‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793). Par Alexandre Tuetey et Jean GuiffreyChapitre 70 sur 132 · Un Buste d'un des Césars, en marbre, n · texte numérisé non relu

Un Buste d'un des Césars, en marbre, n

20. Un Buste antique de Lucius Verus, en marbre blanc, n° nS"*.

Nous, commissaires du Muséum et des monuments, certifions avoir reçu du citoyen Lenoir les objets ci-dessus mentionnés.

Paris, ce 26 juillet 1793, l'an 2^ de la République,

une et indivisible.

Pasquier, Commissaire du Muséum.

Nous avons reçu de plus une bordure dorée;

La Madeleine, de Lebrun;

Une Annonciation, de Philippe de Champaigne.

Pasquier.

Archives nationales, F'7*243, fol. 48.

1. Le tombeau de Philippe de Commines et de sa femme se trouvait autrefois dans l'église des Grands-Augustins de Paris. Aujourd'hui au Musée du Louvre. N° 126 du Catalogue de la sculpture du moyen âge, de la Renaissance et des temps modernes. Salle Michel Colombe.

2. « Des Petits-Pères, place Vendôme. Le buste antique d'un Romain (ce buste est portrait et porte un grand caractère. Il est placé au Muséum). » Catalogue Lenoir, éd. de 1793.

3. V Ibid. Le buste en marbre blanc d'un des Césars (placé au Muséum). » Catalogue Lenoir, éd. de 1793.

4. « Ibid. Buste antique en marbre blanc, dit de L. Verus et peut-être de Marc-Aurèle (porté depuis au Muséum), était brisé en plusieurs morceaux; restauré par L'jÉ'jJzne; brisé pendant le transport au Muséum. » Catalogue Lenoir, éd. de 1793.

Mémoire des tableaux rentoilés.par ordre des citoyens commissaires du Muséum national, par Hacquin, depuis le mois de février i y g2 jusqu'au mois de juin I jg3.

26 juillet 1793.

Savoir :

Un Paysage^, de Paul Bril^ 6 pieds 2 pouces de long sur 3 pieds 8 pouces, fait 22 pieds 6 pouces, à 2** 10 s 56* 5 s.

Le Ttnomphe de la Vierge ^, peint par Champagne^ i5 pieds 9 pouces sur 10 pieds 8 pouces, fait 167 pieds 6 pouces 418** i5 s.

Un Lanfranc, 6 pieds 4 pouces sur 5 pieds i pouce, fait 32 pieds 2 pouces 80* 8 s. 4 d.

Une Sainte adorant le Christ^ peinte par Verdier^ 5 pieds 6 pouces sur 4 pieds, marouflé à l'huile, fait 22 pieds 55*

Le Baptême de saint Jean, par Stella, de 10 pieds 6 pouces sur 6 pieds 6 pouces, fait 68 pieds . . 170*

1. Il faut probablement identifier ce tableau de grandes dimensions avec le Paysage de Paul Bril, dans lequel est représentée Diane chassant Calisto. F. Engerand, t. I, p. 238. Ce tableau est actuellement attribué à ylnn. Carrache, le Paysage seul étant considéré comme peint par Patil Bril. Villot, n" 149; Tauzia, n° i32; C. S., n" i23o.

2. Ce tableau provenait de l'église Notre-Dame de Paris. Voir L. Tuetey, t. I, p. 106, note i.

Quatre Vîtes de Paris et des environs^ 5 pieds sur 3 pieds, fait 60 pieds i5o**

Le Christ guérissant les malades \ peint par Joiivenet , de 24 pieds sur i3 pieds, fait 3i2 pieds. 780*^

Marthe et Marie"^^ peint par Jouvenet^ enlevé et remis sur toile,

4 pieds 6 pouces sur 3 pieds 6 pouces, fait i5 pieds, à 4** le

pied 6o«

La Circoncision^^ peint par Rigaud, dont la surface était boursouflée et qui a été rendue unie . 6o«

Fourni un châssis pour un tableau de Rubens représentant l'Apothéose d'Henri IV*, de 21 pieds

5 pouces sur 12 pieds 120^

Un autre châssis pour un Rubens représentant le Couronnement

de la Reine^ , de 22 pieds 4 pouces

sur 12 pieds i pouce 124*4

Pour avoir tendu les dits tableaux sur leurs châssis .... iSit

Total 2,092^ 8 s. 4 d.

