‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793). Par Alexandre Tuetey et Jean GuiffreyChapitre 87 sur 132 · F. Engerand, t. I, p. 25o et 25i · texte numérisé non relu

F. Engerand, t. I, p. 25o et 25i

4. Peint en ibig. F. Engerand, t. I, p. 126 et 127; Villot, n° 27; Tauzia, n° 19; C. S., n" 1147.

3l8 LA COMMISSION DU MUSÉUM

tête de la sainte Ca- 100**" therine 3oo^

Mola. Prédication de saint

Jean\ ce tableau était dans le plus mauvais état, couvert de repeint et d'une crasse très ancienne, il y avait beaucoup de parties altérées et difficiles à Se*' raccorder .... 140**

Bourguignon. Bataille-^ dont le

ciel était endommagé, les figures altérées par quelques écailles, net- 25* toyé et raccordé, etc. 36*

Titien. Saint Jérôme dans

le désert^, ce tableau avait jadis été couvert de repeint couvert de beaucoup de crasse, ce repeint a été long à enlever pour tacher de conserver le Maître, les parties endommagées ont été raccor- 40* dées, etc 86*

1. Acquis en 1742 à la vente du prince de Carignan au prix de 8,000 livres. F. Engerand, t. II, p. 533, 574; Villot, n" 270; Tauzia, n° 267; C. S., n" iSgo.

2. Indication trop vague pour permettre d'identifier ce tableau de Jacques Courtois.

3. F. Engerand, t. I, p. 76; Villot, n" 4G6; Tauzia, n" 447; C. S., n° i585.

ET LA CRÉATION DU MUSÉE DU LOUVRE. BiQ

Titien. Portrait d' homme \

grandeur naturelle, demi-figure avec des mains, ce tableau était dans le plus mauvais état , couvert de repeint' et de crasse, a été difficile à réparer, parce qu'il avait été frotté et usé en plu-

3o** sieurs parties . . . yS*

Boulogne. Grande Sainte-Fa-

lo^ mille nettoyée ... 3o^

Plusieurs tableaux raccordés à la galerie du Muséum, particulièrement le Christ de

10**^ Champagne .... i8**

Une voie de bois neuf pour le poêle qui chauffe le magasin des tableaux au-dessus de l'atelier des restaura-

22^ tions 22**^

Frais pour faire monter et scier ce Total 6^ même bois .... 6^

delaréduction: 1,098* Total. . . . i,8oift

Messieurs les commissaires voudront bien faire attention que les déboursés pour l'outremer, l'esprit

I. Cette mention peut s'appliquer à plusieurs portraits du Titien du Musée du Louvre.

de vin, le vernis, etc., deviennent assez considérables par l'augmentation que tout a subi. Les prix de ces travaux sont un tiers au-dessous de ce qu'on demandait du temps de la ci-devant Cour.

Nous, commissaires du Muséum national, avons examiné le présent mémoire et en avons modéré le montant h la somme de mille quatre-vingt-dix-huit livres.

A Paris, ce 23 septembre 1793, l'an 2« de la République une et indivisible.

Vincent, Bossut, P. Cossard, Jollain, Regnault.

Archives nationales, F'? i285.

Rapport sur le mémoire de Martin Laporte.

29 septembre 1793.

Les commissaires de la Commission du Muséum produisent un mémoire pour restaurations et remettage sur toile de 16 tableaux de différents maîtres, exécutés sous leur direction par le citoyen Mat^tm Laporte, restaurateur de tableaux.

- Les différents articles de ce mémoire, montant en demande à i ,801 ft, ont été visés et certifiés par lesdits commissaires et réduits à 1,098*

On propose en conséquence au minisire de faire payer au citoyen Martin Laporte^ et sur sa quittance, sur le fonds de cent mille livres décrété le 27 juillet dernier et mis à sa disposition pour les dépenses relatives au Muséum, la somme de mille quatrevingt-dix-huit livres en vertu d'un mandat qui sera échangé contre une ordonnance de pareille somme qui sera ensuite expédiée à cet effet.

A Paris, ce 29 septembre 1793, l'an 2« de la République, une et indivisible.

Archives nationales, F^' i285.

