majesté ait fait porter le payement de mes ouvrages pour soixante mille francs par an dans les budjets de 1806^ de 1807 et de 1808.

Je supplie Votre Majesté de donner des ordres positifs à Peffet que je n'essuyé plus de plus longs retards et que je puisse me livrer sans réserve à des travaux qui, en offrant votre image au Peuple Français, lui donnent une occasion nouvelle de manifester l'admiration et l'enthousiasme que vous lui inspirés.

Je suis avec le plus profond respect. Sire, de Votre Majesté Impériale et Royale, le très etc.

Ce mercredi 24 février 1808.

A Monsieur V Intendant général de la Maison de V Empereur y David, premier peintre de Sa Majesté,

Monsieur Pintendant général, — Présumant que le

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meilleur moyen de lever l'obstacle qui s'opposoit à mon payement étoit de m'adresser directement à Sa Majesté, j'ai pris la libené de lui présenter la pétition dont je vous joins ici copie. L'Empereur a daigné m'accueillir avec bonté, lire ma pétition, et me promettre une prompte justice. Je ne doute même pas que déjà S. M. n'ait autorisé le payement de l'arriéré de cinq mille francs par mois, qui m'avoit été précédemment accordé et dont les fonds ont été régulièrement faits pour les années 1806, 1807, et même 1808.

J'ai fait connqître à Sa Majesté le prix auquel je vous avois proposé de porter chacun des quatre tableaux. Ce prix lui a paru raisonnable et modéré. J'ignore si l'Empereur en a adopté h fixation définitive; mais cette fixation étant indépendante de moi et de ma volonté, ce ne pourroit être un motif de suspendre plus longtemps un payement qui m'est bien légitimement acquis par ce que j'ai déjà fait.

Je me fiate donc, Monsieur l'Intendant général, que vous ordonnancerés le payement des sept derniers mois de 1806, l'année entière de 1807, et successivement de mois en mois.

J'ai l'honneur d'être avec respect — Monsieur l'Intendant général — votre très-humble et très-obéissant

serviteur.

David.

Paris, ce d5 février 1808.

Ainsi que le constate la pétition ci-dessus, adressée à Napoléon, rintendant général, qui refusait de payer à David les appointements quMl réclamait, évaluait cependant chacun des tableaux à la somme de 100,000 francs. Il est à présumer que Napoléon trouva ce- prix encore trop élevé, car on sait que le Couronne^ment et la Dûtribution des aigles lut furent payés 180,000 fr. (Charles Blanc, Étude sur David), c'est-à-dire 60,000 fr. par an

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pendant trois ans ou 5ooo fr. par mois selon le laode primitivement adopté.

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