1. Ce tableau, ainsi que le suivant, provient de l'église Notre-Dame de Paris. L. Tuetey, t. II, p. 220; Villot, n" 296; C. S., n» 432.

2. Voir la note du mémoire du 24 juillet, p. 222. Il s'agit du même tableau.

3. Plutôt la Pj-ésentation au Temple que la Circoncision. Voir la note du mémoire du 24 juillet, p. 221.

4. Onzième tableau de la série de la Vie de Marie de Médias. Villot, n" 444; C. 5., n° 2095.

5. Dixième tableau de la même série que le précédent. Villot, n° 443; C. S., n° 2094.

23o LA COMMISSION BU MUSÉUM

Nous, commissaires du Muséum national soussignés, certifions que, vérification faite de tous les ouvrages ci-dessus énoncés, nous avons arrêté le présent mémoire à la somme de deux mille quatrevingt-douze livres huit sols quatre deniers.

Paris, le 26 juillet 1793, l'an 2^ de la République, une et indivisible.

Vincent, P. Cossard, Jollain, Regnault, BossuT, Pasquier.

Archives nationale? F'' loSg, n° i.

Garât a Bavard, inspecteur général du Garde-Meuble.

Le ministre de l'Intérieur

à l'inspecteur général provisoire du Garde-Meuble

de la République.

Paris, le 27 juillet 1793, etc.

La Commission du Muséum demande, citoyen, que je les autorise à choisir dans le Garde-Meuble les tables, les vases et autres objets qui lui paraîtront propres à décorer le Muséum. Il n'y a point de temps à perdre, soit pour fixer le choix, soit pour opérer le transport et l'arrangement au Muséum des objets qui pourront convenir à son embellissement. Vous voudrez bien en conséquence vous concerter sans aucun délai avec cette Commission et avec les commissaires de celle des monuments à qui j'en écris, pour les aider de vos indications, leur laisser toute liberté du choix et seconder de tous vos moyens l'exécution des vues de la Commission du Muséum.

Archives nationales, F^'' loSg, n° i.

Garât a la Commission des monuments.

Le ministre de l'Liîérieur aux membres de la Coynmission des monuments.

Paris, le 27 juillet lygS, etc.

Conformément aux vues de la Commission du Muséum, qui désire rassembler dans ce Dépôt national tous les objets propres à l'enrichir et à en augmenter l'éclat et la variété lors de son ouverture prochaine aux regards du public, j'ai donné, citoyens, à l'inspecteur général provisoire du Garde-Meuble de la République les ordres nécessaires pour qu'il ait à favoriser de tous ses moyens la vue, le choix, la délivrance et le transport des tables, vases et autres objets qui pourront convenir à cette destination. Je vous invite, en conséquence, à nommer, sans aucun délai, des commissaires pour procéder, de concert avec le citoyen Bayard et la Commission du Muséum ^ aux choix à faire en cette circonstance, je m'en rapporte pleinement à votre goût et à vos lumières et n'ai au surplus sur cet objet d'autres indications à vous donner que de mettre à ce choix une certaine sobriété et de rechercher plutôt dans les objets à choisir la beauté des formes et le mérite même isolé de l'art que la richesse de la matière, faite pour offrir à la République une autre espèce, moins noble sans doute, mais

plus utile de produits.

Signé : Garât.

I. Les commissaires désignés furent Moreau, Masson et Lemonnier. L. Tuetey, t. I, p. 25 1 et, p. 35o, état des objets choisis au Garde-Meuble.

Le citoyen Leblond^ secrétaire de la Commission des monuments, au collège des Qiiatre-Nations .

Archives nationales, F'' io36, loôg, n° i.

