II PRÉFACE
maie d'une civilisation plus juste et plus humaine. Quelque plausibles et bien fondées que puissent nous sembler ces espérances, il est douteux, après les douloureuses expériences de la grande lutte américaine et du récent conflit dano- allemand, que l'ère désirée d'une entente cordiale et d'une affection mutuelle enire les nations soit autre chose qu'un rêve et une ulopie, aussi longtemps que les passions des hommes et l'antagonisme de leurs intérêts resteront ce qu'ils sont aujourd'hui. Toutefois, au milieu de ces incertitudes, un cœur bienveillant peut tirer quelque soulagement de la doctrine des compensations, qui paraît exercer dans le monde moral une influence non moins universelle que celle de la gravitation dans le monde physique. Plus les mauvaises chances de mort et de blessures^ avec leur terrible cortège de tortures et d'agonies, sont devenues nombreuses et redoutables dans les batailles modernes, plus aussi se sont multipliées les sympathies publiques, plus aussi s'est développée une volonté active et intelligente pour alléger les maux inséparables de la guerre et leur porter remède : plus les afflictions ont été grandes, plus les efforts entrepris pour en diminuer l'intensité ont été nobles et ingénieux. De fait^ une carrière presque entièrement nouvelle pour la