‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 339 sur 358 · L. de Guibert · texte numérisé non relu

L. de Guibert

Charles Leblanc de Lespinasse.

De Gomer.

J. H. de Lacombe.

F. Laleune d'Escamps.

A. Cartier.

« Nous promettons de maintenir la Compagnie de Jésus dans l'état où elle est aujourd'hui et de nous opposer à ses progrès toutes fois et quantes ils seront reconnus être en conflit avec les relations de bonne harmonie qui nous unissent aux puissances et lorsque ces progrès se trouveront en désaccord avec la saine politique. »

Nous citons cet engagement sur la foi d'un Journal du Conclave qui aurait été rédigé par un témoin oculaire pour M. de Chateaubriand, alors ambassadeur de France à Rome. L'origine et la valeur de ce document n'ont d'ailleurs d'autre garantie que la parole de Chateaubriand lui-même qui l'appelle « le journal ofïiciel et secret du Conclave. » 11 le fit traduire en français, y ajouta des notes explicatives et envoya le tout au comte Portails qui faisait alors l'intérim du ministère des Affaires étrangères:» Le Roi verra, lui écrivait-il, ce qu'on n'a jamais vu, l'intérieur d'un Conclave. » « L'original italien, assure-t-il encore, a été brûlé à Rome sous mes yeux. » 11 en résulte que tout moyen de contrôle manque absolument.

M. de Chateaubriand poursuit : « Je n'ai pointgardé copie de la traduction de ce document quej'ai envoyé aux Affaires étrangères; j'ai seulement une copie du commentaire ou des remarques ']oinies par moi à cette traduction. Mais la même discrétion qui m'a fait recommander au ministre de garder la pièce à jamais secrète m'oblige de supprimer ici mes propres remarques. » {Mémoires cV Outre- ta tube. Edition Ed. Biré. Paris, Garnier, 1904. Tome V, p. 183.)

Cette traduction française du Journal, avec les remarques àe Chateaubriand se trouve aux Archives du ministère des Affaires étrangères. (Rome, 1829. Tome CMLXY.) M. Edmond Biré ne se tenant point obligé à la même discrétion que l'ambassadeur de France en a inséré des extraits en appendice. [Mémoires etc. ^ p. 618.) M. Boyer d'Agen l'avait déjà publié in extenso dans la Revue des Revues, 1er et 15 janvier 1896.

Les Jésuites sauront gré à M. Edmond Biré d'avoir omis de reproduire les lettres que, d'après \e Journal., le vicaire-général des Jésuites, le P. Vincent Pavani, aurait adressées au Sacré-

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Collège en Conclave. A première vue ces lettres sont dépourvues de toute vraisemblance et pour qui a appris à connaître la Compagnie de Jésus ailleurs que dans les pamphlets, leur teneur même sulïit surabondamment à en démontrer la fausseté. Par ailleurs, il n'y a pas trace dans les Archives romaines de cette correspondance, ni des incidents qui y auraient donné lieu, a Les registres de cette époque, nous écrit à ce propos le R. P. Gerste, archiviste de la Compagnie, ne contiennent pas, il est vrai, toutes les pièces expédiées par la curie; mais à en juger par celles dont on a eu soin de prendre copie avant de les expédier, on n'aurait certes pas manqué de conserver le texte des lettres adressées au Conclave... De même pour le Liber consultationum a morte A. R. P. N . Aloisii Fortls usque ad Congregationeni gêneraient sub vicarlo générait P. Vincentio Pai^ani. Ces consultes vont du 28 janvier au 25 juin 1829. Pas la moindre trace de difficultés avec les cardinaux; absolument rien qui permette de soupçonner des explications demandées ou données. A mon avis, il s'agit d'un racontar, invraisemblable jusqu'au ridicule, tel qu'il s'en colporte aux époques de Conclave ou d'élection d'un général des Jésuites. Je crois bien que M. de Chateaubriand a été mystiiié. »

Sur ce point, il ne reste pas l'ombre d'un doute; candide comme sont tous les vaniteux, le grand homme était fait pour être mystitié. Mais ce qui étonne, c'est que M. Edmond Biré d'ordinaire si averti, n'ayant pas osé citer lesprétendues lettres du P. Pavani, reproduit le commentaire de Chateaubriand, qui s'arrête sur les mêmes lettres, les dissèque, en exprime tout le venin jésuitique et en prend occasion pour formuler contre la Compagnie de Jésus elle-même un jugement digne du Constitutionnel.