Je prie les commissaires de la Trésorerie nationale de faire payer au citoyen Martin Laporte^ restaurateur de tableaux, sur le fonds de cent mille livres décrété le 27 juillet dernier pour les dépenses relatives au Musée de la République, suivant son mémoire réglé par les commissaires inspecteurs de cet établissement, la somme de mille quatre-vingt-dixhuit livres, en vertu du présent mandat, à échanger contre une ordonnance de pareille somme qui sera ensuite expédiée et employée dans la distribution du ...

Paris, ce 29 septembre 1793, l'an 2« de la République, une et indivisible.

Le ministre de l'Intérieur.

Archives nationales, F'^ i285.

Commission du Muséum a Paré.

Paris, le 20 du i^"" mois, 2^ année républicaine

(i i octobre 1793).

Citoyen ministre,

Nous avons l'honneur de vous adresser un projet de règlement qui nous paraît nécessaire à observer, lorsque le Muséum sera ouvert* pour les études des artistes et pour la satisfaction du public.

I. Le Muséum, ouvert du 10 août à la fin de septembre, fut alors fermé pour être réorganisé. Il ne rouvrit ses portes que le 8 novembre.

Vous avez pu remarquer, citoyen ministre, que la manière dont le Muséum a été gardé pendant le mois de septembre dernier a été fort coûteuse ; nous vous en proposons une autre, qui le sera infiniment moins : c'est de porter à six le nombre des garçons gardiens, lesquels suffiront pour la garde du Muséum, quand il sera public, pour les travaux journaliers, et aideront d'ailleurs aux transports des objets, ce qui sera beaucoup moins dispendieux que si on y employait continuellement des hommes de journée.

Comme le public, et en particulier les artistes, attendent avec impatience l'ouverture organisée du Muséum, nous vous prions, citoyen ministre, de vouloir bien donner une prompte décision sur les objets que nous vous présentons.

Vincent, Regnault, Jollain, P. Cossard, BossuT, Pasquier.

Archives nationales, F'' loSg, n" i.

Projet de règlement pour le Muséum français.

La Convention nationale ayant décrété que le Muséum français serait ouvert au public, a envisagé deux grands avantages qui doivent résulter de cette loi. Le premier est le progrès des beaux-arts en favorisant les études de ceux qui s'y consacrent; le second est de contribuer à la gloire de la République, en exposant à tous les yeux les richesses qu'elle possède en ce genre. En conséquence, les commissaires du Muséum proposent le règlement suivant :

Art. I". — Sur chaque décade, les cinq premiers jours seront consacrés aux études des artistes; des deux suivants, l'un sera employé à l'arrangement et

à la propreté du local, l'autre aux travaux particuliers des commissaires relativement aux objets qui doivent composer le Muséum ; enfin, durant les trois derniers jours, le Muséum sera ouvert h tout le public.

Art. 2. — Tous les artistes qui voudront travailler dans le Muséum seront tenus de produire leur carte de citoyen et de faire inscrire leur nom et leur demeure sur un registre qui demeurera entre les mains des commissaires; si un artiste est trop jeune pour avoir une carte de citoyen, il y suppléera par un certificat de résidence de sa section.

Art. 3. — La nécessité indispensable de conserver les chefs-d'œuvre du Muséum exige impérieusement qu'aucun des objets d'étude ne soit déplacé.

Art. 4. — Il sera formé dans la partie de la galerie au delà du Muséum un local pour recevoir les toiles, chevalets, chaises, boîtes à couleur et autres objets servant aux travaux des artistes.

Art. 5. — Les commissaires du Muséum veilleront à l'exécution du présent règlement et ont signé.

Ainsi signé : Vincent, Regnault, P. Cossard,

JOLLAIN, BoSSUT, PaSQUIER.

Vu bon. Signé : Paré.

Vincent a Paré.

Paris, le 20 du i" mois, 2« année républicaine (i i octobre 1793).

Citoyen ministre, La superbe collection des dessins composant le

Cabinet national, et devant faire partie des objets précieux qui enricliiront le Muséum français, est demeurée sous ma garde, en qualité de commissaire du Muséum; ces chefs-d'œuvre des plus grands maîtres de toutes les Écoles sont contenus dans des portefeuilles, sur la majeure partie desquels sont imprimées les armoiries des ci-devant rois. La loi ordonne la destruction de ces signes de féodalité; en conséquence, je vous prie, citoyen ministre, de me donner vos ordres à ce sujet.

