‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 36 sur 274 · LISTES DES OUVRAGES DE MIGNARD · texte numérisé non relu

LISTES DES OUVRAGES DE MIGNARD

EXTRAITES DE LA BIOGRAPHIE DE l'aBBÉ DE MONVILLE.

A^ant d'emprunter à la biographie de Tabbé de Monville les renseignements qu'elle renferme et qui sont nécessairement exacts, il est utile de mettre le lecteur en garde contre les éloges outrés de ce panégyrique; nous ne saurions mieux faire que d'emprunter le passage suivant à un journal du xviu* siècle, connu pour l'impartialité de sa critique {Journal de Trévoux, 1752, !•' Yolume, p. iSgS) :

« La vie de Mignard avoit déjà été écrite par les soins et presque sous la dictée de M"* la comtesse de Feuquières sa fille. Cette viç est un tissu d'éloges: ouvrage par conséquent trèspropre à honorer les sentimens de la personne à qui nous en sommes redevables. Mais parmy ses loix, Phistoire ne compte point les devoirs qu'inspire la tendresse; elle s'attache à ce que prescrit la vérité. Elle se charge de peindre les hommes tels qu'ils ont été, non tels que des enfants bien nés voudroient faire paroître leurs pères.

9 Ainsi la vie qu'on nous donne aujourd'huy (celle du comte de Caylus) étoit nécessaire pour apprécier au juste le mérite, les talens, le succès de Mignard. Nous avons l'obligation de cet ouvrage à M. le comte de Cailus, qui prouve par son exemple jusqu'à quel point la naissance et les dignités se sont réconciliées de nos jours avec toutes les belles connoissances. n

L'auteur de la notice sur Mignard insérée dans le manuscrit dont nous avons déjà parlé (Bibi. nat., fonds de Champagne, n* X08) revient sur l'ouvrage de Tabbé de Monville et porte un jugement identique à celui du Journal de Trévoux, Nous citons le passage, surtout à cause du dernier membre de phrase (p. 178): « Pour dire vray, « cette vie est un panégirique per- • pétuel des ouvrages et des talents de Mignard dont la répu- » tation est un peu baissée aujourd'hui (vers 1755). »

Nous avons dit plus haut que cette notice ne renfermait aucun

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fait nouveau; toutefois Pauteur, qui était Champenois, avait £sit des recherches spéciales sur une œuvre de Mignard conservée dans la ville de Troyes. Il nous transmet un écho de Fopinion publique du milieu du zviii* siècle sur le talent et les œuvres de notre artiste. Cest à ce titre mrtout que le passage suivant nous a paru curieux à citer :

« J'ai ouf blâmer le coloris de Mignard ; on trouve qu'il n'a » aucune durée et qu'il est desjà extrêmement terni. J'ai vu cepen- » dant une lo de Mignard qui a encore toute la beauté et toute » Ift fraîcheur qu'elle avoit lorsqu'elle sortit de son pinceau* Le » tableau de la chapelle des fonts de St Euatache est le même » sujet peint et composé comme celuy de l'autel de S. Jean de 9 Troyes^ ; le plafond de la chapelle de S. Eustache représente » comme à Troyes ua Père Étemel. »

Le manuscrit ajoute que les peintures de Paris furent faîtes avant celles de Troyes qui en étaient les copies, mais qui devinpeut presque des originaux quand la chapelle de S. Eustache fut démolie pour fiaire plaee au portail (1754). Le baptême de Jésus-Christ sur le maitre«autel de S. Jean, fut payé 1 3oo liv. et Mignard disait qu'il faisait présent de i5oo Kv. à la paroisse; ainsi il l'estimait 3ooo liv. « Le tableau du Père Étemel qui est » au-dessus est estimé une pièce plus hardie et plue savante que » le baptême de Notre-Seigneur. Ce sujet n'était pas si fini dans » la fresque qu'il est à l'huile parce que la peinture à fresque » est bien plus gênante. » .

Nous avons réuni dans les deux listes qui suivent toutes tee. œuvres de Mignard citées par son plus ancien biographe, l'abbé de Monville. On a placé dans la première liste ses travaux et ses portraits dans l'ordre où le biographe les a énumérés, avec les indications de date» et quelquefois de prix dont U fait mention. Dans la seconde liste figurent seuls les portraits, mais rangés dans l'ordre alphabétique, pour la commodité des recherches. A. la suite de chaque nom se trouve la date, qui ne peut jamais être qu'approximative» à laquelle le portrait a été peint. Enfin un autre chiffire renvoie aux pages du livre de l'abbé de Monville.. Nous nous sommes servis pour établir ces renvois de l'éditioa d'Amsterdam que nous avions sous la main; celle de Paris (tiffèro

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