M. de Chateaubriand avait pourtant des raisons personnelles de se montrer moins crédule et moins dur à l'endroit des Jésuites. Dans ce même volume des Mémoires d'outre-tombe, où il reproduit ses notes sur le Conclave, il raconte, avec une émotion qui paraît sincère, sa rencontre près du Colisée avec son neveu, Christian de Chateaubriand, Jésuite lui-même. 11 y a bien un peu de mise en scène. «Un maître à chapeau rabattu, à robe traînante et déchirée... les conduisait (une pension de jeunes gens)... Je n'osais en croire mes yeux. 11 me regarde à son tour, et sans montrer aucune surprise, il me dit : Mon

oncle! — Je me précipite tout ému et le serre dans mes bras. Christian était à la fois pâle et noirci, miné par la fièvre et brûlé par le soleil. Il m'apprit qu'il était chargé de la préfecture des études [c'esl préfecture des mœurs qu'il faut dire) au collège des Jésuites, alors en vacances à Tivoli. — (Mais alors comment se fait-il qu'on rencontre les élèves en promenade aux abords du Colisée?)... Je contemplais, les yeux pleins de larmes ce fils de mon frère devenu étranger, vêtu d'une souquenille noire, poudreuse, maître d'école à Rome et couvrant d'un feutre de cénobite son noble front qui portait si bien le casque. » (T. V, p. 225.) Christian de Chateaubriand était né à Paris le 21 avril 1791. Chevau-léger garde du Roi en 1814, lieutenant en second de la garde royale en 1815, il fut breveté capitaine en 1818 et fît la campagne d'Espagne en 1823. Démissionnaire au début de l'année suivante, il sollicita son admission dans la Compagnie de Jésus. 11 passa quelque temps à Dôle sous la direction du P. Varin; puis, pour s'éloigner de sa famille, il entra au noviciat à Rome, le 30 avril 1824. 11 appartenait d'abord à la Province de France; mais le même motif d'humilité qui l'avait porté à aller chercher la vie religieuse à l'étranger le i etint en Italie. Le P. Christian de Chateaubriand mourut saintep.ient à Chiéri, le 27 mai 1843.

La Compagnie de Jésus en France 181k-1830 Etat uu personnel

Prêtres Scolasti- Frèrescoad- Total ques juteurs

1815, 18 octobre. 41 23 27 91

1818, 31 décembre VAS 54.... .'6... 176

1820, 29 février , 72 57 59. ... 198

1821, 28 mars 90 ... . 88 58 .... 236

1822, 1^^ janvier 97 iOl 66 264

Les chiffres marqués d'une astérisque renvoient aux pages où il est plus spécialement question des personnes ou des lieux dont le nom précède.

Académies, 253.

Action populaire, xxix.

Aire, i4o.

Aix, i4i, 218, 234, 203, 299, 436,

Albani, 5o3.

Alembert (d'), 3 16.

Alexandre I""'", 188, 191.

Algérie, xxxix.

Allouville (d'), 23o.

Ami de la religion (i'), 355.

Amiens, 23, 62, 292, 439.

Angoulème (Duc d'), 2g3.

Angoulême (Duchesse d'), i38,

Apostolat de la prière, xxiv.

Arbalète (Rue de F), loi.

Argentière (L'), 32.

Arménie, xxxviii, Astros (d'), 344.

Acgustines (Dames), 109.

AuLARD, 240, 455.

AviAU du Bois de Sansay (Mgr d'),

Avignon, 83, 3 12*^, 474» 522.

Bach (Julien), 206.

Backer (de), XXVIII.

Bacoffe, io5,

Balandret, 208.

Barante (de), 384

Bar AT (Louis), i5, 71*, 96, 204.

Barat (Madeleine-Sophie), i5, 94*.

Barbier- Ykmars, aSo.

Bardoux, 347.

Bahrelle, 239, 465, 489*.

Barrukl (de), 54, 74*-

Bartiiès, i56.

Baunard, 94.

Bausset-Roquefort (Mgr de), 87,

Bazas, 22.

Bazin, 466.

Bazirb, 82.

BÉARD, 203.

Beaupréau, 3 10.

Bellart, 333, 339.

Bellefroid, 498.

Bellemare, 356.

Belley, i5.

Bellocq, 417.

Bengy (de), 107.

Béquet, 58, 238*.

Béranger, 329.

Bernard, 336.

Bernetti, 417.

Berry (Duc de), 3i4.

Berry (Duchesse de), 290, 442.

Berryer, 359, 4o5*.

Bertrand, 3i3.

Beyrouth, i i5.

Bibliothèque catholique, i3o.

Bibliothèque de la Compagnie de

Jésus, XX VII.

Bicktre, 167.

Billaudet, 485.

Billiart (Julie), io4.

Billom, 221*, 227, 275, 302.

Billot (Cardinal), xxxvii.

Billy, 39*, 198, 199.

Binart (Marie-Euphrasie), 108.

BiRK (Edmond), 548.

Biron (Hôtel), i83.

Birotteau (César), 357.

Blacas (Duc de), 417.

Blamont, 23o, 236.

Blanc (Louis), 5i i .

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