Je vous observe que ces portefeuilles sont en très grand nombre, en bon état, et qu'il en coûterait considérablement pour en établir de nouveaux. Je pense qu'après avoir gratté ces armoiries, on pourrait recouvrir ces mêmes portefeuilles en parchemin; ce moyen serait économique et remplirait, je crois, le vœu de la République en faisant disparaître des signes qui blessent les yeux de tout bon Républicain.

Je vous prie, citoyen ministre, de vouloir bien me faire connaître promptement quelles sont vos intentions à cet égard. Vous sentez que la conservation intacte de ces richesses nationales et ma tranquillité personnelle me nécessitent à vous faire cette prière; il est dans les possibles que les mesures de sûreté générale engagent à des visites domiciliaires, et^ dans ce cas, il serait nécessaire, pour répondre légalement aux personnes chargées de requérir l'exécution de la loi, que j'eusse un titre à exhiber qui attestât que j'ai fait ma déclaration au ministre de l'Intérieur, à qui toutes les affaires concernant les arts ressortissent directement.

Je remets à votre sagesse, citoyen minisire, à déterminer si, en outre de ce titre que je vous prie de

m'adresser directement, vos ordres relativement à l'exécution de la loi ne doivent pas être adressés à la Commission du Muséum français.

Vincent, L"un des commissaires du Muséum, Aux galeries du Louvre.

Le ministre de l'Intérieur

aux commissaires inspecteurs du Musée

de la République.

Paris, le 21= Jour du i'^'" mois de l'an 2« de la République (12 octobre 1793).

Le citoyen Vincent, l'un de vos collègues et dépositaire du cabinet précieux des dessins de la République, m'informe, citoyens, que les très nombreux portefeuilles employés à renfermer ces dessins portent en grande partie l'empreinte des armoiries de ce qu'on appelait nos rois. Il me propose, pour faire disparaître ces taches honteuses de notre ancienne servitude, de faire gratter ces armoiries et de faire recouvrir en parchemin les portefeuilles, d'où ce mode, imparfait mais économique, les aura effacées. J'adopte volontiers ce moyen peu coûteux et je vous invite à le mettre sans aucun délai à exécution en vous concertant à cet effet avec le citoyen Vincent. Je vous invite même, pour que rien ne puisse reparaître à travers la faible épaisseur du parchemin, à y faire graver un cartel de la même étendue et à la même place que ceux qu'il faut détruire, qui porte les deux lettres RF, avec tel emblème républicain que vous jugerez convenable. Vous voudrez bien me rendre compte de la dépense que cette opération pourra coû-

ter et que Je ferai payer sur le mémoire, visé et certifié par vous, que vous aurez soin de m'en produire.

Le ministre de l'Intérieur au citoyen Vincetit,

commissaire du Musée et garde des dessins

de la République.

Je vous sais gré, citoyen, de la sollicitude civique qui vous a engagé à me dénoncer les marques honteuses dont se trouvent encore souillés les portefeuilles qui renferment les dessins précieux dont vous êtes le dépositaire. Je rends également justice au zèle avec lequel vous les avez conservés et sauvés en quelque sorte par vos soins au milieu des débris de la ci-devant Liste civile. Je verrai avec plaisir que vous continuiez à en être le gardien spécial jusqu'au moment où il sera possible de les placer parmi les richesses que contient le Musée de la République. J'écris aux commissaires inspecteurs de cet établissement national, vos collègues, pour qu'ils aient à se concerter avec vous à l'effet de faire disparaître par le moyen simple et économique que vous me proposez les armoiries que vous m'avez dénoncées et qui défigurent encore ces portefeuilles. Je vous invite, citoyen, à presser cette opération et à me rendre compte de son exécution le plutôt qu'il vous sera possible.

Archives nationales, F^' 1082, n° 3.

Paré a la Commission du Muséum.

Le ministre de V Intérieur aux commissaires de la Commission du Muséum.

Paris, le 26^ du !«■■ mois, 2« année républicaine (17 octobre 1793).