Garât a la Commission du Muséum.

Le ministre de l'Intérieur aux membres composant la Commission du Muséum.

Paris, le (27) juillet 1793, etc.

J'ai donné, citoyens, à l'inspecteur général du Garde-Meilble de la République, le citoyen Bayard, tous les ordres nécessaires à l'exécution de vos vues relatives au décorum du monument que vous dirigez, et j'ai invité la Commission des monuments à nommer des commissaires à l'effet de se concerter avec vous et avec le citoyen Bayard pour le choix et le transport des tables, vases et autres objets qui pourront vous convenir. Je recommande à cette Commission ainsi qu'à vous une certaine sobriété dans ce triage, et, en vous tenant à la seule beauté des formes et au mérite même isolé de l'art, d'éviter tout ce qui d'ailleurs pourrait offrir quelque attrait par la richesse de la matière; ce dernier genre de mérite est dans les circonstances actuelles susceptible d'une autre sorte d'utilité, et les dispositions législatives qui concernent le Garde-Meuble ne me laissent non plus qu'à vous à cette égard qu'une latitude infiniment resserrée'.

I. Les objets de matière précieuse devaient être fondus et monnayés.

Décret pour l'ouverture du Muséum ^

27 juillet 1793.

La Convention nationale, sur le rapport de ses comités d'Instruction publique et des monuments, décrète ce qui suit :

Article premier. — Le ministre de l'Intérieur donnera les ordres nécessaires pour que le Musée de la République soit ouvert le lo août prochain dans la galerie qui Joint le Louvre au Palais national.

Art. II. — Il y fera transporter aussitôt, sous la surveillance des commissaires des monuments, les tableaux, statues, vases, meubles précieux, marbres déposés dans la maison des Petits-Augustins, dans les maisons ci-devant royales, tous autres monuments publics et dépôts nationaux, excepté ce que renferment actuellement le château de Versailles, les jardins, les deux Trianons, qui est conservé par un décret spécial dans ce département.

Art. III. — Il y fera également transporter les peintures et statues, bustes antiques qui se trouveront dans toutes les maisons ci-devant royales, châteaux, jardins, parcs d'émigrés et autres monuments nationaux.

Art. IV. — Il sera mis à la disposition du ministre par la Trésorerie nationale, provisoirement une somme de ioo,oooft par an, pour faire acheter dans les ventes particulières les tableaux ou statues qu'il

I. Voir sur ce décret, présenté par Sergent, la séance de la Commission des monuments du 26 juillet, L. Tuetey, t. I, p. 248 et 249, note i.

importera à la République de ne pas laisser passer en pays étrangers et qui seront déposés au Musée sur la demande de la Commission des monuments.

Art. V. — Il est autorisé à faire les dépenses nécessaires pour le transport des tableaux et statues dans le Musée, des dépôts particuliers où ils sont maintenant.

Procès-verbal de la Convention nationale, t. XVII, p. 287.

Garât a Le Brun, marchand de tableaux.

Le ministre de l'Intérieur au citoyen Le Brun.

Paris, ce 29 juillet 1793, l'an 2^ de la République.

La Convention nationale vient de décréter, le 27 de ce mois, un fonds de loo.oooft pour le mettre à ma disposition pour subvenir aux achats de tableaux et dépenses relatives au Muséum; ce fonds, que je sollicitais, me donne la possibilité d'acquitter les 36,480 «t dus pour l'acquisition des tableaux faite par mon ordre à la vente de feu Praslin ; je vous invite en conséquence à voir le citoyen Boilleau, que j'en préviens également, pour vous concerter avec lui et vous transporter à la Trésorerie nationale, où vous sera délivré le prix de cette acquisition sur les quittances de droit à délivrer aux commissaires de la Commission des monuments et du Muséum réunis les objets achetés sur leur récépissé en prenant toutes précautions néèessaires à votre décharge, et, en attendant que les formalités de la Commission des monuments soient remplies, j'autorise celle du Muséum à prendre

d'avance connaissance des objets et toutes mesures convenables pour en préparer la place. Vous voudrez bien m'instruira du moment où ces dispositions seront effectuées.

