EPITRE
A MONSIEUR MIGNART
Le plus grand peintre de notre siècle^.
Inimitable Mignart, Qui mesme dans Tltalie
I. Le portrait de Mignard, peint par Rigaud et gravé par Tardieu en 1749, est accompagné des six vers suivants (Voy. Mercure de France, juillet 1749, p. 157).
Par les grâces de son pinceau Mignard a de la Grèce égalé les ouvrages, Et ce superbe Dôme, où règne un goût nouveau
Qui mérite tous les suffrages, Est encor de Paris le plus bel ornement Et d^un talent divin le plus beau monument.
A PIEllltS MlGKAltD. I2y
Ab fiUt admirer ton art Malgré la haine et Tenvie,
Depuis que loin de ces lieux Qu'embeiljssoieat tes ouvrages Tu charmes ici nos jeux Et mérites nos hommages»
ftiille peintresT forcenés De iroir où ta gloire monte Conire toi sont déchaînés Et ne le sont qu'à leur honte.
Maïs laisse les peindre mal Et mesme chanter victoire; Pousse toujours ton cheval Dans le chemin de la gloire.
S'il poursuit de mieux en mieux Le train que tu luy ftiis prendre Tous ces lasches envieux N'auront bien0t qu'à se «pendre.
Les plus Insolents d'entre eux, Les plus hardis à te mordre Se trouveront bien heureux De travailler sous ton ordre.
N'ayant plus à travailler.
Si ce n'est avec des brosses, Nous leur verrons barbouiller Des tripots et des carosses
Tandis qu'estimé de tous.
Des rois, princes et satrapes.
Tu boiras parfois chez nous La liqueur qui vient des grappes.
Près d'un feu qui sera bon, Quojque le feu d'un pauvre homme, Nous ferons le parangon De Paris et de ta Rome.
De succulentes perdris Et des chapons gras du Maine Te donneront du mespris Pour tes mets à la Romaine.
Les nôtres bien aprestés