J'ai reçu votre lettre du 20 de ce mois (nouveau

Style), citoyens, ensemble le règlement proposé pour la police intérieure du Muséum, dont j'approuve entièrement les dispositions, et j'écris en conséquence à l'inspecteur général des bâtiments pour le charger de l'exécution de l'article 4. J'approuve également le changement que vous projetez dans la manière de garder cet établissement et l'économie qui me paraît devoir en résulter. Je vous autorise en conséquence à porter jusqu'à six le nombre des garçons gardiens et à les employer tant à la garde qu'aux travaux journaliers et au transport des objets. Je désire seulement m'en réserver la nomination sur la présentation que je vous autorise à m'en faire à fur et mesure de la vacance des emplois. Je ne doute pas que les mesures ainsi concertées ne produisent à la fois tout l'effet que nous attendons pour la gloire des arts, l'agrément du public, l'étude des artistes et l'intérêt général de la République.

Paré.

Le ministre de l'Intérieur à V Inspecteur général des bâtiments de la République.

Les commissaires composant la Commission du Muséum, citoyen, m'ont soumis un projet de règlement pour cet établissement dont je viens d'approuver les dispositions. L'article 4 porte qu'il sera formé dans la partie de la galerie au delà du Muséum un local pour recevoir les toiles, chevalets, chaises, boîtes à couleur et autres objets servant aux travaux des artistes. Je vous invite en conséquence et vous autorise à vous concerter avec ces commissaires pour les mesures à prendre à ce sujet et à disposer sans

délai ce local conformément à leurs intentions et de manière à remplir l'objet auquel il sera destiné.

Paré.

Archives nationales, F'"' io5g, n" i.

La Commission du Muséum a Paré.

Paris, le 4* jour du 2^ mois de la 2^ année républicaine (25 octobre lygB).

Citoyen ministre, Vous nous avez fait Thonneur de nous marquer, en date du 26« jour du i^"" mois de la 2« année républicaine, que vous adoptiez la mesure que nous vous avons proposée de porter à six le nombre des garçons gardiens du Muséum français et vous nous engagez en même temps à vous indiquer les sujets que nous croyons les plus propres à remplir les quatre places vacantes. En conséquence, nous vous proposons pour cela les citoyens :

Joseph Chèvre, âgé de 3o ans;

Jacques-Nicolas Marignés, âgé de 33 ans;

Jean-François Daunois, âgé de 38 ans;

Antoine Biadgi, âgé de 42 ans.

Ces quatre citoyens nous sont connus par leur patriotisme, et ils ont d'ailleurs toutes les qualités requises pour remplir parfaitement toutes les fonctions dont ils seront chargés. Les deux gardiens actuels, Marignés et Bidault, n'ont que huit cents livres d'appointements; notre intention était de vous demander une augmentation de deux cents livres pour chacun d'eux; nous profitons delà circonstance

ET LA CRÉATION DU MUSÉE DU LOUVRE. 32g

présente pour vous prier d'accorder mille livres d'appointements annuels à chacun des six garçons gardiens du Muséum. Ce traitement nous paraît fondé en justice, eu égard aux différents travaux qu'ils auront à faire.

Vincent, Regnault, Pasquier, Bossut,

JOLLAIN, p. COSSARD.

P.-S. — Nous attendons, citoyen ministre, que VOUS ayez nommé les quatre nouveaux garçons gardiens du Muséum pour en faire l'ouverture publique.

Archives nationales, F^'' loSg, n" i.

Vincent au ministre de l'Intérieur.

Paris, année 2« de la République, 2<= mois, 4« jour (23 octobre 1793).