Archives nationales, F^'' lobg, n» i.

Garât a Boileau, huissier-priseur.

Le ministre de l'Intérieur au citoyen Boilleau.

29 juillet 1793.

Le fonds de ioo,oooft, décrété le 27 de ce mois et mis à ma disposition pour dépenses d'achats relatifs au Muséum, me donne la possibilité d'acquitter les 36,48ott dus à la succession Praslin pour achats faits par mon ordre des tableaux désignés par le citoyen Le Brun; vous voudrez bien en conséquence vous concerter sur-le-champ avec lui pour faire effectuer ce paiement dont je vais envoyer le mandat à la Trésorerie nationale. Je vous préviens en même temps que j'ai chargé les Commissions des monuments et du Muséum d'enlever les tableaux et de les faire transporter dans -les formes prescrites pour en orner le Muséum national; vous voudrez bien m'instruire du résultat de ces diverses opérations en ce qui vous concerne particulièrement.

Archives nationales, pi^ loSg, n° i.

Garât a la Commission des monuments

ET A CELLE DU MuSÉUM.

Le ministre de l'Intérieiw aux citoyens composant la Commission des monuments.

Paris, le 3o juillet 1793, l'an 2=.

Le citoyen Le Brun avait été chargé, citoyens, d'acheter pour le compte de la République, à la vente de feu Praslin, des objets d'art précieux restés jusqu'à ce jour en dépôt chez lui. Le décret du 27 juillet vient de me donner les moyens de payer et faire retirer ces objets. Il m'impose de plus l'obligation de les faire réunir au Musée de la République, et je vous invite en conséquence à nommer sur-le-champ des commissaires qui, de concert avec ceux du Muséum, se transportent chez le citoyen Le Brun, retirent de ses mains en lui en donnant toutes décharges et récépissés ainsi qu'à l'huissier-priseur Boileau, que j'en préviens, les objets dont il s'agit et dont je joins ici l'état, et les remettent à celles des commissaires du Muséum pour être transférés et placés sans délai dans ce Dépôt

intéressant de nos arts*.

Signé : Garât.

Archives nationales, F'T io36.

Le ministre de l'Intérieur aux commissaires du Muséum national.

3o juillet 1793.

Le décret du 27 juillet, citoyens, m'ayant enfin pro-

I. Moreau et Lemonnier furent désignés. L. Tuetey, t. I, p. 253.

curé les moyens de faire payer les objets achetés pour le compte de la République à la vente de feu Praslin et m'imposant l'obligation de les faire réunir au Dépôt qui vous est confié, je vous préviens que je viens d'engager la Commission des monuments à nommer sans délai des commissaires pour retirer les objets dont il s'agit et dont je joins ici l'état des mains du citoye*! Le Brun, chez qui ils sont déposés, en donner toutes décharges et récépissés et les mettre de suite à votre disposition. Je vous invite à presser en ce qui vous concerne l'exécution de ces dispositions, ainsi qu'à vous concerter à cet effet avec la Commission des monuments, et je vous autorise même, pour accélérer, à prendre dès ce moment connaissance des objets dont il s'agit chez le citoyen Le Brun afin de pouvoir, d'après leurs dimensions, déterminer d'avance la place à leur réserver au Muséum en attendant que la Commission des monuments ait pris les mesures et rempli les formalités convenables pour leur enlèvement.

Archives nationales, F^'' loog, n° i.

Rapport.

3o juillet 1793.

