‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 228 sur 274 · LE BARON DE FORBIN · texte numérisé non relu

LE BARON DE FORBIN

l'avait encouragé sans le connaître et dès ses premiers essais.

Cette bienveillance effective restera Thonneur de M. de Forbin; la morgue bourgeoise et les façons plus que bourrues de M. de Gailleux, son successeur, l'auraient pour les contemporains mise en valeur et même fait exagérer, si chez M. de Forbin elle n'avait été si complètement naturelle et toujours prête.

Ajouterai-je, comme je l'apprends d'un homme qui l'a bien connu et qui à ce propos même me parlait hier de lui avec l'expression du souvenir le plus sympathique, que, comme Houdon, il n'avait pas dans ses dernières années conservé toute sa mémoire. U n'oubliait pas le passé, mais il oubliait la veille. Il relisait sans le reconnaître le livre qu'il venait de lire le jour précédent, et, dans son atelier du Louvrej tant qu'il a pu y venir, il travaillait tous les jours, ou à peu près, à un énorme tableau dont il s'occupait avec ardeur et qui était sa plus grande préoccupation; mais c'était vraiment la toile de Pénélope, car son domestique grattait régulièrement ce qu'il venait d'y peindre et M. de Forbin s'y remettait allègrement sans jamais s'être douté du service qu'on lui rendait en l'empêchant de le terminer. Ce n'est là qu'une défaillance de la nature; ce qui est plus important, c'est qu*avec les différences des personnes et de la charge, M. de Forbin a été digne de M. Denon, son prédécesseur, et que son nom peut être rappelé à côté de celui de M. d*Ângevîller.

A. de M.

Beaumont-le*Roger, g août 1874.

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