Citoyen ministre, Le Muséum national, ce monument fait pour contribuer à la gloire et à l'utilité de la République, est maintenant organisé et paraît pouvoir être continué sur le même plan. Je m'estime heureux d'avoir partagé avec mes collègues le zèle et l'activité qui, à cet égard, ont rempli l'intention de la République. Il me reste une dette non moins sacrée pour moi à acquitter, c'est l'achèvement d'un tableau d'encouragement ordonné par la Nation \ ma santé chancelante depuis longues années et dépérissant de jour en jour me met dans l'impossibilité de vaquer à deux ouvrages à la

I. Ce tableau représente Guillaume Tell renversant la barque sur laquelle le gouverneur Gésier traversait le lac de Lucerne. Il fut exposé au Salon de 1795 et se trouve actuellement au Musée de Toulouse.

fois et je croirais manquer aux devoirs d'un bon citoyen en conservant une place dans laquelle, tous les avantages m'étant personnels, Je ne pourrais plus rendre à la République ce qu'elle a droit d'attendre des hommes qu'elle emploie. En conséquence, citoyen ministre, je vous demande un successeur à ma place de commissaire du Muséum; alors, réunissant toutes mes forces et les consacrant à ma patrie, je retracerai une de ces actions héroïques telles que l'amour seul de la liberté peut les enfanter; mon ouvrage serait plus avancé sans ce que j'ai fait pour le Muséum, mais la cause excuse l'effet. Entièrement rendu à mon talent, j'espère que cette production sera digne des regards d'un peuple républicain, puissent mes efforts répondre à mes désirs. Je suis extrêmement sensible, citoyen ministre, aux marques de confiance que vous me donnez dans votre lettre en date du 21 du mois dernier, j'accepte avec plaisir la continuation de la garde spéciale et provisoire du dépôt précieux des dessins appartenant à la République, aucun honoraire n'est attaché à cette place, les fonctions m'en seront douces à remplir et votre confiance ne sera point trahie.

J'espère, citoyen ministre, que vous voudrez bien accepter ma démission de la place de commissaire du Muséum et agréer le salut et la fraternité de votre concitoyen.

Vincent, Peintre aux galeries du Louvre.

Acceptée le i^"" nivôse.

Archives nationales, F'^ loSg, n° i.

AU MINISTRE DE l'InTÉRIEUR.

Paris, 2= année républicaine, 2^ mois, 4= jour (25 octobre 1793).

Citoyen ministre, Nous apprenons avec la plus grande surprise et la plus vive douleur que notre collègue le citoyen Vincent vous a donné sa démission de la place de commissaire au Muséum français. Nous nous réunissons pour vous prier, avec les dernières instances, de ne point accéder à sa demande. Les motifs qu'il expose partent d'un fond de modestie dont vous apprécierez facilement tout le mérite, mais le bien de la chose s'oppose irrésistiblement à la retraite du citoyen Vincent. Il a rendu les services les plus importants au Muséum par ses talents et il est pourvu de toutes les excellentes qualités sociales qui nous feraient regretter à jamais sa perte. Nous espérons, citoyen ministre, que vous entrerez d'autant plus aisément dans nos raisons qu'elles sont liées essentiellement avec les avantages d'un établissement qui honore les arts et la

République.

Jollain, Regnault, Pasquier, p. Cossard, BossuT.

Archives nationales, pi'' io5g, n" i.

Vincent au ministre de l'Intérieur.

Paris, le 4^ jour du 2= mois de la seconde année républicaine (25 octobre 1793).

Citoyen ministre, En conséquence des dispositions contenues dans

votre lettre du 21 du mois dernier aux commissaires du Muséum national, relativement aux signes de féodalité qui existent sur les nombreux portefeuilles renfermant les dessins précieux appartenant à la République, je me suis concerté avec les commissaires mes collègues et, autorisé par eux, j'ai fait un essai, mais je n'ai point été satisfait du résultat. J'ai cru devoir suspendre ce travail dans l'espérance que l'invitation faite aux artistes par la Commission des monuments ' de donner leurs idées sur les moyens de faire disparaître tous ces signes de féodalité sans endommager les objets, pourra faire connaître un procédé qui remplisse parfaitement le but proposé. D'ailleurs, le dernier décret de la Convention nationalesur cet objet semble laisser quelque temps pour songer aux moyens. Je crois donc, avec les commissaires du Muséum, mes collègues, entrer dans vos vues en é

attendant la connaissance de procédés plus sûrs en même temps qu'économiques.