Le citoyen Le Brun, peintre, a fait acquisition à la vente du mobilier de feu le citoyen Praslin de quatre tableaux que le citoyen David, député à la Convention nationale, a jugé être d'une importance particulière pour le Muséum des arts ^ Ces tableaux, suivant l'état

I. Il est très intéressant de savoir que c'est David qui avait désigné ces trois tableaux exécutés par des maîtres dont la

qui en a été remis au ministre de l'Intérieur, soit par le citoyen Le Brun^ soit par le citoyen Boileau, huissier-priseur, qui a été chargé de la vente, sont :

1° Un tableau capital de P.-P. Rubens représentant le Portrait d'une dame flamande^ délivré à la vente pour la somme de sept mille sept cent cinquante livres, ci lil^o^

2" Un tableau capital de Rembrandt re^vé^ sentant un intérieur avec le sujet de la Sainte- Famille^ dix-sept mille cent vingt livres, ci. 17,120»

3° Un tableau de F. Jordacns représentant Un repas ^ vendu 4,800»

Il a été en outre acheté à la même vente pour le Muséum un 4^ article qui est, suivant ledit état, un Casque et un Bouclier riches, ciselés en or et émaillés sur un fonds de bas-relief en fer (objet très rare et précieux, outre que toute la valeur s'y trouve en matière d'or fin), vendus moyennant six mille huit cent dix livres, ci .... 6,810» Total 36,480»

Le payement de cette somme n'ayant pu être effectué, attendu qu'il n'avait été jusqu'ici affecté aucun fonds pour les acquisitions qui intéressent le Muséum, le ministre a sollicité ce fonds auprès de la Convention nationale qui, sur le rapport de ses Comités d'Instruction publique et des monuments, a rendu, le 28 du présent mois de juillet, un décret relatif au Musée de la République. ,

L'article IV de ce décret, par lequel il a été statué sur la demande du ministre, est ainsi conçu : « Il « sera mis à la disposition du ministre de l'Intérieui"

manière était si éloignée, opposée même à l'esthétique que David devait bientôt enseigner et imposer.

« par la Trésorerie nationale provisoirement une a somme de ioo,oooft par an pour faire acheter dans « les ventes particulières les tableaux ou statues qu'il « importera à la République de ne pas laisser passer « dans les pays étrangers et qui seront déposés au « Musée sur la demande de la Commission des monu- « ments. «

On propose au ministre, en exécution de ce décret, d'approuver qu'il soit délivré un mandat au nom du citoyen Boileau, huissier-priseur, de la somme de trente-six mille quatre cent vingt livres pour le payement du montant des trois tableaux et du casque ainsi que du bouclier, détaillés au présent rapport, dont l'acquisition a été faite pour le Muséum, laquelle somme sera acquittée par la Trésorerie nationale sur le fonds de 100,000 tt qu'elle doit tenir à la disposition du ministre pour les acquisitions de ce genre conformément à l'article IV dudit décret du 28 juillet 1793. Et sera au surplus ledit mandat converti en une ordonnance de pareille somme, qui sera expédiée en vertu du présent rapport et employée dans la distribution du au

Fait ce 3o juillet 1793, l'an 2 de la République française.

Approuvé par le ministre et expédié par mandat, le 3o juillet lygJ.

Archives nationales, F'' loSg, n° i.

Garât a Le Brun, marchand de tableaux.

Le ministre de l'Intérieur au citoyen Le Brun.

Paris, ce 3o juillet 1793.

La Convention nationale vient de décréter, le 27 de

ce mois, citoyen, un fonds de 100,000 tt et de le mettre à ma disposition pour subvenir aux frais d'achat et aux dépenses relatives au Muséum. Ce fonds que je sollicitais me donne la possibilité d'acquitter les 36,480* dues à la succession Praslin pour l'acquisition que je vous avais chargé de faire en mon nom à la vente de ses tableaux. Je vous invite en conséquence à voir le citoyen Boileau, que j'en préviens également, pour vous concerter avec lui et vous transporter ensemble à la Trésorerie nationale, où sera payé le mandat de la somme formant le prix de cette acquisition. Je vous autorise à délivrer, sur la réquisition des commissaires réunis des monuments et du Muséum, les objets achetés en prenant toutes précautions de droit pour votre décharge; et, en attendant que les formalités de la Commission des monuments soient remplies, j'autorise les commissaires du Muséum à prendre néanmoins d'avance connaissance des objets ainsi que toute mesure dont ils auraient besoin pour préparer leur place-, je vous invite à seconder à cet égard leurs intentions et les miennes et à leur faciliter cette connaissance en attendant l'enlèvement définitif des tableaux.