1. L. Tuetey, t. II, p. Sg et 40, 43, 5o, note i. Séances des

II, i5 et 18 oct. 1793. Par ordre de la Commission, l'avis sui- <

vant fut inséré dans le Journal de Paris du 21 oct. 1798 : u La Commission nationale des monuments, jalouse de faire exécuter le décret qui ordonne la suppression des signes de la féodalité dans toute l'étendue de la République, prévient que, le 4' jour du 2° mois de cette année, on trouvera dans la salle de la Commission du Louvre, escalier des archives, des exemplaires des livres où ces signes subsistent, tant sur la reliure que sur le papier du livre; elle invite tous les bons républicains de tous les états, ainsi que les savants et chimistes, de se présenter pour les voir et indiquer ensuite les moyens sûrs de faire disparaître ces signes sans détériorer ni la couverture ni le papier, attendu que ces moyens doivent tendre en même temps à la conservation de cette richesse nationale. » Ces essais furent donc tentés le jour même où cette lettre était écrite par Vincent.

2. Le décret en question, qui donnait un délai de huit jours pour l'enlèvement des signes de féodalité, est du 18 vendémiaire.

Veuillez, citoyen ministre, nous faire connaître quelles sont vos intentions à cet égard.

Vincent.

Archives nationales, Fi" lobg, n" i.

Extrait du procès-verbal de la séance de la Société populaire

DE LA section DES TuiLERIES.

Du 7« jour du 2^ mois de Tan deuxième de la République française, une et indivisible (28 octobre 1793). La Société, sur la demande du citoyen Marignez fils, l'un de ses membres, appuyée par plusieurs, considérant les pertes que ce citoyen a éprouvées et les preuves constantes de civisme qu'il a fournies depuis le commencement de la Révolution, arrête qu'il sera nommé, dans son sein, deux commissaires, à l'effet de se transporter auprès du ministre de l'Intérieur pour solliciter, en son nom, une des places de gardiens du Muséum national en faveur dudit citoyen Marignez et pour laquelle il a été compris au nombre des 4 candidats qui ont été proposés par les commissaires du Comité du Muséum. En conséquence, les citoyens Danninval et Dautour sont proposés et adoptés.

Pour extrait conforme au procès-verbal : Flexinville, commissaire; Charpentier, secrétaire; GuYON, secrétaire.

Archives nationales, Fi'^ loSg, n" i.

Paré a la Commission du Muséum.

Le ministre de l'Intérieur aux citoyens composant la Commissioji du Muséum.

Paris, le 9'= jour du 2« mois de l'an 2« (3o octobre 1793).

D'après votre rapport du 4^ jour de ce mois, citoyens, et les témoignages que vous me donnez de rintelligence et du civisme des citoyens Joseph Chèvre, Jacques-Nicolas Marignez, Jean-François Daunois et Antoine Biadgi, je vous autorise à les adjoindre aux deux gardiens actuellement existant pour la garde intérieure du Muséum et à les porter en cette qualité sur vos états de mois ou de quartier; mais, quanta Taugmentation de deux cents livres par année, il me semble que, la fixation des denrées de première nécessité devant produire enfin la baisse désirée, le traitement de huit cents livres peut suffire provisoirement à chacun de ces individus, sauf à les augmenter ensuite lorsqu'une connaissance plus approfondie du genre et de la mesure de leur travail m'aura permis de juger de sa proportion avec les salaires. Je ne doute pas que vous n'approuviez le motif de cet ajournement fondé sur l'esprit d'économie qui doit faire la base de toute administration républicaine. La nomination de ces gardiens nouveaux étant, à ce qu'il me parait, la seule mesure qui puisse retarder l'ouverture publique, vous voudrez bien m'instruire de leur installation ainsi que du jour où vous mettrez à exécution le règlement proposé

dont j'ai, par ma lettre du 26* du i^"" mois, approuvé les dispositions.

Archives nationales, F'" lobg, n° i.

La Commission du Muséum a Paré.

Paris, le 12 brumaire, 2^ année de la République française, une et indivisible (2 novembre 1793).

Citoyen ministre.

Pour répondre au désir que vous marquez que le Muséum français soit rendu public le plus promptement possible, nous installerons dès demain les quatre nouveaux garçons gardiens que vous avez acceptés, et nous vous adressons le projet d'affiche que nous publierons, si vous nous y autorisez. Dans cette supposition, citoyen ministre, nous vous prions de vouloir bien nous faire une prompte réponse, car vous voyez que la chose est urgente.

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