Archives nationales, F''' loSg, n" i.

La Commission du Muséum a Lenoir.

3o juillet 1793.

Nous vous prions et conjurons, citoyen, vu l'urgence de l'arrangement des tableaux du Muséum, de nous envoyer par les porteurs de la présente le tableau de Le Brun représentant un Christ mort avec la Vierge

de douleurs^ qui vient d'être réparé par le citoyen Guillemard, il nous est absolument indispensable pour une place; nous vous serons très obligés. Salut et fraternité.

Pasquier, Regnault, p. Cossard, Jollain.

Remis le dit tableau, ledit jour 3o juillet i ygS, l'ait deux de la République.

Au citoyen Lenoir, garde du Dépôt national des Petits-Augustins, aux Petits-Augustins, à Paris.

Archives nationales, F^'^*2^^, fol. gS.

Garât a la Commission des monuments.

Le ministre de l'Intéi'ieur aux membres composant la Cotnmission des monuments.

Paris, ce 3i juillet 1793, l'an 2^ de la République, une et indivisible.

Un décret rendu par la Convention nationale, le 27 de ce mois, surfe rapport de ses Comités d'instruction publique et des monuments, vient de me charger de donner les ordres nécessaires pour que le Musée de la République soit ouvert le 10 août prochain dans la galerie qui joint le Louvre au Palais national. L'article 2 de ce décret m'autorise à y faire transporter aussitôt, sous la surveillance des commissaires des monuments, les tableaux, statues, vases, meubles précieux, marbres déposés dans la maison des Petits- Augustins, dans les maisons ci-devant royales, tous

I. Le Christ mort sur les genoux de la Vierge signalé dans l'état n" 112 et dont la remise avait été retardée, la restauration du tableau n'étant probablement pas terminée.

autres monuments publics et dépots nationaux, excepté ce que renferment actuellement le château de Versailles, les jardins, les deux Trianons, qui est conservé par un décret spécial dans ce département, et, d'après l'article 3, je dois également faire transporter au Musée les peintures et statues, bustes antiques qui se trouveront dans toutes les maisons ci-devant royales, châteaux, jardins, parcs d'émigrés et autres monuments nationaux.

Je m'empresse, citoyens, pour hâter l'exécution de ce décret, de vous en adresser un nombre d'exemplaires égal à celui des membres qui composent la section des arts de votre Commission, à la suite de chacun desquels j'ai cru devoir vous donner à tous individuellement une autorisation spéciale et expresse pour toutes les opérations qui y sont ordonnées et qui doivent être faites sous votre surveillance.

Gomme le même décret m'autorise à faire les dépenses nécessaires pour le transport des tableaux et statues dans le Musée des dépôts particuliers où ils sont maintenant, vous voudrez bien, après avoir visé les états des frais qui auront été faits sous vos ordres pour cet objet, me les transmettre afin que je fasse en conséquence pourvoir à leur payement.

Garât.

Archives nationales, F'' io36, 1057, n° 6.

Garât a la Commission des monuments.

I. — Le ministre de l'Intérieur aux membres de la Commission des monuments.

Paris, ce 3i juillet 1793, l'an 2" de la République une et indivisible.

Je vous préviens, citoyens, que je viens d'adresser

au citoyen Lenoir, garde du Dépôt provisoire des Petits-Augustins, l'ordre de faire ouvrir ce Dépôt pendant i5 jours, matin et soir, pour nos frères des départements qui viennent célébrer avec nous la fête de la Réunion du lo août prochain.

Vous voudrez bien vous concerter avec le citoyen Lenoir et avec les autres personnes attachées au service du Dépôt, dont Je viens d'ordonner l'ouverture, afin que cette disposition qui tend à augmenter l'éclat des fêtes nationales ne compromette en aucune manière la sûreté des monuments qui seront exposés à la curiosité publique.

Garât.

Archives nationales, F'^ io36.

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